‹ Saint Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 69 sur 122 · Il sera parlé plus bas de tous ces emplois · texte numérisé non relu

Il sera parlé plus bas de tous ces emplois

aux Indes, soit aux armées. Notre-Seigneur n'a point fait d'autre compagnie pour le servir en la personne des pauvres malades, de la manière que -vous êtes obligées à le faire : elle doit donc être plus à lui qu'à vous-mêmes; ce qui fait qu'on vous appelle Filles de la Charité, c'està-dire filles de Dieu. Humiliez-vous, abaissez-vous audessous de tout le monde, en voyant que Dieu veut se servir de pauvres filles de village pour opérer de si grandes choses. Humiliez-vous devant Dieu, et soyez prêtes à embrasser tous les emplois que sa divine Providence vous donnera : c'est ce que je ne puis trop vous recommander, puisque telle est la fin de votre Compagnie, et que, lorsque vous y manquerez, adieu la charité1. »

La fin de la Compagnie bien établie, Vincent détermine son véritable état : « Mes filles, vous n'êtes pas des religieuses, et s'il se trouvait parmi vous quelque esprit brouillon qui dît : « Il faudrait être religieuses, cela est bien plus beau » ; ah ! mes sœurs, la Compagnie serait à l'extrême-onction. Craignez, mes filles, et, tant que vous vivrez, ne permettez pas ce changement ; pleurez, gémissez, et représentez-le aux supérieurs, n'y consentez en aucune sorte ; car qui dit religieuses dit un cloître, et les Filles de la Charité doivent aller partout.

« Mais quoique vous ne soyez pas religieuses, vous devez être aussi et plus parfaites qu'elles. Et comment cela ? Le voici : c'est que les dispositions d'un chacun doivent avoir du rapport aux grâces qu'il reçoit de Dieu. Or, y a-t il religieuses qui aient été autant favorisées de Dieu que vous? Les filles de l'Hôtel-Dieu servent les malades chez elles; les ursulines instruisent de jeunes écolières, ordinairement de condition ; mais vous, vous

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