Lettre du 23 août 1G
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426 SAINT VINCENT DE l'AUL.
vertu et le défaut de progrès dans les affaires de Dieu provient de ce qu'on ne s'établit pas assez sur les lumières de la foi, et qu'on s'appuie trop sur les raisons humaines. Non, non, il n'y a que les vérités éternelles qui soient capables de nous remplir le cœur et de nous conduire avec assurance. Croyez-moi, il ne faut que s'appuyer fortement et solidement sur quelqu'une des perfections de Dieu, comme sur sa bonté, sur sa Providence, sur sa vérité, sur son immensité, etc.; il ne faut, dis-je, que se bien établir sur ces fondements divins pour devenir parfaits et convertir les autres en peu de temps. Ce n'est pas qu'il ne soit bon aussi de se convaincre et de convaincre par des raisons fortes et preignantes qui peuvent toujours servir, mais avec une subordination aux vérités de la foi. L'expérience nous apprend que les prédicateurs qui prêchent conformément aux lumières de la foi, opèrent plus dans les âmes que ceux qui remplissent leurs discours de raisonnements humains et de raisons de philosophie, parce que les lumières de la foi sont toujours accompagnées d'une certaine onction toute céleste qui se répand secrètement dans les cœurs des auditeurs ; et de là on peut juger s'il n'est pas nécessaire, tant pour notre propre perfection que pour procurer le salut des âmes, de nous accoutumer de suivre toujours et en toutes choses les lumières de la foi. »
Voilà pour le fond ; quant à la forme, il la demandait simple et familière : « Ne craignez pas, écrivait -il, d'annoncer aux peuples les vérités chrétiennes dans la simplicité de l'Évangile et des premiers ouvriers de l'Église... La réputation de la Compagnie doit être en Jésus-Christ, et le moyen de l'y mettre et de l'y maintenir est de se conformer à lui, et non pas aux grands prédicateurs... Vous me mandez qu'il vous faut un bon prédicateur, ou qu'il ne faut pas se mêler de prêcher après