‹ Saint Vincent de PaulChapitre 102 sur 159 · Nous devons communication de < à l'obligeance de · texte numérisé non relu

Nous devons communication de < à l'obligeance de

M. Laverdet. Il remplit neuf pages et demie în-iolio, à mi- marge, format d'agenda.

Et pour mieux faire entendre cela, le saint trace l'historique des questions de la grâce depuis Pelage jusqu'à Baïus et à Jansénius, dont les opinions, dit-il, «* ont été autorisées par Fabbé de Saint-Gyran et son parti. »

3° Il prouve ensuite la croyance de l'Église par l'Écriture, les Conciles, les Pères, et enfin par la raison : ce Et certes, s'écrie le charitable prêtre, je ne sais comment Dieu, étant une bonté infinie qui ouvre tous les jours les bras pour embrasser les pécheurs, Expandi manus meas quotidis..., aurait le cœur de refuser des grâces à tous ceux qui les lui demanderaient, et se laisserait surmonter par la bonté de David, qui était empressé de trouver quelqu'un de la maison de son ennemi pour lui faire miséricorde. »

Il ajoute que si Dieu refusait ses grâces à quelques hommes, il n'aurait plus le droit de commander, ni de punir : par conséquent, plus d'enfer ; que si l'homme n'agissait que par nécessité, il n'y aurait plus de mérite : « Quel mérite, demande-t-il, a un forçat de saluer le général des galères ? Un gentilhomme libre de la province lui fera plus d'honneur en le saluant que dix mille forçats 4. » Plus de mérite : par conséquent, plus de récompense, plus de paradis. En attendant, et sur cette terre, plus de bonnes œuvres. « Et de là vient, en effet, que l'un dès auteurs de ces belles opinions (Saint-Gyran), dès qu'il entra là-dedans, il quitta le jeûne et l'abstinence, et ne célébra la sainte messe qu'il célébrait auparavant tous les jours ; et que son autre lui-même (Arnauld) n'a jamais fait aucuns actes de vertu aux yeux de ceux qui l'ont fréquenté. »

Après cette condamnation si péremptoire, dans une bouche si charitable, des deux apôtres du jansénisme en

t C'est bien ia une comparaison de l'aumônier général des galères.

France, le saint réfute les objections des sectaires, et engage ses auditeurs à se confirmer et à persévérer dans la croyance de l'Église.

Sans doute, Vincent n'était point un docteur de profession. A d'autres la polémique, les savants écrits : c'était là particulièrement l'affaire des jésuites, toujours armés en guerre contre l'erreur ; à lui l'action, mais l'action libre et intelligente. Sous ce rapport, nul n'a plus fait que lui contre le jansénisme, et Gerberon a eu raison de l'appeler « un des plus dangereux ennemis qu'eussent les disciples de saint Augustin 4. » Toute la suite du récit prouvera que jamais injure n'a été mieux méritée.

Ses démarches auprès des évêques. — Ses lettres.

Le projet de Vincent était d'obtenir le plus de signatures épiscopales possible à la lettre rédigée par Habert, afin de présenter «elle-ci à Rome comme la voix unanime de l'épiscopat des Gaules. Après avoir fait signer les évêques présents à Paris et ceux avec lesquels il avait des relations plus intimes, il adressa aux autres, au mois de février 1651, la lettre-circulaire suivante :

« Les mauvais effets que produisent les opinions du temps ont fait résoudre un bon nombre de Nosseigneurs les prélats du royaume d'écrire à N. S. P. le Pape, pour le prier de prononcer sur cette doctrine. Les raisons particulières qui les y ont portés sont : 1° que, par ce remède, ils espèrent que plusieurs se tiendront aux opinions communes, qui sans cela pourraient s'en écarter ; comme

i. Hisi. yeiun . du jam t. I. p. 39\i.

il est arrivé de tous, quand on a vu la censure des deux chefs qui n'en font qu'un ; 2° c'est que le mal pullule parce qu'il semble être toléré ; 3° on pense à Rome que la plupart de Nosseigneurs les évêques de France son t dans ces sentiments nouveaux, et il importe de faire voir qu'il y en a très-peu ; 4° enfin, ceci est conforme au saint concile de Trente, qui veut que, s'il s'élève des opinions contraires aux choses qu'il a déterminées, on ait recours aux Souverains Pontifes pour en ordonner. Et c'est ce qu'on veut faire, Monseigneur, ainsi que vous verrez par la même lettre, laquelle je vous envoie, dans la confiance que vous aurez agréable de la signer après une quarantaine d'autres prélats qui l'ont déjà signée, dont voici la liste, etc. »

Cette circulaire fut reçue avec toute la déférence que le saint prêtre avait inspirée depuis longtemps à l'épiscopat. Presque tous les prélats lui renvoyèrent la copie de la lettre d'Habert revêtue de leurs signatures. Auprès de quelques-uns cependant il eut à insister, ou même il échoua. L'évêque de Luçon, Pierre de Nivelle, ne fit point de réponse. Vincent, pour obéir au précepte de l'apôtre : « Insiste à temps et à contre-temps ; supplie en toute longanimité * », écrivit une seconde fois, le 23 avril 1651 :

« Monseigneur, il y a quelque temps que je me donnai la confiance de vous envoyer la copie d'une lettre que la plupart de Nosseigneurs les prélats du royaume désireraient envoyer à N. S. P. le Pape, pour le supplier de prononcer sur les points de la nouvelle doctrine, afin que, si vous aviez agréable d'être du nombre, il vous plût de la signer. Et comme je n'ai eu l'honneur d'en recevoir aucune réponse, j'ai sujet de craindre que vous ne

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