‹ Saint Vincent de PaulChapitre 135 sur 159 · P;ir le Petit B I ornait un Abrège, on latin, du Ma · texte numérisé non relu

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Vincent de Paul, on le comprend bien, ne s'en tenait pas à ce livret, dont la théologie, du reste, est toute calquée sur celle de Bellarmin ; et, tout en le recommandant spécialement aux prêtres de la Mission, il ne manquait pas de renvoyer à Bellarmin lui-même, comme aussi aux grands controversistes, ceux d'entre eux qui avaient goût et vocation pour des études plus profondes.

Fruits des Missions. — Compagnies de Missionnaires. — Le nom de la Mission.

Qui pourra dire maintenant les fruits des innombrables Missions entreprises par Vincent et par les siens dans un espace de plus de quarante ans, pour ne pas parler de celles, plus innombrables encore, qui ont suivi la mort du serviteur de Dieu ? On en compte au moins quarante de 1617 à 1626, temps du séjour dans la maison de Gondi ; cent quarante pour le temps de la principalité du collège des Bons-Enfants, c'est-à-dire de 1625 à 1632; et de 1632 à 1660, leur nombre dépasserait sept cents

jansénistes se sont déchaînés contre le Manuel et contre l'Abrégé, in odium auctoris, ou plutôt en haine de la Société des jésuites à laquelle il appartenait. Mais le suffrage de saint Vincent de Paul pèse dans la balance au moins autant que leurs diatribes, surtout si on y ajoute l'estime universelle dont jouissaient ces opuscules. Et il est vrai que le jésuite flamand, dont la vie laborieuse fut toute consacrée aux matières de controverse, sur lesquelles il a laissé une multitude d ouvrages, ne méritait pas plus les sarcasmes des sectaires que l'oubli postérieur dans lequel il est tombé; et s'il est resté moins célèbre que les Bellarmin, les Du Perron et les Véron, il n'a peut-être pas rendu, par sa clarté et sa méthode, caractères particuliers de son esprit, et par sa marche cursive qui facilitait la lecture de ses livres, de moindres services à la cause catholique.

FRUITS DES MISSIONS, ETC. loi

pour la seule maison de Saint-Lazare ; à quoi il faut ajouter les Missions plus que jamais incalculables, données, dans le même espace, en plus de vingt-cinq diocèses de France, de Pologne, d'Italie, d'Angleterre, d'outre- mer, par les colonie» de Missionnaires qui y avaient été envoyées.

Jusqu'à la prise de possession de Saint- Lazare, Vincent en fut le plus actif ouvrier, le plus infatigable apôtre. Il ne pouvait quitter ses chers villageois, et il regardait comme un vol fait à ces pauvres gens tout le temps qu'il prélevait sur eux pour le donner à ses autres affaires. Il disait longtemps après : a II me souvient qu'autrefois, lorsque je revenais de mission, il me semblait, approchant de Paris, que les portes de la ville devaient tomber sur moi et m'écraser ; et rarement revenais-je de la mission que cette pensée ne me vint dans l'esprit. La raison de cela est que je considérais en moi-même comme si on m'eût dit : Tu t'en vas, et voilà d'autres villages qui attendent de toi le même secours que tu viens de donner à celui-ci et à cet autre. Si tu ne fusses allé là, vraisemblablement telles et telles personnes, mourant en l'état que tu les a trouvées, seraient perdues et damnées. Or, si tu as trouvé tels et tels péchés en cette paroisse-là, n'as-tu pas sujet de penser que de pareilles abominations se commettent en la paroisse voisine, où ces pauvres gens attendent la mission ? Et tu t'en vas ! tu les laisses là! s'ils meurent cependant, et qu'ils meurent dans leurs péchés, tu seras en quelque m cause de leur perte, et tu dois craindre que I

i punisse. Voilà quelles étaient les agitations i . »

and le soin de sa congrégation, les ordres de ïa cour, ses occupations d'universelle providence du

me et ses infirmités, ne lui permirent plus de s'é-

loigner de Saint- Lazare, il portait une sainte envie aux travaux de ses enfants et aux bénédictions qui les accompagnaient : « Que j'ai de confusion, écrivait-il en 1654, de nie voir siinutile au monde en comparaison de vous!... Certes, Monsieur, je ne puis me retenir ; il faut que je vous dise tout simplement que cela me donne de nouveaux et de si grands désirs de pouvoir, parmi mes petites infirmités, aller finir ma vie auprès d'un buisson, en travaillant dans quelque village, qu'il semble que je serais bienheureux, s'il plaisait à Dieu me faire cette grâce. » Et il avait alors soixante-dix -huit ans ! L'année précédente, en effet, il avait travaillé à la mission de Ruel, comme il eût fait trente ans auparavant, et il en avait annoncé deux autres avec une vigueur étonnante l . Une sainte joie, tempérant la fatigue et la changeant même en remède salutaire, l'avait momentanément guéri de sa fièvre habituelle.

Encore un coup, qui pourra concevoir, pour parler avec le vieil historien de Vincent de Paul, la grandeur, l'étendue et la multiplicité des biens qui sont sortis de là pour la gloire de Dieu et pour l'utilité de son Église ? Combien d'ignorants instruits des choses nécessaires au salât ! Combien de pécheurs tirés du fond croupissant de coupables habitudes par de bonnes confessions générales2 ! Que de sacrilèges réparés ! Que d'inimitiés, que de haines déracinées ! Que de procès terminés à l'amiable ! Que d'usures bannies ! Que d'unions illicites brisées ou purifiées et consacrées par la religion ! Que d'autres scandales ôtés ! Que d'exercices pieux, que de pratiques de charité instituées ou rétablies ! Que d'églises res-

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