‹ Saint Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 9 sur 122 · Lettre à Get, à Marseille, du 24 août · texte numérisé non relu

Lettre à Get, à Marseille, du 24 août

2. Voir encore répét. d'or, du 30 août K.57. — Là Viucent raconte (me la barque tira un coup de canon à son arrivée, un coup de canon à son départ, sans que personne ne sortît ni ne répondit de la ville.

3. Lettre à Ozenne, en Pologne, du 7 juillet 1657. — Rép. d'or, du 17 Juin 11)57.

des saisons, ni les prières que venait de faire l'Église à l'occasion d'un jubilé, rien ne pouvait détourner le fléau, ni même diminuer ses coups. «Il faut, écrivait alors Vincent, que les péchés de l'Etat chrétien soient bien grands, puisqu'ils obligent Dieu d'exercer sa justice de cette sorte. Plaise à sa miséricorde venir à son tour visiter bientôt ces pauvres villes, et consoler tant de peuples affligés partout, qui d'une façon, qui d'une autre ! » Dans sa profonde affliction, il trouvait à remercier Dieu de ce que ses maisons avaient été jusqu'alors préservées, et il le priait de les protéger jusqu'au bout *. Mais bientôt, le supérieur lui-même, Etienne Blatiron, était frappé à Gênes, en même temps qu'Edme Jolly l'était à Rome, et d'autres ailleurs. Quelle douleur à la nouvelledu danger de ces excellents ouvriers, et que de prières partirent pour eux de Saint-Lazare et de toutes les maisons de la Compagnie ! De ces deux grands serviteurs de Dieu, l'un fut laissé pour gouverner plus tard la congrégation ; l'autre, avec quelques-uns des compagnons de son héroïsme, fut pris et rappelé à Dieu. Écoutons l'oraison funèbre que leur fit Vincent dans un entretien sur la confiance: « Oh! qu'il est bien vrai, Messieurs et mes frères, que nous devons avoir une grande confiance en Dieu, et nous mettre entièrement entre ses mains, croyant que sa Providence dispose pour notre bien et pour notre avantage tout ce qu'elle veut ou permet qu'il nous arrive ! Oui, ce que Dieu nous donne et ce.qu'il nous ôte est pour notre bien, puisque c'est pour son bon plaisir, et que son bon plaisir est notre prétention et notre bonheur. C'est dans cette vue que je vous ferai part d'une affliction qui nous est survenue, mais que je puis dire avec vérité, mes frères, une des plus grandes qui nous pouvait arriver :

■i Lettre du 22 décembre 1G56.

32 SAINT VINCENT DE l'A IL.

c'est que nous avons perdu ie grand appui et le principal support de notre maison de Gênes. M. Blatiron, supérieur de cette maison-là, qui était un grand serviteur de Dieu, est mort ; c'en est fait ! Mais ce n'est pas tout : le bon M. Dupont, qui s'employait avec tant de joie au service des pestiférés, qui avait tant d'amour pour le prochain, tant de zèle et de ferveur pour procurer le salut des âmes, a été aussi enlevé par la peste. Un de nos prêtres italiens, M. Dominique Bocconi, fort vertueux et bon Missionnaire, comme j'ai appris, est semblablement mort dans un lazaret, où il s'était mis pour servir les pauvres pestiférés de la campagne. M. Tratebas, qui était aussi un vrai serviteur de Dieu, très-bon Missionnaire, et grand en toutes vertus, est aussi mort '. M. François Vincent que vous connaissiez, qui ne cédait en rien aux autres, est mort. M. Ennery, homme sage, pieux et exemplaire, est mort. C'en en fait, Messieurs et mes frères, la maladie contagieuse nous a enlevé tous ces braves ouvriers ; Dieu les a retirés à lui 2. De huit qu'ils étaient, il n'en reste plus qu'un, M. Le Juge, qui, ayant été frappé de peste, en est guéri, et sert à présent les autres malades 3. 0 Sauveur Jésus! quelle perte et quelle affliction! C'est maintenant que nous avons grand besoin de nous bien résigner à toutes les volontés de Dieu : car, autre

1. Tratebas et Bocconi ou Boccone, avaient été tirés au sort pour aller secourir les pestiférés dans un hôpital des champs (à Jolly, Rome, 10 août 1G57).

2. Un autre Missionnaire, italien de nation, nommé Lucas, demanda et obtint la faveur de servir les pestiférés, s'y prépara par une retraite, et mourut après un service de treize jours. Il mourut aussi un frère, nommé Damiens (Lettres a Martin du 29 décembre 1656, et à Chiroye, du 7 janvier 1657).

3. Dans des lettres postérieures à Jolly, des 6, 12 et 21 octobre 1657, le saint, mieux informé, dit qu'il restait encore, outre Le Juge, deux. prêtres, trois ou quatre clercs, et autant de frères.

.meut, que ferions-nous, que nous lamenter et attrister 'inutilement de la perte de ces grands zélateurs de la I gloire de Dieu ? Mais, avec cette résignation, après avoir l'accordé quelques larmes au sentiment de cette séparation, I nous nous élèverons à Dieu, nous le louerons et le bénirons de toutes ces pertes, puisqu'elles nous sont arrivées par la disposition de sa très-sainte volonté. Mais, Messieurs et mes frères, pouvons-nous dire que nous perdons ceux que Dieu nous retire ? Non, nous ne les perdons pas ; et nous devons croire que la cendre de ces bons Missionnaires servira comme de semence pour en produire d'autres. Tenez pour certain que Dieu ne retirera point de cette Compagnie les grâces qu'il leur avait confiées, mais qu'il les donnera à ceux qui auront le zèle d'aller prendre leurs places1. »

A côté de la perte de ces excellents Missionnaires, que pouvait être la perte d'un procès, même d'un procès très-important, qu'eut à essuyer bientôt la maison de Gênes 2? Aussi, à la nouvelle qu'il en reçut, Vincent répondit, le 24 octobre 1659, à Pesnelle, le nouveau supérieur : « Vive la justice ! Il faut croire, Monsieur, qu'elle

1. Conf. du 27 septembre 1657. — Voir encore sur la peste de Gênes une lettre a Lhuillier, à Grécy, du 11 décembre 1657, où Vincent nous apprend que tous ces morts étaient prêtres, à l'exception d'un seul qui n'était que frère coadjuteur, et que tous, à l'exception d'un seul encore, pourtant aussi dévoué que les autres mais qui fut le premier frappé, avaient pris la maladie en servant le9 malades. Dans le même temps, la Compagnie perdait trois Missionnaires de Madagascar, et un autre des îles Hébrides : onze en tout, de ses meilleurs ouvriers. — Ce qui affligeait encore le saint, et ce qu'il ne cesse de répéter dans toutes ses lettres, c'est, disait-il, a le,juste sujet que j'ai de croire que mes péchés aient obligé la justice de Dieu de nous ôter ces bons Missionnaires. »

2. Ce procès était intenté par les héritiers de Jean -Christophe Monza, un des bienfaiteurs de la Mission de Gènes.

se trouve en la perte de votre procès. Le même Dieu qui vous avait donné du bien vous l'a ôté : son saint nom soit béni ! Le bien est mal quand il est où Dieu ne le veut pas. Plus nous aurons de rapport à Notre-Seigneur dépouillé, plus aussi nous aurons de part à son esprit. Plus nous chercherons, comme lui, le royaume de Dieu son Père, pour l'établir en nous et en autrui, plus les choses nécessaires à la vie nous seront données. Vivez dans cette confiance, et n'allez pas au-devant des années stériles dont vous parlez. Si elles arrivent pour la subsistance, ou pour les emplois, ou pour tous les deux, in nomine Domini! ce ne sera point par votre faute, mais par l'ordre de la Providence, dont la conduite est toujours adorable. Laissons-nous donc conduire par notre Père qui est aux cieux, et tâchons sur la terre de n'avoir qu'un vouloir et un non- vouloir avec lui. »

Du reste, presque en même temps le saint fut récompensé de sa confiance, car le marquis de Brignole assignait à la Mission de Gènes une somme annuelle considérable. Dans son humble reconnaissance pour Dieu et pour le donateur, Vincent écrivit à Pesnelle, le 9 mai 1659 : « ... Vous me donnez sujet de revenir à M. Emmanuel Brignole, sur la grande affection que vous dites qu'il a pour notre chétive Congrégation, pour vous répondre qu'un de mes étonnements est qu'un seigneur ; de sa condition et de sa piété mette son cœur en si bas Hieu, pour élever notre indignité à l'honneur de sa bien- • veillance etaux effets de sa bonté. Nous prions Dieu qu'il f en soit sa récompense. »

Qu'aurait-ce été, s'il eût prévu que cette bienveillance pour la Compagnie serait héréditaire chez les Brignole, et que les liens entre la noble famille génoise et l'humble famille religieuse française, brisés par le malheur des temps, se renoueraient à deux siècles de distance ?

Efi 1855, le marquis Antoine de Brignole-Sale, et la marquise Arthemise de Negrone, dans le dessein de pourvoir à l'instruction de vingt-quatre jeunes gens choisis dans les divers diocèses d'Italie et de France pour être mis ensuite à la disposition de la Propagande, fondèrent le collège de Brignole-Sale-Negrone, à Passolo, résidence des prêtres de la Mission, à qui la direction en fut con- ' fiée. L'inauguration s'en fit le il février, en présence des fondateurs, de Mgr Charvaz, archevêque de Gênes, de M. Etienne, supérieur général de la Congrégation, d'un grand nombre de personnages illustres, parmi lesquels était Mgr Dupanloup, évêque d'Orléans. Trois discours furent prononcés : l'un par le marquis de Brignole ; l'autre par M. Etienne, qui ne manqua pas de citer la lettre tout à l'heure transcrite de saint Vincent à Pesnelle ; le troisième par Mgr Charvaz, qui fit ce portrait si constamment ressemblant des Missionnaires : « propres à tout, dit-il, en ne se croyant bons à rien, qu'on ne rencontre jamais chez les grands, mais chez eux, quand on a besoin de leurs conseils et services. »

Après la mort de saint Vincent de Paul, la Mission forma trois autres établissement dans l'État génois. Tous, notamment celui de Gênes, à la fois séminaire interne, maison de missions, de retraites et de conférences ecclésiastiques, eurent beaucoup à souffrir pendant la Révolution. Les Missionnaires furent tour à tour, et plus d'une fois, dispersés et réunis. Trois de ces maisons, celles de Gênes, de Savone et de Sarzane, résistèrent à la tourmente, jusqu'à leur complète suppression en 1810. En 1815, elles furent rétablies par le gouvernement de Ligurie, et rentrèrent en possession du peu de leurs biens-fonds qui n'avaient pas été aliénés . Elles ont repris aujourd'hui toutes leurs fonctions d'autrefois, aux-

quelles Savoue et Sarzane ont même ajouté la direction d'un collège.

Mission de Corae.

A la république de Gênes appartenait alors la Corse. ! Dans l'espérance de contenir par la religion cette île toujours en révolte contre la métropole, le sénat génois pria Vincent, en 1652, d'étendre sa charité jusqu'à elle. "Vincent accorda bientôt sept de ses prêtres de Gênes, le supérieur Blatiron en tête, auxquels le cardinal Durazzo joignit huit autres ecclésiastiques, quatre séculiers et quatre religieux, bien que des cinq évêchés de la Corse deux seulement, ceux de Mariana et de Nebbio, fussent suffragants de Gênes.

Jamais Mission ne fut plus nécessaire. On connaît la vendetta, aussi célèbre dans les histoires que dans les récits des romanciers et des conteurs : c'est en Corse, dans le cœur de ses habitants, volcanisés comme son sol et ses montagnes, qu'elle semble avoir pris naissance, pour se répandre de là en flots de sang, lave de cette passion barbare. A la férocité des Corses, l'ignorance, l'impiété, le concubinage, l'inceste, le vol, les faux témoignages, les mariages prohibés et le divorce, faisaient un affreux cortège.

Les Missionnaires marchèrent sans s'épouvanter contre ces monstres, et, pour mieux vaincre, ils se partagèrent en quatre corps qui se dirigèrent à la fois sur Campo- Lauro, Il Cotone, Corte et Niolo.

A Campo-Lauro, résidence ordinaire de l'évêque d'Aleria, siège alors vacant, ils eurent à lutter principalement contre la division qui, des deux vicaires généraux, nommés l'un par la Propagande, l'autre parle Chapitre, était passée dans le clergé et dans le peuple. Ils triomphèrent

là, comme à Cotone et à Gorte. Ils soumirent d'abord à la règle du devoir les ecclésiastiques, qu'ils rassemblaient chaque jour après le peuple; ils éteignirent les ûEis^a -1 les vengeances, brisèrent les commerces criminels, et 1 :i remplacèrent par des confréries de Charité.

Mais le centre de la guerre sainte fut à Niolo, vallée de trois lieues de long sur une demi-lieue de large, antourée de montagnes inaccessibles ; lieu de retraite, p*c conséquent, des banditi, qui, à la faveur des rochers dent ils se couvraient contre les recherches des officiers de justice, pouvaient exercer impunément leurs meurtres et leurs brigandages.

Dans le reste des habitants, nul caractère religieux que le baptême • ignorance profonde des premiers éléments de la foi ; absence de toute pratique chrétienne ; tous les vices à la place de toutes les vertus. C'était d'abord la vengeance, première leçon inculquée aux enfants, instinctivement pratiquée par eux, comme chez les petits des bêtes féroces ; vengeance qui prenait toutes les formes : larcin, faux témoignage en justice, et toujours assassinat. C'étaient ensuite des cohabitations avant le mariage et aussitôt après les fiançailles, des unions avant 1 âge nubile et dès la première enfance, et, partant, des concubinages plus ou moins prolongés, quelquefois définitifs et héréditaires, des divorces multiples, des incestes frappés de censures.

A ces maux les Missionnaires opposèrent d'abord l'instruction religieuse ; puis ils vinrent à bout de séparer les concubinaires et les excommuniés ; ils réconcilièrent les uns avec Dieu, les autres aussi avec l'Eglise ; parmi ces derniers, hélas ! quelques prêtres ; enfin, ils songèrent à rétablir la paix et la charité parmi ce peuple féroce. C'était tenter humainement l'impossible. Pendant quinze jours ils travaillèrent sans arracher ni une haine des m. 3

cœurs, ni une arme des mains. On venait à la prédication, mais en équipage de guerre, l'épée au côté, les pistolets et les dagues à la ceinture, le fusil sur l'épaule, la vengeance dans l'âme. A peine le Missionnaire prononçait- il le mot de pardon des injures, qu'aussitôt, dans la crainte d'être touchés, tous sortaient de l'église.

Cependant la Mission va finir. Le Missionnaire est en chaire et parle encore de pardon. Déjà les talons se tournent. A bout de voie, il tire son crucifix : «Que tous ceux qui veulent faire miséricorde à leurs ennemis, s'écrie-t-il, viennent baiser les pieds du Dieu de miséricorde ! » A cet appel, tous se regardent, mais restent immobiles. Le Missionnaire va descendre ; il cache son crucifix et menace de la vengeance de Dieu tous ceux qui songent à se venger des hommes. Même insensibilité ! Alors un capucin se lève : « 0 Niolo ! s'écrie -t-il, infortuné Niolo, tu veux donc périr sous la malédiction de Dieu ! » Soudain les rangs s'ouvrent et livrent passage à un curé dont le neveu venait d'être assassiné. • C'est moi, dit-il, qui commencerai !» Il se prosterne, baise le crucifix, et, appelant le meurtrier, présent dans l'assemblée : « Venez, dit-il, que je vous embrasse après mon Dieu. » Un autre prêtre suit, puis une telle multitude, que, pendant l'espace d'une heure et demie, ce ne fut dans l'église que réconciliations et embrassements. Et pour tout sceller sur la terre comme au ciel, on voulut qu'un notaire en dressât un acte authentique.

Le lendemain fut vraiment un jour de communion générale, communion avec Dieu, communion entre les hommes, communion de peuple à pasteur, et de pasteur à peuple.

a Tout le monde a-t-il fait la paix avec ses ennemis ?» demande alors le Missionnaire. Un curé se lève et prononce plusieurs noms. Ceux-ci s'approchent à leur tour,

MISSION DE COKSD. 59

adorent le Saint-Sacreinent exposé, pardonnent et s'embrassent. «. 0 Seigneur ! s'écrie en terminant le pieux Missionnaire dont nous abrégeons le récit ; quelle édification à la terre, et quelle joie au ciel ! » Après avoir mis la dernière main à leur œuvre, les Missionnaires se rendirent au rivage, où les attendait une galère envoyée par le sénat de Gênes. Ils étaient accompagnés d'une multitude encore armée ; mais, cette fois, les armes ne furent déchargées qu'en signe de joie et de reconnaissance, ou pour saluer leur départ.

Sept ans après, le sénat de Gênes voulut fonder en Corse une Mission permanente. Vincent en reçut la proposition avec reconnaissance, mais il y vit deux graves difficultés : il n'avait pas d'hommes parlant italien et formés pour cet emploi ; puis il craignait d'indisposer les évoques, sur le revenu desquels la république avait l'intention de prélever les 400 écus annuels destinés à l'entretien des Missionnaires de Corse. Son avis fut donc de différer cet établissement, et de se borner, en attendant, à une mission semblable à celle de 1652. Le cardinal Durazzo, qui avait ce projet à cœur, trouva moyen d'éluder la principale difficulté. Il ne s'agissait plus que d'un petit établissement dans l'un des évêchés de Corse, sous obligation pour les Missionnaires de parcourir les autres diocèses de l'île ; et on leur assignait pour leur subsistance un fonds indépendant, sans imposer un odieux tribut sur les terres épiscopales. L'avant dernier jour de sa vie, Vincent écrivait encore, plein d'admiration et de reconnaissance, pour adhérer à cette combinaison ; mais sa mort vint tout interrompre *. La Mission de Corse ne fut fondée à Bastia qu'en 1 678 ;

1. Lett. à Pesnelle, à Gènes, des 9, 16 et 23 mai 1659, et à Jolly, à Rome, du 24 septembre 1660.

supprimée, en 1798, par la révolution française, elle n'a jamais été rétablie.

Mission de Piémont et de Naples. — Missions d'Italie jusqu'à nos jours.

La Mission de Turin fut fondée par le Marquis de Pianezze, premier ministre d'État du duc de Savoie, homme aussi zélé pour les intérêts de Dieu que pour ceux de son prince. Quand la peste fit tant de vides dans les rangs des Missionnaires de Rome et de Gênes, le marquis de Pianezze fournit aux moyens de former, dans la maison de Turin, des Français capables de travailler dans toute l'Italie, en même temps que Jolly fondait à Rome, dans le même dessein, un séminaire interne.

Le marquis de Pianezze demandait d'abord deux, puis six Missionnaires, pour desservir à Turin une église miraculeuse du Saint-Sacrement, sans qu'il leur fût permis d'évangéliser les campagnes, à moins que, sur le revenu de la fondation, ils ne trouvassent le moyen d'entretenir des ouvriers supplémentaires. Vincent chargea Blatiron d'aller à Turin représenter au marquis de Pianezze qu'une telle condition était contraire à l'institut, et que la Compagnie ne pouvait accepter la donation qu'autant que le service de l'église miraculeuse serait compatible avec ses fonctions essentielles, à savoir l'apostolat des champs et l'éducation du clergé ' . Le marquis de Pianezze dut renoncer à son premier dessein.

La Mission de Turin fut fondée en 1655, et ne se composa d'abord que de quatre Missionnaires. Vincent appela

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