Lettre à Jolly, à Rome, du 14 juillet
s'était acquis une sorte de droit sur les Missions du Levant, confiées plus tarda sa Compagnie.
Ces Missions furent ouvertes et fondées, vers les commencements du xvne siècle, par les jésuites, qui, avec les secours du gouvernement français et la protection de nos consuls, s'y établirent pour soutenir les catholiques contre le cruel prosélytisme des Turcs et pour travailler à la conversion des hérétiques si nombreux dans ces contrées.
Après la suppression de la Compagnie de Jésus , le gouvernement français chargea les Lazaristes de ces Missions, et un décret du Souverain-Pontife, intervenu en 1782, les substitua aux jésuites dans tout le Levant. Mais la Révolution qui éclata sitôt après, et le grand nombre d'établissements occupés ne permirent d'abord à la Congrégation d'y envoyer qu'un très-petit nombre de sujets. Dix-sept seulement partirent en 1783, et ils durent se partager en sept Missions, quatre dans l'Archipel : Constantinople, Naxie, Santorin et Salonique ; et trois dans la Syrie : Damas, Alep et Antoura. Secondés par les ex-jésuites qui les avaient eux-mêmes désignés, secourus par des personnes de grande piété et de haut rang, ils fondèrent un établissement à Naxie, et travaillèrent avec un zèle et une sagesse qui leur valurent l'estime et la confiance de tous. La peste, leur épreuve accoutumée, ayant éclaté à Constantinople, ils se dévouèrent comme toujours et coururent au-devant de la mort. Pour remplir les vides, on leur envoya quatre nouveaux Missionnaires en 1785, cinq encore en 1791. Menacés dans leur existence par les agents français qui voulaient s'emparer de leurs maisons et de leurs églises, ils ne ralentirent en rien, dans les angoisses et la détresse, leur courage et leurs travaux. Vinrent des jours meilleurs. L'Empereur leur accorda des secours assez considérables,