‹ Saint Vincent de PaulChapitre 12 sur 159 · traité des Scminaii s · texte numérisé non relu

traité des Scminaii s

ion, avant de les admettre au rang des maîtres : il n'y a que l'état ecclésiastique, destiné aux fonctions les plus importantes et à des ministères tout divins, dans lequel on entre sans y apporter presque aucune préparation ! » Et alors Bourdoise entrait en une sainte colère, et éclatait en sarcasmes qui n'épargnaient personne. Il y avait quelque chose de providentiel dans l'âpreté, larudesse et l'importunité de son zèle, car il fallait réveiller malgré lui le clergé endormi. Un disciple d'Olier a dit de Bourdoise: «On pouvait lui appliquer les paroles que les scribes et les pharisiens adressèrent à Notre- Seigneur dans un un esprit de malice : « Nous savons que vous êtes véridique, et que vous enseignez en vérité la voie de Dieu, sans avoir égard à qui que ce soit : et non est tibi cura de aliquo. » Il était sans respect humain, disait à chacnn la vérité sans crainte, sans déguisement, quoique d'une manière assez singulière. Il est vrai que cette manière paraissait choquer la prudence humaine, mais elle était pleine de la prudence des saints ; et tout en excitant quelquefois à rire, elle ne laissait pas d'avoir de très-bons eilèts. »

Dès 1612, Bourdoise, simple élève au collège de Reims et non encore engagé dans les ordres, fonda une petite communauté de six membres, la plupart bacheliers en théologie, à qui il imposa la vie commune et la culture des vertus ecclésiastiques. Devenu prêtre, il tint avec ses confrères de nombreuses conférences, et leur adressa plusieurs discours sur les devoirs de leur profession. Sa maison fut bientôt fréquentée par bon nombre d'élèves du collège de Reims, parmi lesquels étaient des fils de famille, et par des ecclésiastiques et des docteurs. De là sortit la réforme du clergé de la ville, qui, avec la soutane, revêtit aussitôt les mœurs de son état. La petite communauté de Bourdoise, connue sous le nom de cléri-

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