‹ Saint Vincent de PaulChapitre 141 sur 159 · MISSIONS DE MONTADBAN. DE MENDE, ETC · texte numérisé non relu

MISSIONS DE MONTADBAN. DE MENDE, ETC

disaient-ils, comme à des ouvriers de la primitive Église, et les plus endurcis, des vieillards, ébranlés par leur conduite et vaincus par leurs prières, venaient entre leurs mains abjurer l'hérésie. Aussi quelle autorité ils avaient sur les peuples! ils pouvaient se montrer jusque dans les places publiques et briser devant tous l'instrument de danses lascives. Quelle douleur à leur départ d'une paroisse ! ce n'étaient que larmes et gémissements, et ils ne se frayaient la voie que par une sorte de violence.

En 1635 encore, nous les avons vus établis à Toul ■ ; en 1636, cinq ou six d'entre eux travaillèrent avec Olier, abbé de Pébïac, dans le diocèse de Saint-Flour. Portail, le plus ancien, le plus considérable de tous, eut la supériorité de cette Mission, à cause de son âge et de son expérience 2. Quoique le zèle et les succès des Missionnaires eussent attiré auprès d'eux plusieurs prêtres des environs, bientôt ils ue purent suffire à la tache, et Olier dut écrire à saint Vincent et aux ecclésiastiques de la conférence, tant pour rendre compte, suivant l'usage, de leurs travaux, que pour demander de nouveaux ouvriers. Sa lettre, datée de Vieille-Brioude, le jour de Saint-Jean, 24 juin 1636, déjà connue en partie par Abelly, a été rapportée en entier par son dernier historien 3 :

« Messieurs,

« Je ne puis être plus longtemps absent de votre compagnie sans vous rendre compte de nos travaux. La Mission commença le dimanche après l'Ascension, et elle a

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