‹ Saint Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 46 sur 122 · Lettre à Rome, du 12 août · texte numérisé non relu

Lettre à Rome, du 12 août

— a J'espère, répondait encore Vincent, qu'il suppléera au défaut du brillant et d'un état pompeux par la vertu. Les évêque9 arméniens qui sont de delà, et qui ne paraissent, non plus que leurs patriarches, que comme les simples prêtres de deçà, n'auront pas tant d'aversion de notre évêque comme s'ils le voyaient pompeux, tant pour ce que Notre-Seigneur et les saints apôtres ont renoncé et fait renoncer tous les chrétiens à la pompe, que pour ce que, quasi naturellement, les chrétiens se prennent garde de la différence qu'il y a de cet état pompeux à celui de Jésus-Christ humilié, et s'en scandalisent. »

D'Horgny multipliait ses objections : la disette de sujets, le besoin qu'on avait de Lambert en France, etc. Mais Vincent trouvait réponse à tout dans son amour pour l'Église, dans son désir de réparer les pertes qu'elle avait faites en Europe et d'étendre son royaume en Orient ; sentiments sur lesquels il revient dans toutes ses lettres : « Je vous avoue que j'ai beaucoup d'affection et de dévotion, ce me semble, à la propagation de l'Église aux pays infidèles, par l'appréhension que j'ai que Dieu l'anéantisse peu à peu de deçà, et qu'il n'y en reste point, ou peu, d'ici à cent ans, à cause de nos mœurs dépravées et de ces nouvelles opinions (le jansénisme) qui pullulent tous les jours, croissent de plus en plus, et à cause de l'état des choses... Ces opinions nouvelles font un tel ravage, qu'il semble que la moitié du monde soit là-dedans ; et il est à craindre que s'il s'élevait quelque parti dans lé royaume, il n'entreprît la protection de celuici 1 . . . L'Église a perdu depuis cent ans, par deux nouvelles hérésies, la plupart de l'Empire et les royaumes de Suède, de Danemark et de Norwége, d'Ecosse, d'Angleterre, d'Irlande, de Bohême et de Hongrie. De sorte qu'ilreste l'Ita-

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