‹ Saint Vincent de PaulChapitre 142 sur 159 · Vie de M. Olier, t. I, p · texte numérisé non relu

Vie de M. Olier, t. I, p

duré jusqu'au 15 de ce mois. Ce jour, qui était la fête patronale du lieu, oh voulut que le soir, en présence du Très-Saint-Sacrement, j'adressasse les adieux au peuple: ce qui se fit avec toute révérence pour la majesté du Dieu qui présidait, et aussi avec tant de larmes et de soupirs, qu'il faudrait, je pense, y avoir été pour le croire. Dieu soit béni ! La même chose était arrivée lorsque nous fîmes la procession des petits enfants, et au moment de leur communion.

« Au commencement, le peuplé venait selon que nous pouvions le souhaiter, c'est-à-diré autant que nous pouvions suffire à l'entendre en confession ; et cela, Messieurs, avec de tels mouvements de grâce, que, de tous côtés, il était aisé de savoir dans quels endroits les prêtres confessaient les pénitents : les soupirs et les sanglots de ceux-ci se faisaient entendre de toutes parts. Mais, sur la fin, le peuple nous pressait si vivement, et la foule était si grande, qu'il nous fallait parfois douze ou treize prêtres pour subvenir à l'ardeur de ce zèle. On voyait ce bon peuple demeurer dans l'église sans boire ni manger, depuis la pointe du jour jusqu'à la dernière prédication, malgré la chaleur, qui était extraordinaire, atteiidant la commodité de se confesser. Quelquefois, en faveur de ceux qui venaient de loin, nous étions contraints de faire deux heures, et plus, de catéchisme, et tous en sortaient attssl affamés qu'en y entrant : cela nous laissait tout confus. Il fallait faire le catéchisme de la chaire dti prédicateur, n'y ayant point de place dans l'église, et même les environs du cimetière, les portes et les fenêtres, étant chargés de peuple ; la même chose se voyait au sermon du matin et à celui du soir, qu'on nomme le grand catéchisme ; sur quoi je ne puis rien dire, sinon ces paroles : Benedictus Deus ! BeHedictus Deus ! Béni soit Dieu, qui se communique si libérale-

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