LE PÈRE B0URD01SE
Pamiers ; du Ferrier et les deux frères Brandon. Pour s'attacher à lui, Olier laissa même son premier directeur Vincent de Paul, à qui néanmoins il resta toujours uni par le plus religieux respect et la plus sainte confiance. « Pour les affaires extraordinaires, avait-il coutume de dire, nous ne manquons pas de voir M. Vincent ; » ou bien encore : « M. Vincent est notre père. »
Le P. de Gondren ne s'expliqua jamais avec ses disciples du dessein qu'il avait sur eux, si ce n'est la veille de sa mort, arrivée en 1641. Il voulait leur laisser un mémoire, qu'il n'eût pas le temps de rédiger. Mais il leur laissa mieux : son esprit, dont nous verrons bientôt la fécondité créatrice.
Le Père Bourdoise.
En attendant, bien des essais, bien des œuvres même avaient eu pour objet la réforme et la sanctification du clergé. En tête de tous leurs promoteurs dans les premières années du xvne siècle, il faut placer Adrien Bourdoise, à qui Godeau { attribue le même honneur d'initiative que Tabaraudà Bérulle, mais sans plus de raison. Cet homme, comparé à Élie pour l'ardeur de son zèle, à Jean- Baptiste pour sa sainte liberté à reprendre les petits et les grands, se consumait de douleur à la vue des scandales du clergé et du dépérissement de la discipline ecclésiastique. « Quoi ! s'écriait-il, l'on dresse des académies pour la noblesse, où les jeunes gens gentilshommes se forment à l'honneur et au métier des armes ; il n'est pas de métier, si chétif qu'il soit, qui n'exige plusieurs années d'apprentissage de ceux qui en veulent faire pro-