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ORDRr: Dt:s missions, etc. \M
convertir. Souvenez-vous bien, Messieurs, des paroles de saint Paul à ce grand Missionnaire saint Timothée : Servum Dei non oportet litigare ; et je puis bien vous dire que je n'ai jamais vu ni su qu'aucun hérétique ait été converti par la force de la dispute, ni par la subtilité des arguments, mais bien par la douceur ; tant il est vrai que cette vertu a de force pour gagner les hommes à Dieu. »
Bonne vie et bons exemples ; exposition solide et simple des vérités chrétiennes ; controverses rares, amenées par l'occasion, et encore dégagées de toutes les questions purement scolastiques ; charité et même respect envers les ministres et autres personnes considérables du parti, et aumône abondante aux plus pauvres ; éloignement des prêches, de la lecture des livres protestants : telles étaient les seules armes qu'il voulait qu'on employât contre les hérétiques, les seuls moyens dont on usât pour retenir et confirmer les catholiques dans leur foi.
« Lorsque le roi vous envoya à Sedan, écrivait-il au supérieur de cette Mission, ce fut à condition de ne jamais disputer contre les hérétiques ni en chaire ni en particulier, sachant que cela sert de peu, et que bien souvent on fait plus de bruit que de fruit. La bonne vie, et la bonne odeur des vertus chrétiennes mises en pratique, attirent les dévoyés au droit chemin et y confirment les catholiques. C'est ainsi que la Compagnie doit profiter à la ville de Sedan, en ajoutant aux bons exemples les exercices de nos fonctions, comme d'instruire le iplè selon notre façon ordinaire, de prêcher contre le vice et les mauvaises mœurs, d'établir et persuader les vertus, montrant leur nécessité, leur beauté, leur e et les moyens de les acquérir : c'est à quoi principalement vous devez travailler: Que si vous dé-
sirez parler de quelques points de controverse, ne le faites point si l'évangile du jour ne vous y porte ; et alors vous pourrez soutenir et prouver les vérités que les hérétiques combattent, et môme répondre à leurs raisons, sans néanmoins les nommer ni parler d'eux. »
Et encore ne voulait-il pas qu'on entrât en dispute avec eux dans toutes les occasions qui semblaient y convier ou même y contraindre. C'est ainsi qu'il répondait, en 1659, à un de ses frères, habile en chirurgie, qui partait, tout effrayé, pour Madagascar, sur un vaisseau où se trouvaient des hérétiques : « Je suis fort affligé de savoir que vous aurez des hérétiques dans votre vaisseau, et, par conséquent, beaucoup à souffrir de leur part. Mais enfin Dieu est le maître, et il l'a ainsi permis pour des raisons que nous ne savons pas ; peut-être pour vous obliger d'être plus retenu en leur présence, plus humble et plus dévot envers Dieu, et plus charitable enversle prochain, afin qu'ils voient la beauté et la sainteté de notre religion, et qu'ils soient par ce moyen excités d'yrevenir. Il faudra soigneusement éviter toutes sortes de disputes et d'invectives avec eux, vous montrer patient et débonnaire en leur endroit, lors même qu'ils s'échapperont contre vous ou contre notre créance et nos pratiques. La vertu est si belle et si aimable, qu'ils seront contraints de l'aimer en vous, si vous la pratiquez bien. Il est à souhaiter que, dans les services que vous rendrez à Dieu sur le vaisseau (comme chirurgien) , vous ne fassiez point acception de personnes, et ne mettiez pas différence qui paraisse entre les catholiques et les huguenots, afin que ceux-ci connaissent que vous les aimez en Dieu. J'espère que vos bons exemples profiteront aux uns et aux autres. »
Maigre sa répugnance pour les disputes, comme elles
ORDRE DES MISSIONS, RTC. IW
sont quelquefois inévitables, Vincent enjoignait à ses Missionnaires d'étudier la théologie polémique, ne fût-ce que pour répondre aux difficultés rapportées par les catholiques de leur commerce avec les protestants. D'ailleurs, selon la maxime de saint Paul, tout chrétien, à plus forte raison tout prêtre, doit être prêt toujours à rendre raison de sa foi, et à réfuter les erreurs contraires. Eue onséquence, il obligeait les siens à faire entre eux des conférences de controverse, et à étudier les ouvrages des plus fameux controversistes du temps. C'est ce qu'il nous apprend lui-même dans une lettre du 21 février 1653 : « Nous exerçons la Compagnie depuis quelque temps aux matières de controverse. Il nous vient céans tous les lundis trois ou quatre personnes de la ville qui ont grâce de Dieu pour convaincre ceux de la religion prétendue réformée, et qui en ramènent grand nombre à l'Eglise, pour nous montrer leur méthode, selon laquelle deux des nôtres disputent chaque fois en leur présence, dont l'un fait le catholique, et l'autre contrefait le huguenot. L'un de ces MM. est M. Giraudon, docteur en théolo
iple du défunt P. Veron1 . » Absent, il s'informait si l'on était fidèle à ces études et à ces exercices : « Etùdiet-on et s'exerce-t-on sur les controverses? écrivait-il de Beauvais, dans une lettre déjà citée, à son suppléant au collège des Bons-Enfants, et y observe-t-on Tordre prescrit ? Je vous supplie, Monsieur, qu'on travaille soigneusement à cela; qu'on tache de bien posséder le P
: il ne se peut dire combien ce petit livret est utile fin 2.»
t. A Lambert, en Pologne.