‹ Saint Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 56 sur 122 · LettM du 4 décembre 1630, adressée a Beauvai · texte numérisé non relu

LettM du 4 décembre 1630, adressée a Beauvai

MADEMOISELLE LE GRAS. ùTl

snf la rose. » Ainsi il lui écrivait, le 10 décembre 1630, à Bp au vais, où elle avait reçu, en effet, pour prix de dixhuit Charités établies, des applaudissements extraordinaires, non-seulement des dames, mais encore des hommes qui venaient écouter furtivement ses entretiens. Dieu lui-même sembla vouloir autoriser ces honneurs par une faveur qui tient du miracle. Gomme elle partait de Beauvais pour revenir à Paris au milieu du concours et des bénédictions de tout le peuple, un enfant tombai sous une roue de sa carriole qui lui passa sur le milieu du corps. Avertie par le cri de la foule, elle fait une prière: aussitôt l'enfant se relève sans blessure et marche en liberté.

L'année 1631 se passa en Champagne, dans les terres du R. P. de Gondi, l'ancien général des galères, entré alors à l'Oratoire. Sur le conseil de son directeur, elle alla saluer d'abord levêque de Châlons pour s'abandonner à sa conduite. « C'est là l'esprit de Dieu, lui avait écrit Vincent ; je ne trouve de bénédiction qu'en cela. Vous devez le regarder comme interprète de la volonté du Seigneur au fait qui se présente. Que s'il trouve bon que vous changiez quelque chose en votre manière de faire, soyez-y exacte, s'il vous plaît ; s'il trouve bon que vous vous en reveniez, faites-le tranquillement et gaîment, puisque vous ferez la volonté de Dieu. »

Elle dut s'en revenir, en effet, et elle reçut de son saint directeur cette lettre de consolation : « Vous laisserez pas d'avoir la récompense que vous auriez vous aviez instruit toutes les filles de ces quartiers-là... Notre-Seigneur retirera peut-être plus de gloire de votr ■ soumission que de tout le bien que vous pourriez fair-1 Un beau diamant vaut plus qu'une montagne de pierres, et un acte de vertu d'acquiescement et de soumission

vaut mieux que quantité de bonnes œuvres qu'on pratique à l'égard d'autrui.... Oh ! que vous êtes heureuse de ce que vous avez ce rapport au Fils de Dieu, d'avoir été comme lui obligée de vous retirer d'une province où, Dieu merci, vous ne faisiez pas de mal ! Le R. P. de Gondi vous remerciera ici de la peine que vous avez prise, et vous témoignera le sentiment qu'il en a; et moi je vous prie de ne pas entrer dans l'opinion que cela se fait par votre faute. Non, ce n'est pas cela, mais une pure disposition de Dieu pour sa plus grande gloire et pour le plus grand bien de votre âme. Ce qui davantage est relevé dans la vie de saint Louis, c'est la tranquillité avec laquelle il s'en revint de la Terre-Sainte, sans avoir réussi selon son dessein. Et peut-être que vous n'aurez jamais occasion en laquelle vous puissiez plus donner à Dieu qu'en celle-ci. Usez-en donc selon la mesure de la grâce que Notre-Seigneur a toujours fait paraître en vous. »

Telles furent les premières armes de mademoiselle Le Gras dans les saints combats de la charité, sous la conduite et sous les ordres de Vincent de Paul ; elle était mûre désormais, et capable, tout en continuant à être dirigée et à obéir, de former et de commander toute une armée charitable.

Mais, notons-bien, — car ceci est caractéristique, — qu'elle n'était bonne qu'à commander en second. Elle écrivait à saint Vincent de Paul : « Il ne faut s'attendre à moi de rien du tout, que de ce que vous me ferez l'honneur de me commander. » Telle fut bien, en effet, par nature, et par éducation, mademoiselle Le Gras : non pas, comme sainte Chantai, une de ces femmes primesautières et maîtresses, capables de fonder, de diri seules un Ordre, et de transmettre après elles, à mie supérieure géuéiale qui les remplace, leur esprit de

conduite et d'autorité ; mais une femme souple et flexible à tout bien, instrument intelligent et docile dans une main plus forte que la sienne, ayant éminemment ce que Richelieu reprochait à Corneille de n'avoir pas : l'esprit de suite. Dans quelques graves circonstances, elle eut, auprès de l'humble Vincent, le don d'initiative ; mais, en général, elle attendit toujours une impulsion étrangère, et ne sut agir que dans la ligne et dans la mesure de ce qui lui était ordonné. Vertu et qualité providentielles chez la cofondatrice et la première supérieure des Filles de la Charité, qui devaient demeurer subordonnées et soumises à la direction des successeurs de saint Vincent de Paul !

Origine des Filles de la Charité.

Tant que les Confréries de la Charité s'étaient renfermées dans les villages, elles se composaient, en général, de femmes qui, vouées parleur naissance et leurs habitudes à toutes sortes de travaux, servaient ellesmêmes les malades et faisaient auprès d'eux tous les offices de miséricorde.

Mais quand elles entrèrent dans les villes, et surtout qu'elles s'établirent à Paris, elles se remplirent de dames de condition qui avaient cédé soit à l'entraînement de la mode, soit à des motifs plus purs. Au commencement, suivant les règles de l'association, toutes servirent les pauvres en personne. Mais bientôt, les unes et les autres, quelle qu'eût été la cause première de leur enrôlement,

cessèrent de contribuer à leur assistance autrement que de leurs deniers. Tantôt c'étaient les maris qui, craignant l'introduction chez eux du mauvais air et de la maladie, s'opposaient au commerce de leurs femmes avec les malades ; tantôt c'étaient les femmes elles-mêmes qui, élevées dans la délicatesse, dans l'horreur du mai et de la mort, ne voulaient pas s'exposer à la contagion. Car, parmi les personnes mêmes faisant profession de piété, elles n'étaient pas rares les femmes qui, comme la marquise de Sablé, redoutaient le mauvais air, et qui, bien loin d'aller s'en imprégner parmi les pauvres, cherchaient à s'en garantir chez elles par les plus minutieuses précautions. Plusieurs, en outre, trouvaient au dessus de leurs forces ou de leur courage de monter les marches innombrables qui les devaient conduire au galetas du pauvre ; presque aucune ne regardait comme convenable à son rang et à sa dignité de s'abaisser auprès de lui à certains offices vils et répugnants, dont se compose toutefois presque exclusivement le service des malades.

Elles songèrent donc à se faire remplacer auprès d'eux. D'abord elles envoyèrent leurs domestiques. Mais les domestiques ne pouvaient-ils pas rapporter eux-mêmes la contagion? Puis, âmes vénales pour la plupart, per

on nages grossiers, ils n'avaient ni l'affection, ni l'habil ,,1 la délicatesse nécessaires à cet emploi chrétien. Fa

ie sei viteurs, cetadmirable service des pauvres, en aaire les Confréries de la Charité, soutirait déjà, bient< allait disparaître.

Un jugea alors qu'il fallait des servantes consan par profession au soin des pauvres malades. Mais, ces servantes, où les prendre ? et, une fois trouvées, comment les former à des fonctions qui demandent tant de capacité et de vertu ?

Consulté surcette affaire, saint Vincent y pensa devant Dieu. Alors il se rappela que, dans le cours de ses mission s, il avait rencontré quelquefois de bonnes filles pleines de dévouement, une entre autres,une fille de Suresnes.dont il a parlé à plusieurs reprises dans ses conférences1. Elle se nommait Marguerite Naseau. Cette pauvre fille s'était appris à lire presque toute seule en gardant les vaches : elle priait les passants de lui montrer ses lettres et de l'aider à les assembler ; puis, en même temps que son troupeau paissait l'herbe de la prairie, elle ruminait sa leçon. Quand elle sut lire, elle se donna à Dieu pour instruire à son tour les enfants de Suresnes. Bientôt elle alla de village en village pour instruire les jeunes filles, et gagna deux ou trois de ses élèves qui embrassèrent à son exemple cet humble apostolat. Elle instruisit même quelques jeunes garçons, qu'elle nourrit le plus souvent, et qui devinrent de bons prêtres. Tout cela se fit sans ressources, sans argent, sans autre fonds que celui de la Providence. La pauvre Marguerite jeûnait des jours entiers, n'habitait souvent que des ruines, ne recevait quelquefois que des moqueries peur sa récompense, mais n'avait que plus de zèle à son œuvre sainte. Elle y passait les jours et les nuits, s'oubliant elle-même, mais non oubliée de Dieu. Elle-même a raconté qu'ayant passé quelques jours sans pain, et n'en ayant rien dit à personne, un matin, revenant de la messe, elle trouva chez elle des provisions pour longtemps.

Un jour, elle était à Villepreux. Vincent y vint faire la Mission. La bonne fille lui raconta son histoire, et lui demanda si elle plairait à Dieu en continuant à instruire

1. Conf. aux Filles de la Charité des 22 janvier 1645, 13 février 1046, 25 décembre 164« et 24 Gèrriei' IGjj.

les petites villagoises. Le saint prêtre la confirma dans son dessein. Mais voici que la Confrérie de la Charité est établie à Villepreux : la bonne fille se sent prise du désir de servir les pauvres malades et déjà s'y exerce. Bientôt après, en 1630, la Confrérie est établie sur la paroisse de Saint-Sauveur à Paris. Cette fille l'apprend, et que les dames associées cherchent des servantes pour remplir auprès des malades les plus grossiers emplois. Elle désire en être une, et trouve moyen de le faire savoir à Vincent. Celui-ci la l'ait venir et la donne à mademoiselle Le Gras, qui lui enseigne vite le plus nécessaire et la met dans la paroisse Samt-Sauveur sous la conduite des Dames de la Confrérie. Elle y fait merveille. De là elle est envoyée à Saint-Nicolas-du-Ghardonnet. Elle y pousse la charité jusqu'à partager son lit avec une pauvre pestiférée. La contagion ia gagne, et elle meurt à l'hôpital Saint-Louis.

Telle fut la première Fiile de la Charité, fille de village comme presque toutes, particulièrement dans les commencements de la Compagnie, fille héroïque comme presque toutes encore, et qui inaugura par une sorte de martyre le saint apostolat du service des pauvres. Ici, une fois de plus, Dieu choisissait ce qu'il y avait déplus faiblepour arriver à des miracles de force. Vincent se rappela quelques autres filles qui, n'ayant ni attrait pour le mariage, ni assez de bien pour entrer en religion, lui avaient paru disposées à se consacrer, pour l'amour de Dieu, au service des pauvres malades. Il n'était plus temps peut-être de les retrouver. Mais les Missions qui suivirent immédiatement en procurèrent deux remplies de bonne volonté. EU es furent placées quelque temps sous la conduite de mademoiselle Le Gras, qui, d'elle-même, et sans pouvoir consulter j son directeur malade, rédigea aussitôt un règlement de vie qu'elles devaient suivre en commun. Elle l'envoya

ORIGINE DKS FILLES DE LA CUARITÉ. 233

ensuite à Vincent, qui lui répondit : « Béni soit Dieu de tout ce qu'il lui a plu faire de vous dans votre règlement, et de ce qu'il m'a privé de la consolation de vous y voir ! Je me porte assez bien, Dieu merci ! et en état de vous offrir demain à Notre -Seigneur dans le nouvel état intérieur et extérieur auquel le divin amour vous a disposée. Il supplée et fait divinement ce que les hommes ne peuvent faire humainement. Peut-être a-t-il permis exprès que je ne vous aie pas vue, pour ne pas mettre ma faulx en sa moisson. Je le prie qu'il vous anime tout de son esprit, et vos deux filles aussi, ensemble vos malades. »

Les deux filles furent promptement exercées au service des pauvres : l'une fut placée dans la paroisse de Saint- Sauveur, l'autre dans celle de Saint-Benoît. Bientôt d'autres accoururent, et furent distribuées entre Saint- Nicolas-du-Ghardonnet et différentes paroisses.

Mais, sans liaison, sans correspondance entre elles, sans noviciat préalable, sans supérieure qui dirigeât leur conduite, munies seulement de quelques avis passagers de Vincent ou de Mademoiselle Le Gras ces filles manquaient et de capacité et de piété. Nirègle, ni uniformité, ni recrutement possibles. Tout allait au hasard, et, quand il fallait en changer quelques-unes, on n'en avait plus sou 5 la main à leur substituer pour le service des pauvres. Un nombre suffisant de filles, formées d'abord au soin des malades et aux exercices de la vie spirituelle, puis liées à leur œuvre et entre elles par l 'élément religieux, sans cesse surveillées et conduites, voilà ce que l'on reconnut bientôt nécessaire.

Mademoiselle Le Gras s'offrit aussitôt pour cette œuvre. Elle voulut même s'y engager par un vœu irrévocable. Mais Vincent, toujours fidèle à la lenteur du Dieu éternel, enchaîna son zèle pendant deux années. « Je vous prie une in. 15

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fois pour toutes, lui écrivait-il, de ne point penser à cet emploi, jusqu'à ce que Notre-Seigneur fasse paraître qu'il le veut ; car on désire souvent plusieurs bonnes choses d'un désir qui semble être selon Dieu, et néanmoins il ne l'est pas toujours. Mais Dieu permet ces désirs pour la préparation de l'esprit à être selon ce que sa Providence même désire. Saiï.1 cherchait des ânesses, et il trouva un royaume ; saint Louis prétendait à la conquête de la Terre-Sainte, et il obtint la conquête de soi-même et de la couronne du ciel. Vous cherchez à devenir la servante de ces pauvres filles, et Dieu veut que vous soyez la sienne, et peut-être de plus de personnes que vous ne seriez en cette façon. Pour Dieu, Mademoiselle, que votre cœur honore la tranquillité de celui de Notre-Seigneur, et il sera en état de le servir. Le royaume de Dieu est la paix au Saint-Esprit : il régnera en vous, si vous êtes en paix. Soyez-y donc, s'il vous plaît, et honorez souverainement le Dieu de paix et de dilection . »

Enfin, en 1633, le 29 novembre, veille de saint André, Vincent, parmi un certain nombre de filles qui s'étaient présentées, en choisit trois ou quatre qu'il remit aux mains de mademoiselle Le Gras. Celle-ci les reçut, les logea , les entretint dans sa maison , et les forma au grand art de la charité, dans lequel elle était maîtresse consommée. Dieu procède lentement pour l'ordinaire ; mais quelquefois il fait en un instant son œuvre- Au bout de peu de mois, ces filles, que les besoins pressants des pauvres ne permettaient pas de garder davantage, étaient déjà pourvues de toutes les aptitudes et de toutes les vertus de leur charitable état. Attirées par leur exemple, d'autres filles, plus nombreuses, vinrent les remplacer au noviciat de Saint-Nicolas. Évidemment, Dieu le voulait, et mademoiselle Le Gras avait enfin trouvé la

vocation qui lui avait été depuis si longtemps et tant de fois annoncée. Aussi reprit-elle son premier dessein de s'y engager par un vœu irrévocable, et de renouveler en même temps son vœu de viduité. L'heure de Dieu était venue : cette fois, Vincent, loin de s'opposer, encouragea, et, le 25 mars 1634, mademoiselle Le Gras prononça la formule de sa consécration.

Le 25 mars, fête de l'Annonciation de la sainte "Vierge, sera désormais, pour les Filles de la Charité, ce qu'était déjà, pour les prêtres de la Mission, le 25 janvier, fête de la Conversion de saint Paul : jour de fondation et de naissance, jour de rénovation et de consécration répétée. Depuis cet heureux jour, mademoiselle Le Gras offrit, chaque mois, à Dieu, une de ses communions pour lui rendre grâce de ce qu'il avait daigné l'appeler à un état où tous les moments de sa vie étaient consacrés à sa gloire et à son amour.

Les choses marchèrent ainsi pendant une douzaine d'années. Les Filles de la Charité s'accrurent, comme aussi leurs emplois. Elles étaient trois ou quatre d'abord : on les compta bientôt par centaines et par milliers. De cette humble maison de la paroisse de Saint-Nicolas, de La Chapelle ensuite, ou du faubourg Saint-Denis, comme d'une ruche intarissable, elles se répandirent par essaims chargés du plus pur miel de la charité dans toute la France, dans toute l'Europe, dans tout le monde. Elles n'étaient primitivement destinées qu'à soigner à domicile, au nom des Charités des paroisses, les pauvres à qui le trop-plein ou la répugnance fermait l'entrée des hôpitaux : bientôt, par droit de charitable conquête, elles s'emparèrent des hôpitaux eux-mêmes ; elles servirent de mères aux enfants trouvés, de maîtresses aux pauvres filles, d'anges consolateurs aux forçats et aux prisonniers, de providence à toutes les misères.

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Et cependant, elles ne formaient point encore de confrérie proprement dite et n'avaient point de règles arrêtées. Fidèle à la maxime qu'il avait apprise de Jésus- Christ et que nous lui avons vu appliquer à sa Congrégation de Missionnaires, Vincent voulut faire avant d'enseigner : avant de formuler des règles par écrit, il voulut qu'elles prissent corps et vie dans la pratique et dans l'expérience. Et ici, plus encore que pour les Missionnaires, les faits lui donnèrent raison. Qui pouvait prévoir, au commencement, un tel progrès, une telle multiplicité d'em plois ? et si l'on eût aussitôt donné des règles, ces règles, applicables seulement au service des paroisses, ne l'eussent pas été au service des écoles, des prisons et des hôpitaux. Car bientôt ce n'était plus une congrégation homogène, appliquée à un seul objet, à constituer, mais plusieurs congrégations dans une à ramener vers un centre vital et à faire rayonner aux divers points d'une circonférence vaste comme la charité et la misère humaine ; c'est-à-dire qu'à des règles communes destinées à lier tous les membres en un môme corps et à les faire vivre d'une même vie, il fallait ajouter, sans rompre le concert, des règles particulières aussi nombreuses et aussi diverses que leurs fonctions. Encore un coup, une longue pratique, des expériences multipliées, pouvaient seules conduire à bonne fin de telles constitutions.

Quand Vincent se crut suffisamment instruit et préparé, il attendit encore pour agir un signal extérieur. Le signal lui vint de mademoiselle Le Gras, qui lui écrivit la lettre suivante * :

1. Cette lettre, dont on possède encore l'original, n'a pas de date; mais les faits qui vont être racontés démontrent qu'elle est du commencement de 1646.

« Mou très-honoré Père, la manière dont la divine Providence m'a fait vous parler en toutes occasions fait que, en celle-ci où il s'agit des sentiments que je crois que Dieu m'a donnés pour l'accomplissement de sa trèssainte volonté, je vous parle tout simplement et véritablement sur les besoins que l'expérience nous a fait connaître yjour l'affermissement de la Compagnie des Filles de la' Charité, si tant est que Dieu ne vous ait pas fait entendre en vouloir la destruction entière, pour les fautes générales et particulières qui y paraissent plus clairement depuis quelques années, dont je crois, en vérité et devant Dieu, être la principale cause, tant par mes vais exemples que par mes négligences et peu de zèle pour la fidélité à m'acquitter de mon devoir. Et voilà un des principaux besoins : de pourvoir pour l'avenir d'une personne de meilleur exemple. » Un second besoin lui paraissait être la rédaction par écrit de leur manière de vie ; un troisième, leur érection en confrérie sous la direction de Vincent : « Il est à croire, disait-elle, que la faiblesse et légèreté d'esprit des filles aurait besoin d'être aidée par la vue de quelque établissement, pour surmonter les tentations qui leur arrivent contre la vocation à cause de cela. Et le fondement de cet établissement, sans lequel il est impossible qu'il puisse subsister, ni que Dieu en tire la gloire qu'il témoigne en vouloir tirer, est la nécessité que ladite Compagnie a d'être érigée soit sous le titre de Compagnie, ou celui de Confrérie, entièrement soumise et dépendante de la conduite vénérable du très-honoré général de Messieurs les prêtres de la Mission, du consentement de la Compagnie, pour, y étant agrégées, être participantes du bien qui s'y fait, à ce que la divine bonté leur faisant part du mérite de leurs actions, sacrifices et prières, unies à celles de son Fils, il leur fasse miséricorde. Voilà, mon très-honoré

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Père, ce que j'avais pensé proposer à nos Sœurs avant que vous le dire; mais je puis assurer que ce serait la très-humble requête que fait la plus indigne de toutes les Sœurs de la Charité. »

Telle était précisément la pensée de Vincent lui-même. Aussi il rédigea incontinent un Mémoire pour l'archevêque de Paris, qu'il envoya d'abord à mademoiselle Le Gras en lui disant : « J'ai supprimé quantité de choses que j'eusse pu dire à votre sujet : réservons à Notre- Seigneur à le dire à tout le monde, et cachons-nous cependant. »

Institution des Filles de la Chanté.

Dans le Mémoire adressé, en 1646, à Jean-François de Gondi, à l'effet d'obtenir l'érection des Filles de la Charité en confrérie, Vincent rappelle d'abord à l'archevêque les confréries de la Charité si nombreuses, établies, sous son autorité, dans les paroisses de Paris et des autres lieux de son diocèse. Mais les dames qui les composent, étant la plupart de condition, n'en peuvent faire convenablement les fonctions les plus basses et les plus viles. Elles ont donc pris quelques bonnes filles des champs à qui Dieu a donné le désir d'assister les pauvres malades, et se les sont substituées. Ces filles ont d'abord été dressées à cet emploi par une vertueuse veuve, mademoiselle Le Gras, qui les a entretenues dans sa maison par les aumônes de dames charitables. Et depuis treize ou quatorze ans que l'œuvre est commencée, Dieu l'a si bien bénie, qu'il y a dans chaque paroisse deux ou trois filles, occupées soit à l'assistance des malades, soit même à l'instruction des filles pauvres. Elles y vivent aux dé-

pens des confréries des paroisses, mais si frugalement, que 100 livres, et quelquefois 25 écus, leur suffisent par an pour leur nourriture et leur vêtement. Trois sont employées par les Dames de la Charité de l'Hôtel-Dieu ; dix ou douze à l'hôpital des Enfants trouvés ; deux ou trois à l'assistance des forçats ; sans compter celles qui ont été envoyées, pour remplir les mêmes fonctions, à Angers, à Richelieu, à Saint-Germain-en-Laye, à Saint- Denis, et en d'autres lieux de la campagne. Et comme on en demande de toutes parts, mademoiselle Le Gras en élève d'autres chez elle, ordinairement au nomhre de plus de trente, qu'elle occupe, en attendant, les unes à instruire les petites filles pauvres qui y viennent à l'école, les autres à l'assistance des malades au dedans ou au dehors ; celles-ci à s'instruire elles-mêmes, celles-là aux différents offices de la maison. Elle les entretient sur le gain du travail de leurs loisirs, sur les aumônes des dames et autres personnes charitables, « particulièrement par le revenu notable que le roi et la reine, comme aussi madame la duchesse d'Aiguillon, leur ont charitablement donné à perpétuité, qui se monte ù plus de d6ux mille livres par an. »

Ce qui recommande encore ces filles, c'est, outre l'assistance corporelle, l'assistance spirituelle qu'elles donnent aux malades et aux mourants ; « et Notre-Seigneur bénit tellement ce petit secours qu'elles apportent dans leur simplicité, qu'il y a sujet de le remercier pour les effets qui en réussissent, en sorte qu'on voit évidemment accomplir en elles le dire de l'Écriture, que Dieu se plaît à se communiquer aux simples et humbles, et à se servir des plus petites et basses pour en faire de grandes et de relevées. * C'est lui qui les a appelées, approuvées et inspirées, comme le proclame la voix du peuple, qui est la voix de Dieu. D'ailleurs, elles n'ont rien fait qu'en

vertu du consentement et de la permission du prélat, « marque la plus certaine d'une vraie vocation et du bon œuvre » .

« Mais parce que les œuvres qui regardent le service de Dieufinissent d'ordinaire en ceux qui les commencent, s'il n'y a quelque liaison spirituelle entre les personnes qui s'y emploient », il est à souhaiter que le prélat érige ces filles en confrérie, et approuve le règlement selon lequel elles ont vécu jusqu'à présent et se proposent de vivre à l'avenir, sous le nom de filles et veuves servantes des pauvres de la Charité.

Suivait ce règlement, que nous ferons tout à l'heure connaître. Jean-François de Gondi fit droit à cette requête le 20 octobre 1646, et le roi accorda ses lettres patentes. Mais le secrétaire de Méliand, procureur du Parlement, ayant égaré ces pièces constitutives de l'établissement, une requête nouvelle dut être adressée à l'archevêque de Paris, qui alors était Jean-François- Paul de Gondi, le fameux cardinal de Retz.

Dans l'intervalle, mademoiselle Le Gras avait réfléchi sur le sens de la première requête et de la première approbation. On se rappelle avec quelle insistance, dans sa lettre plus haut citée de 1646, elle réclamait, comme fondement essentiel de la Compagnie, la dépendance e! la direction du supérieur général de la Mission. Or dans le projet de statuts et de règlement qu'il avait proposé à l'approbation de l'archevêque de Paris, Vincent, toujours humble, toujours entièrement soumis aux prélats de l'Église, avait remis la conduite de la compagnie qu'il avait fondée et dirigée seul jusqu'à ce jour avec mademoiselle Le Gras, à la discrétion de l'archevêque. En effet, il y était dit que l'assemblée pour l'élection de la supérieure serait présidée par un ecclésiastique « député de Mgr de Paris pour la direction desdites

filles et veuves »: que la supérieure aurait l'entière direction de la confrérie « avec le susdit ecclésiastique » ; que, pour admettre ou envoyer des sœurs, elle devrait prendre son avis et conférer avec lui ; que toutes enfin seraient tenues de « rendre obéissance, en ce qui regarderait leur conduite, à l'ecclésiastique député pour la direction de la Compagnie. »

Jean-François de Gondi, ou plutôt le cardinal de Retz, qui avait donné la première approbation comme coadjuteur et vicaire général de son oncle, avait naturellement nommé le saint fondateur directeur de la Compagnie sa vie durant. Mais, si la nomination du directeur demeurait abandonnée à la volonté de l'archevêque de Paris, celui-ci ne pouvait-il pas, après la mort de Vincent, briser sa famille spirituelle, séparer les sœurs des frères: en un mot, soustraire les Filles de la Charité à la conduite du supérieur de la Mission ? Et alors, arrachées au berceau où elles avaient pris naissance, où elles avaient si longtemps puisé la vie, ne finiraient-elles pas, comme un ruisseau détourné de sa source, par se dessécher, ou, du moins, par prendre d'autres eaux et une direction différente, au grand détriment d'elles-mêmes et des pauvres?

Mademoiselle Le Gras le craignit, et elle réclama aussitôt dans ses fréquentes conférences avec Vincent. Dès le mois de novembre 1647, elle lui écrivait : « Il m'a semblé que Dieu a mis mon âme dans une grande paix et simplicité à l'oraison très-imparfaite de ma part que j'ai faite sur le sujet de la nécessité que la Compagnie des Filles de la Charité soit toujours successivement sous la conduite que la divine Providence leur a donnée, tant pour le spirituel que temporel, en laquelle je pense avoir vu qu'il serait plus avantageux à sa gloire que la Compagnie vînt à manquer entièrement que d'être en une autre conduite, puisqu'il semble que ce serait contre ni. |5.

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la volonté de Dion. Les marques sont qu'il y a sujet de croire que Dieu inspire et l'ait connaître sa volonté pour la perfection des œuvres que sa bonté veut faire au commencement qu'il fait connaître ses desseins ; et vous savez, Monsieur, qu'au commencement de celui-ci, il a éîé proposé que le temporel de ladite Compagnie, si elle venait à manquer par malversation, retournerait à la Mission, à ce qu'il fût employé pour l'instruction du peuple des champs. Il me semble que si votre charité a entendu ce qu'il me semble vous avoir dit en la personne de saint Pierre, que c'était sur elle qu'il voulait édifier cette Compagnie, qu'elle persévérera au service qu'elle lui demande pour l'instruction des petits, et le soulagement des malades. »

Quelques années plus tard, en 1651, quand il fut question d'adresser une seconde requête, mademoiselle Le Gras revint à la charge et écrivit encore : « Le ternie si absolu de dépendance de Monseigneur ne nous peut-il point nuire à l'avenir, donnant liberté de nous tirer de la direction du supérieur général de la Mission ? N'est- il pas nécessaire, Monsieur, que, par cet établissement, votre charité nous soit donnée pour directeur perpétuel '.'' Et ces règlements qui nous doivent être donnés, est-ce l'intention de Monseigneur que ce soit ceux marqués ensuite la requête ? Cela requiert-il un acte à part, ou bien en veut-on former d'autres, puisqu'il en fait mention séparément ? Au nom de Dieu, Monsieur, ne permettez pas qu'il se passe rien qui donne tant soit peu de jour de tirer la Compagnie de la direction que Dieu lui a donnée, car vous êtes assuré qu'aussitôt ce ne serait plus ce que c'est, et les pauvres malades ne seraient plus secourus, et ainsi je crois que la volonté de Dieu ne serait plus parmi nous. »

Frappé de la sagesse de ces observations, Vincent va

rédiger en ce sens sa seconde requête. Mais notons d'abord le service immense, ignoré des Filles de la Charité elles-mêmes, que leur rendit mademoiselle Le Gras à leur origine. Par là seulement, indépendamment de ses leçons, de ses exemples et de sa longue direction, elle mériterait d'être regardée par elles comme leur vraie fondatrice ; ou, du moins, puisque le premier honneur appartient toujours à Vincent, comme la seconde foniatrice de cette Rome de la charité.

Donc, Vincent, dans sa seconde requête \ demanda au cardinal de Retz, avec une approbation nouvelle de la Compagnie et de ses statuts et règlements, de lui donner pouvoir, à lui et à ses successeurs, généraux de la congrégation de la Mission, de la diriger, sous l'autorité des archevêques de Paris8.

1. On n'a plus cette requête, qui ne nous est connue que par la mention qui en est faite dans l'approbation du cardinal de Retz.

2. Une des raisons, peut-être, qui avaient porté d'abord Vincent à ne pas retenir, pour lui et pour ses successeurs, la direction des Filles de la Charité, c'est qu'il avait pour principe de ne pas se charger de la conduite des religieuses, et de ne pas souffrir que les siens s'en chargeassent Or. il craignait que l'infraction à ce principe ne vînt précisément d'une exception faite en faveur des Filles de la Charité. Ce qui arriva en effet comme nous l'apprenons par une lettre au Missionnaire de la Fosse, du ler février 1660 A la défense qui lui avait été faite de confesser les religieuses, de la Fosse objectait les Filles de la Charité. Vincent lui répond d'ahord que ces Filles ne sont pas religieuses, mais des filles séculières, des personnes de paroisses sous la conduite des curés, dans tous les lieux où elles sont établies. « Et si nous avons, poursuit-il, la direction de la maison où elles sont élevées, c'est parce que la conduite de Dieu pour donner naissance à leur petite compagnie s'est servie de la nôtre, et vous savez que des mêmes choses que Dieu emploie pour donner l'être aux choses, il s'en sert pour les conserver. 2° Notre petite Compagnie s'est donnée à Dieu pour servir le pauvre peuple corporellement et spirituellement, et cela dès son commencement ; en sorte qu'à même temps qu'elle a travaillé au salut des âmes par les Missions, elle a établi un moyen

En conséquence, le 18 janvier 1655, le cardinal de Retz, alors à Rome, « voulant donner moyen aux bonnes Dames de la Charité et aux pauvres veuves et filles servantes des pauvres malades de faire une bonne œuvre qui est à la gloire de Dieu et a l'édification du peuple ». érige les Filles de la Charité en confrérie, approuve leurs règlements, à la condition que la confrérie sera et demeurera à perpétuité sous son autorité et dépendance,

de soulager les malades par les confréries de Charité, ce que le Sainta approuvé par les bulles de notre institution. Or, la vertu de miséricorde ayant diverses opérations, elle a porté la Compagnie à différentes manières d'assister les pauvres : témoin le service qu'elle rend aux forçats des galères et aux esclaves de Barbarie; témoin ce qu'elle a fait pour la Lorraine en sa grande désolation, et depuis poulies frontières ruinées de Champagne et de Picardie, où nous avons encore (1660) un frère incessamment appliqué a la distribution des aumônes Vous êtes vous-même témoin, Monsieur, des secours qu'elle a portés aux peuples des environs de Paris, accablés de lamine et de maladie, en suite du séjour des armées. Vous avez eu votre part à ce grand travail, et vous en avez pensé mourir, ainsi que beaucoup d'autres qui ont donné leurs vies pour la conserver aux membres souffrants de Jésus-Christ, lequel en est maintenant leur récompense et sera la vôtre. Les Dames de la Charité de Paris sont encore autant de témoins de la grâce de notre vocation pour contribuer avec elles à quantité de bonnes œuvres qu'elles font et dedans et dehors la ville

« Cela posé, les Filles de la Charité étant entrées dans l'ordre de la Providence comme un moyen que Dieu nous donne de faire par leurs mains ce que nous ne pouvons pas l'aire par les nôtres en l'assistance corporelle des pauvres malades, et de leur dire par leur bouche quelques mots d'instruction et d'encouragement pour le salut, nous avons aussi obligation de les aider à leur propre avancement en la vertu, pour se bien acquitter de leurs exercices charitables.

a 11 y a donc celte différence entre elles et les religieuses, que les religieuses n'ont pour tin que leur propre perfection, au lieu que ces filles sont appliquées comme nous au salut et soulagement du prochain • et si je dis avec nous, je ne dirai rien de contraire à l'Evangile, mais fort conforme a l'usage de la primitive Église ; car Notre-bei-

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et de ses successeurs archevêques de Parib. Mais il ajoute : « Et d'autant que Dieu a béni le soin et travail que notre dit cher et bien aimé Vincent de Paul a pris pour faire réussir ce pieux dessein, nous lui avons de rechef confié et commis, et par ces présentes confions et commettons la conduite et la direction de la susdite société et confrérie sa vie durant, et après lui à ses successeurs généraux de ladite congrégation de la Mission. »

Au mois de novembre 1657, le roi, désirant appuyer

gneur prenait soin de quelques femmes qui le suivaient, et nous voyons, dans le canon des Apôtres, qu'elles administraient les vivres aux fidèles, et qu'elles avaient relation aux fonctions apostoliques.

« Si l'on dit qu'il y a danger pour nous de converser avec ces tilles, je réponds que nous avons pourvu à cela autant qu'il se pouvait faire, en établissant cet ordre en la Compagnie de ne les visiter jamais chez elles dans les paroisses ; et elles-mêmes ont pour règle de l'aire leur clôture de leur chambre, et de n'y Laisser jamais entrer les hommes, singulièrement les Missionnaires; en sorte que si moi-même je me présente pour y entrer, qu'elles me ferment la porte, ce qui s'observe exactement de part et d'autre, grâce a Dieu.

« Que si elles viennent ici dans leur maison, tous les mois, rendre compte de leur intérieur et se confesser à un de nos prêtres, vous savez qu'il y enadeux ou trois destinés pour les entendre, de qui l'âge et la vertu sont au-dessus de toute crainte; et si nous en envoyons d'autres aux deux hôpitaux proches d'ici, ce n'est pas tant à cause de ces filles qui y sont employées que des autres personnes qui les habitent, lesquelles Dieu a confiées aux soins de la Compagnie pour l'âme et pour le corps. » 11 fallait citer toute cette lettre, qui jette un nouveau jour sur la nature et les œuvres tant de la Mission que des Filles de la Charité. Une fois décidé à garder pour lui et pour les siens, à perpétuité, la direction de ces tilles, saint "Vincent prit toutes les mesures pour que cet ordre ne se changeât plus. C'est ainsi qu'au chapitre XI, article xi de ses règles communes, il recommanda cette direction aux Missionnaires comme une de leurs obligations principales. — On trouve les mêmes idées dans la conférence du G décembre UiOiS.

de son autorité toutes les bonnes œuvres et tous les établissements de son royaume pour la gloire de Dieu, « et particulièrement celui de ladite société et confrérie, lequel a eu un commencement si rempli de bénédictions et un progrès si abondant en charité, tant à l'endroit des pauvres malades que des pauvres enfants trouvés, pauvres forçats et petites filles, et même des pauvres filles qui se présentent pour les servir, lesquelles, par ce moyen, ont une belle et sainte occasion de se donner à Dieu et le servir en la personne des pauvres », approuve, dans les mêmes termes, la société, l'autorise à s'étendre dans tous les États de son obéissance pour y faire les mêmes fonctions qu'à Paris, la prend, elle et ses biens, sous sa sauvegarde et protection spéciale et de ses successeurs rois, lui permet de recevoir tous legs et donations, et enfin lui accorde les exemptions et les privilèges les plus larges.

Ces lettres patentes furent enregistrées en Parlement le 16 décembre 1658 ; et, dix ans après, le 8 juin 1668, à la requête de la supérieure, des officières et de toute la communauté, la Congrégation des Filles de la Charité reçut approbation et confirmation de l'autorité apostolique en vertu de lettres délivrées par Louis de Vendôme, légat du Saint-Siège en France. Anne d'Autriche, suivant une lettre d'elle qui nous a été conservée *, était intervenue auprès du Saint-Siège pour faire nommer les supérieurs généraux de la Mission directeurs perpétuels de la Compagnie des Filles de la Charité.

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