Lettre à, du Coudray, du ici lévrier 1W
à la douceur envers les hérétiques, blâmant sévèrement l'un d'eux d'être allé jusque dans leur prêche les provoquer à la dispute * .
Ces deux prêtres et les autres ouvriers que Vincent continua d'envoyer dans ces affreuses montagnes, méritèrent bientôt ce témoignage, que l'évêque de Mende leur rendit dans une lettre à Vincent de 1642 : « J'estime plus le travail que les vôtres font à présent dans mon diocèse que je n'estimerais cent royaumes. » Ils semaient, et l'évêque n'avait plus qu'à marcher derrière eux pour moissonner. L'année suivante, dans le cours de ses visites pastorales, il reçut l'abjuration de trente à quarante huguenots, et un nombre égal, toujours préparé par Ljs Missionnaires, était sur le point de ren trer aussi dans le sein de l'Église.
Dans le même temps, d'autres Missionnaires parcouraient le Velay et le Valentinois, travaillant à côté de saint François Régis, l'apôtre de ces provinces, mais dans le plus parfait accord et sans aucune jalouse émulation. D'autres encore travaillaient dans le diocèse de Bordeaux (1634), aux ordres de Henri d'Escoubleau, frère et successeur de ce cardinal de Sourdis, avec qui nous avons vu Vincent en rapports intimes. En 1634 encore, et dix années avant leur établissement définitif, ils avaient été pris en quelque sorte à l'essai par Jacques Raoul, évêque de Saintes ; essai qui réussit au point que bientôt l'évêque conjura Vincent d'accorder à son peuple un secours fixe et permanent ; ce qui eut lieu en 1644. Le succès des Missionnaires, particulièrement parmi les hérétiques, fort nombreux en ce diocèse, venait de leur méthode, consistant à exposer aux peuples, sans disputes, la beauté de la religion catholique. Les huguenots accouraient à eux,