‹ Saint Vincent de PaulChapitre 15 sur 159 · FAIBLES RÉSULTATS. — SÉMINAIRES-COLLÈGES · texte numérisé non relu

FAIBLES RÉSULTATS. — SÉMINAIRES-COLLÈGES

mière était de décider quelle forme on donnerait à ces sortes d'établissements. D'après le concile de Trente, les décrets des conciles provinciaux et les ordonnances de nos rois, ils n'étaient destinés qu'à de jeunes enfants. Tels ils furent, en effet ; mais bientôt ils s'éteignirent ou dégénérèrent en collèges, d'où il ne sortait presque pas de prêtres. Le séminaire établi à Limoges par messieurs de Ventadour ne produisit pas un seul prêtre en vingt ans. Ainsi en fut-il des autres séminaires d'oratoriens fondés à Langres par Sébastien Zamet, à Auch par Léonard de Trapes, à Maçon par Gaspard Dinet, à Lyon par Denis de Marquemont ; et encore à Luçon, au Mans, à Toulouse, etc. Saint-Magloire lui-même, fondé vers 1620, attendit vingt-deux ans, quoique décoré du titre de séminaire diocésain, pour ouvrir ses exercices ; et, quand il les ouvrit en 1642, il n'eut que de faibles commencements, parce que le cardinal de Richelieu, qui avait donné au P. Bourgoing, comme à saint Vincent de Paul, une somme pour l'œuvre des séminaires, mourut sans lui laisser de fondation.

Les autres séminaires dont il a été fait mention plus haut n'eurent pas un autre caractère, ni de suites plus heureuses. Ainsi le séminaire établi d'abord à Paris par te cardinal de Joyeuse pour vingt-deux ou vingt-quatre jeunes clercs, sous la conduite des oratoriens, puis transféré à Dieppe, en 1614, sous la même direction, enfin à Rouen, où il passa aux mains des jésuites, ne produisit ce qu'était en droit d'en attendre la générosité de son fondateur. « A peine voit-on un de ces jeunes clercs qui réussisse, » disait Vincent de Paul encore en 105o Aussi la fondation dut être enfin affectée à nourrir trente pauvres écoliers, que, du nom de leur bienfaiteur, on appela les Joyeuses.

De même du séminaire de Reims, qui ne se soutint

o^ SAINT VINCENT DE PAUL.

qu'environ vingt ans. « Au bout de vingt ans, dit l'historien de Bourdoise, il dégénéra si fort, que les ecclésiastiques qu'on y élevait ne servaient plus que de laquais à messieurs les chanoines pour leur porter la queue lorsqu'ils allaient au chœur, d'où ils prirent le nom de eaudatait es. » On essaya dé le rétablir en 1625; mais il était déchu encore, lorsque Valençay fut transféré, en 1641, de Chartres à Reims. Bordeaux eut bientôt la même destinée, malgré tous les efforts du cardinal de Sourdis.

Nous ne citons que pour mémoire le séminaire des Trente-Trois fondé à Paris dans l'hôtel d'Albiac, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, vis-à-vis le collège de Navarre, par le P. Bernard, en action de grâces de la naissance de Louis XIV, et ainsi appelé du nombre des années que Notre-Seigneur a passées sur la terre. Il était destiné à de pauvres écoliers qui montreraient de la vocation pour le sacerdoce, et leur fournissait les moyens d'achever leurs études. Bien qu'il en soit sorti un grand nombre de laborieux ouvriers pour l'exercice du ministère et pour les Missions du dedans et du dehors, ce n'était encore qu'un séminaire-collège, dont les sujets devaient passer en d'autres mains pour être directement et prochainement disposés au sacerdoce.

Ainsi doit-on dire du séminaire de Valence, établi, en 1630, par Christophe d'Authier de Sisgau, fondateur d'une association de prêtres missionnaires. Sans doute, dans la plupart de ces écoles, notamment dans celles qui étaient dirigées par les oratoriens et les jésuites, on enseignait la théologie concurremment avec les humanités ; mais le mélange des âges, la confusion des études, le caractère vague ou hybride d'une éducation qui ne pouvait s'appliquer exclusivement à des candidats sérieux du sacerdoce: toutes ces causes, et beaucoup d'autres encore, ruinèrent ou dénaturèrent ces établissements. Bourdoise

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