MISSIONS DE MONTAUBAN, DE MENDE, ETC
ment pour secourir les catholiques, qui étaient en danger de perdre la foi, ils convertirent encore quatre-vingts calvinistes.
Mêmes travaux, mêmes succès, vers 1635, dans les Cévennes, c'est-à-dire dans les diocèses d'Alais, d'Uzès, de blende, et dans une partie du Vivarais. Par la prise de Privas, en 1629, le roi s'était ouvert le chemin de ce pays montagneux, qui était la pépinière, la retraite et le passage des armées rebelles depuis le commencement des guerres civiles ; et le duc de Rohan, qui le défendait, avait dû faire sa soumission et consentir à la démolition de toutes les forteresses. Non-seulement les armées, mais les ministres du protestantisme, étaient cantonnés dans ces montagnes, d'où ils descendaient dans les plaines voisines pour y conquérir les catholiques à l'erreur. Sitôt que le pays fut soumis au roi, Sylvestre de Crusy de Marcillac, évêque de Mende, exposa à Vincent la situation de son troupeau et lui demanda du secours. Vincent n'avait alors personne sous la main ; mais, ne pouvant tenir contre les sollicitations de l'évêque de Mende, il se sentait pressé de partir lui-même et d'aller travailler dans ces montagnes jusqu'à son dernier soupir \ lorsque de nouveaux embarras et une chute dangereuse le retinrent à Paris. Bientôt il put envoyer à sa place deux de ses prêtres, qu'il eut d'abord à soutenir contre d'énormes difficultés. Il les en félicitait, bien loin de les en ] Laindre, car, leur écrivait-il, un prêtre de Jésus-Christ doit-il, à son exemple, prétendre autre chose de ses travaux que la honte, l'ignominie et la mort même ? D'ailleurs, il les consolait en leur disant que les Missions les plus fructueuses avaient toujours de douloureux commencements; et, en attendant, il les exhortait à la patience,