‹ Saint Vincent de PaulChapitre 104 sur 159 · Mémoires du P. Rapin, t. I, p · texte numérisé non relu

Mémoires du P. Rapin, t. I, p

2. Cette lettre avait été composée à Port-Royal. — La voir, ibid*, p. 380.

tions, et c'est à lui qu'ils rendront compte de toutes leurs démarches. De son côté, Vincent ne négligea rien pour les seconder soit en France, soit en Italie. Il leur obtint tout d'abord des lettres de la cour, et les recommanda à ceux de ses prêtres qui étaient établis à Rome.

Il était temps qu'ils arrivassent. Le séditieux Saint- Amour s'efforçait de persuader aux dominicains qu'on n'en voulait pas moins à la grâce efficace des thomistes qu'à celle de Jansénius ; il leur faisait peur des jésuites, des molinistes, les seuls qui, jusqu'ici, eussent agi à Rome. Du reste, Lui et ses collègues, suivant l'éternelle tactique de la secte, ne cessaient de répéter qu'ils n'étaient point jansénistes, qu'ils voulaient défendre, non Jansénius, mais la grâce de Jésus-Christ ; qu'après tout, le jansénisme n'était qu'un fantôme. Pour bien dessiner les positions et fixer le débat, les docteurs catholiques déclarèrent, de leur côté, qu'ils n'en voulaient qu'à Jansénius, qui depuis dix ans troublait toute l'Église *.

L'affaire était bien engagée. Le bailli de Valencay, ambassadeur de France, sur l'ordre qu'il en avait reçu du roi et de la reine-mère, secondait la bonne cause. Les docteurs regrettaient seulement que le roi, au lieu de se contenter d'écrire à son ministre et au cardinal Barberini, ne se fût pas adressé au pape même, comme avait fait le roi de Pologne. Vincent sollicita, en effet, de nouvelles lettres de la cour 2, dans l'espérance que l'exemple du monarque entraînerait les princes du sang dans une semblable démarche.

Ceux-ci paraissaient bien disposés. Le prince de Condé, père du vainqueur de Rocroy, bien revenu de Saint- Cyran, si jamais il fut pour lui, était engagé dans le parti

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