dette crainte se réalisa : la Fronde fut janséniste
lie, la France, l'Espagne et la Pologne, dont la France et la Pologne sont beaucoup mêlées des hérésies des autres pays. Or, ces pertes de l'Église... qui l'ont réduite comme à un petit point... depuis cent ans, uous donnent sujet de crainte, dans les misères présentes, que, dans autres cent ans, nous ne perdions tout à fait l'Église en Europe ; et. dans ce sujet de crainte, j'estime bien heureux ceux qui peuvent coopérer à étendre l'Église ailleurs... Que savons- j nous, si Dieu ne veut pas transférer la même Eglise chez les infidèles, lesquels gardent peut-être plus d'innocence dans leurs mœurs que la plupart des chrétiens, qui n'ont rien moins à cœur que les saints mystères de notre religion ? Pour moi, je sais que ce sentiment me demeure depuis longtemps. Mais quand Dieu n'aurait pas ce dessein, ne devons-nous pas contribuer à l'extension de l'Église ? Oui, sans doute. Et cela étant, en qui réside le pouvoir d'envoyer ad génies ? Il faut que ce soit au pape, aux conciles ou aux évêques. Or, ceux-ci n'ont de juridiction que dans leurs diocèses. Des conciles, il n'en est point en ce temps. Il faut donc que ce soit en la personne du premier. Si donc il a droit de nous envoyer, nous avons aussi obligation d'aller ; autrement, son pouvoir serait vain. Vous savez, Monsieur, depuis quel temps la sacrée Congrégation a jeté les yeux sur nous, combien de fois elle nous a fait solliciter, combien peu nous nous sommes hâtés pour ne mêler rien d'humain dans la résolution de cette sainte entreprise ; mais comme nous sommes de nouveau pressés, et par lettres et par monseigneur le nonce, je ne doute plus qu'il n'en faille venir à l'exécution... Que ne devons-nous pas faire pour sauver l'Eglise de Jésus-Christ du naufrage ? Si nous n'y pouvons autant que fit Noë à la conservation du genre humain dans le déluge universel, nous contribuerons au moins au moyen dont Dieu se pourra servir pour la con-
servation de son Eglise, en mettant comme la pauvre veuve un denier dans le tronc. Et quand je me tromperais, comme je le veux espérer de la sagesse de Dieu, qui semble vouloir perdre pour mieux sauver, nous ferons un sacrifice à Dieu, comme Abraham qui, au lieu d'Isaac, sacrifia un mouton, dans la sainte ignorance de la fin pour laquelle il semblait vouloir le premier pour avoir le dernier. Ces motifs et plusieurs autres m'ont fait résoudre à cette sainte entreprise, et de passer pardessus la considération du peu d'ouvriers que nous sommes, et du besoin que nous avons ici de celui que nous destinons pour ce lieu-là ; et ce qui me détermine dans cette difficulté, est la vue du sacrifice qu'Abraham se proposait de faire de son fils, quoiqu'il n'eût que celuilà, et qu'il sût que Dieu l'avait destiné pour être la souche de la bénédiction de son peuple *. »
Dieu se contenta de la bonne volonté de Vincent. Le projet de Mission en Perse et aux Indes échoua. Tout au plus pourrait-on conclure d'une lettre de 1 647, qu'il se fit remplacer en Perse par un prêtre étranger.
Mais le projet d'une Mission en Perse a été repris et exécuté de nos jours par les enfants de saint Vincent de Paul. En 1841, ils se sont établis à Khosrova et à Ourmiah, où ils défendent les catholiques contre le schisme et l'hérésie, et ramènent un grand nombre de séparés et de dévoyés à l'Église romaine. Ces deux Missions dépendent de la province de Gonstantinople.
i. Lettres des 31 août 1646, 8 mars et 2 mai 1647.