MISSION DE BOURBON" ET DE L'ÎLE DE FRANCE
juin ils débarquaient à Belle-Isle. Après un repos de quelques jours au Mans, le 27 juillet ils étaient à Saint- Lazare. Huit jours plus tard, Roguet n'était plus. Montmasson était réservé par la Providence pour servir de bourre, en 1683, au canon des barbares Algériens.
Ainsi finit la Mission de Madagascar qui, en l'espace de vingt-cinq ans, coûta à la Compagnie, outre des sommes considérables, vingt-sept sujets, dix- sept prêtres et dix frères, sans compter quatre prêtres séculiers, mais l'enrichit de cinq martyrs : Estienne, le jeune nègre, et les trois frères Patte. Pilliers et Gallot.
Ainsi finit également la colonie de cette île, qui coûta à la France, outre des trésors incalculables, quinze cents soldats ou colons sur les quatre mille environ qu'elle y envoya. Le reste lui est revenu, ou s'est dispersé soit dans ses colonies des Indes, soit dans ses colonies de Bourbon et de Maurice, filles de Madagascar.
ARTICLE DEUXIÈME Autres Missions étrangères.
Missions de Bourbon et de l'île de France.
Les îles de Bourbon et de Maurice, celle-ci appelée en 1721 île de France, furent filles de Madagascar sous le rapport religieux comme sous le rapport politique, en attendant que, adultes elles-mêmes, elles conçussent l'espoir de rendre à leur mère la vie chrétienne qu'elles en avaient reçue.
La France avait pris possession de Bourbon, nommée Mascaregnas par les Portugais qui la découvrirent, depuis 1649. En 1667, on y avait construit une chapelle qui m. H.
fut desservie par Jourdié, que ses confrères du Fort- Dauphin y avaient envoyé pour rétablir sa santé. Après le retour de Jourdié à Madagascar en 1671, l'île était restée sans curé, et jusqu'en 1712 le service religieux y avait été fait soit par les aumôniers des vaisseaux français, soit par quelques prêtres séculiers ou des Missions étrangères. Dans l'Intervalle , de nouvelles chapelles avaient été bâties.
En 1704, cependant, le cardinal de Tournon, nommé légat en Chine, étant passé par Bourbon, avait promis aux insulaires de s'occuper d'eux, et en effet il écrivit en leur faveur à la Propagande de Rome.
Quelques années après, en 1712, la Compagnie des Indes demanda au cardinal de Noailles, archevêque de Paris, de lui procurer quelques prêtres pour le service religieux de Bourbon; Le cardinal en référa à la Propagande. Celle-ci, déjà prévenue par le cardinal de Tournon, s'adressa, par l'intermédiaire de son préfet le cardinal Sacripante, à Bonnet, supérieur général de la Mission, et lui demanda quatre prêtres et un frère. Aussitôt Bonnet désigna Daniel Renou, Louis Criais, Jacques Houbert et Jean-René Abot, et le 1er novembre de cette année 1712, il leur délivra pour Bourbon des lettres patentes, pleines de sages instructions sur la conduite qu'ils avaient à tenir pendant le voyage et à leur arrivée dans l'île. Le 22 décembre suivant, il passait un contrat avec « les directeurs généraux de la Compagnie royale des Indes orientales, seigneurs à perpétuité et en toute propriété et justice de l'île Bourbon et autres de sa dépendance. »
Les premiers Missionnaires, au nombre de trois seulement, n'arrivèrent néanmoins à Bourbon qu'à la fin de 1714. Ils y trouvèrent trois églises ou chapelles : Saint- Paul, Saint-Denis et Sainte-Suzanne^ dépourvues à peu