‹ Saint Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 58 sur 122 · STATUTS ET RÈGLEMENTS DE LA COMPAGNIE · texte numérisé non relu

STATUTS ET RÈGLEMENTS DE LA COMPAGNIE

paroles ; les enverra, rappellera et emploiera en tout ce qui regarde la fin de ladite confrérie, non-seulement en la paroisse où ladite confrérie sera établie, mais encore en tous les lieux où elle les enverra, le tout de l'avis dudit directeur.

« La seconde officière sera assistante de ladite supérieure, lui servira de conseil, et la représentera en son absence -, et toutes lui obéiront comme à la supérieure en l'absence d'icelle.

« La troisième servira de trésorière, fera la recette et gardera l'argent dans un coffre à deux serrures différentes, dont la supérieure tiendra une clef, et elle l'autre, excepté qu'elle pourra tenir entre ses mains la somme de cent livres, pour fournir au courant de la dépense, et rendra compte tous les mois à la supérieure, et tous les ans au directeur, en la présence de toutes les officières. Elle représentera aussi la supérieure et l'assistante en leurs absences, et leur servira de conseil.

« La quatrième fera la dépense et pourvoira aux nécessités communes de la Compagnie, rendra compte toutes les semaines à la supérieure, représentera la même supérieure en l'absence d'icelle et des autres officières, et leur servira pareillement de conseil.

« Tant les filles que les veuves de ladite confrérie seront soumises et obéiront à ladite supérieure, et en son absence aux autres officières, et à toutes celles qui seront députées de sa part, se représentant qu'elles obéissent à Dieu en leurs personnes, et exécuteront volontiers et ponctuellement le présent règlement et les louables coutumes de leur Institut, soit dans les paroisses où elles seront établies, soit ailleurs où elles seront envoyées.

« Elles rendront aussi obéissance en ce qui regarde leur conduite audit directeur et supérieur.

«Celles qui désireront être reçues en ladite Compagnie

se présenteront à ladite supérieure, laquelle, après avoir éprouvé leur vocation et conféré avec le directeur, et de l'avis des autres officie res, les recevra, les dressera en leurs fonctions quelque temps, et puis après, selon qu'elle les jugera capables, elle les emploiera aux exercices que nous avons dits.

« Etant envoyées en quelques paroisses, elles iront prendre la bénédiction de MM. les curés, qu'elles recevront à genoux, et tandis qu'elles seront dans leurs paroisses, elles leur rendront toute sorte d'honneur, de respect et d'obéissance, à l'égard de l'assistance des malades.

« Elles rendront aussi obéissance entière aux dames officières de la Charité des paroisses, et aux médecins en ce qui concerne le soin des malades.

« Leur principal soin sera de bien servir les pauvres malades, les traitant avec compassion et cordialité, et tâchant de les édifier, les consoler et les disposer à la patience, les portant à faire une bonne confession générale, et surtout à moyenner qu'ils reçoivent leurs sacrements.

a Outre cela, quand elles seront appelées à leurs autres emplois, comme d'assister les pauvres forçats, élever les petits enfants trouvés, instruire les pauvres filles, elles s'y porteront avec une affection et diligence particulière, se représentant qu'en ce faisant elles rendent service à Notre-Seigneur, comme enfant, comme malade, comme pauvre et comme prisonnier.

a Elles s'entrechériront et respecteront comme sœurs que Jésus-Christ a liées par son amour, assisteront à l'enterrement de celles qui décéderont, communieront à leur intention, feront dire une messe haute pour chacune d'icelles ; elles assisteront aussi à l'enterrement des pauvres qu'elles auront servis, si la commodité le leur permet, et prieront Dieu pour le repos de leurs âmes.

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