L«'tiiv i Vincent du 15 juillet
Dieu, appela un de ses secrétaires et lui dicta la Bulle Cum occasione en une matinée. Pour ne point froisser les susceptibilités françaises et lui préparer plus facile réception, il en retrancha les clauses ordinaires de style, la fit afficher aussitôt au champ de Flore, et, dès le jour même, 9 juin 1653, il l'envoya en France, avec un bref particulier pour le roi et un autre pour les évêques. Hallier, Joisel et Lagault durent rester à Rome, par ordre des cardinaux, jusqu'à ce qu'on eût des nouvelles de la réception de la bulle en France.
Les députés catholiques allèrent aussitôt remercier Innocent X, qui, voulant récompenser leur zèle dans la personne de leur chef, et réaliser en quelque sorte l'espérance prophétique de Vincent, offrit à Hallier l'évéché de Toul, et, sur son refus, lui donna un prieuré en Bretagne, en attendant qu'il le fît évêque de Gavaillon ; il ordonna aussi à son dataire de donner les premiers bénéfices vacants à Joisel et à Lagault. Il se montrait alors moins généreux pour le parti contraire : il refusait des bulles à un signataire de Y Augustinus, faisait déposer un général d'ordre fauteur des jansénistes, exilait ou faisait réprimander les religieux suspects de penchant pour la doctrine condamnée.
Il accorda cependant une audience aux députés jansénistes. Ceux-ci le remercièrent de sa déclaration, et promirent avec larmes de s'y soumettre. Mais, en même temps, ils disaient dans Rome qu'ils n'étaient pas condamnés, niJansénius non plus, et tout à l'heure nous les entendrons soutenir en France cette thèse absurde et hypocrite1.
1. Presque tous ces détails sont tirés des lettres de Hallier et de Lagault à saint Vincent de Paul, rapportées par Abelly et par Collet. — Hallier dit encore que les jansénistes s'enfuirent honteusement de Piome, et sans saluer aucun des cardinaux de la congrégation. — Pour plus amples détails sur cette longue affaire, voir les Mémoires du P. Rapin, t. I et TI.