‹ Saint Vincent de PaulChapitre 122 sur 159 · Lettre à Tholard, du 12 décembre · texte numérisé non relu

Lettre à Tholard, du 12 décembre

bassins des fontaines, lesquels se remplissent d'eau avant que d'en verser aux autres, non les canaux qui s'en vident pour autrui avant qu'ils s'en soient remplis eux-mêmes. »

Nous pourrions compléter ces enseignements de Vincent par des extraits de ses lettres, dont un grand nombre sont admirables : « Oh ! Monsieur, écrivait-il à un des siens l, qu'un bon Missionnaire est de grand prix ! IL faut que Dieu les suscite et les façonne ; c'est l'ouvrage de sa toute-puissance et de sa grande bonté. C'est pourquoi Notre-Seigneur nous a expressément recommandé de prier Dieu qu'il envoie de bons ouvriers à sa vigne ; car, en effet, il ne s'en trouve point de bons, si Dieu ne les envoie, et de ceux-là, il n'en faut que peu pour faire beaucoup. Douze ont suffi pour établir l'Église universelle, malgré la sagesse humaine, la puissance du monde et la rage des démons. Prions Dieu qu'il communique l'esprit apostolique à la Compagnie, puisqu'il l'a envoyée pour en faire l'office. »

Mais c'est à l'humilité qu'il ramenait toujours : en effet, suivant une de ces expressions, on ne gagne rien avec le démon par l'orgueil, puisqu'il en a plus que nous ; mais on le peut vaincre par l'humilité, arme dont il ne saurait se servir. Il ramenait à l'humilité particulièrement dans le succès : « Je vous prie, disait-il aiors, d'entrer dans ces sentiments, de ne pas prétendre par vos travaux autre chose que confusion et ignominie, et à la fin la mort, s'il plaît à Dieu. Un prêtre ne doit-il pas mourir de honte, de viser à la réputation dans le service qu'il rend à Dieu ? de mourir dans son lit, lui qui a vu Jésus-Christ récompensé de ses travaux par l'opprobre et le gibet ? Rappelez-vous que nous vivons en

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