‹ Saint Vincent de PaulChapitre 151 sur 159 · LETTRE DE LA MÈRE ANNE DE LAGE A SAINT- CYR AN · texte numérisé non relu

LETTRE DE LA MÈRE ANNE DE LAGE A SAINT- CYR AN

(( Puisque vous m'avez commandé de vous écrire mes petites difficultés sur le sujet de la confession, je le ferai en toute simplicité. La première est sur ce que vous m'avez dit que l'absolution n'est qu'une marque du pardon octroyé, et qu'elle ne confère pas la grâce, mais déclare seulement que l'âme y est rentrée par la douleur de pénitence. Car il semble que si c'est une déclaration du pardon déjà accordé, que l'absolution serait en quelque sorte inutile, si elle ne sert de rien qu'à, déclarer que Dieu pardonne la faute. Le catéchisme du cardinal Bellarmin, dressé par le commandement du pape Clément VIII, dit expressément que Dieu intérieurement, par le moyen des paroles du prêtre, défait le nœud qui tenait l'âme liée, et lui donne la grâce ; de sorte que, selon son opinion, la grâce est attachée aux paroles de l'absolution, supposé la disposition du pénitent. Je vous ai dit, Monsieur, une autre difficulté sur le sujet de l'attrition, à quoi vous m'avez répondu que c'était un abus de croire qu'en la confession le pénitent d'attrit fût rendu contrit ; de sorte

que je crois qu'il est très-raisonnable, et même nécessaire, que l'âme se dispose par un plus long temps à la pénitence et à la douleur de ses fautes avant que de recevoir l'absolution, vu qu'il se rencontre rarement que l'âme soit dans la disposition d'une vraie repentance, dans le temps d'une courte confession. Mais ce qui m'étonne en ceci, est comme il se peut faire qu'une vérité si nécessaire et si importante soit universellement cachée, non-seulement à ceux qui ont introduit cette nouveauté en l'Église, mais encore à tant de grands et savants prélats et docteurs, qui ne peuvent être en cela aveuglés de leur intérêt, et qui ont pu, par leur savoir et la connaissance de l'ancienne discipline de l'Église, connaître cette vérité, et avoir remarqué l'origine de ce changement si grand et si important qui se soit fait à la vue de l'Église, sans qu'elle y ait remédié.

« J'avais aussi eu quelque difficulté sur ce qui serait de différer longtemps l'absolution, parce qu'il me semblait avoir ouï dire que la pénitence que l'on faisait en l'ancienne Église plusieurs années durant pour un péché mortel, c'était seulement pour satisfaire à la peine et non que l'absolution fût différée ; mais j'ai trouvé la même chose que vous m'avez dite dans un livre, et j'ai vu que je m'étais trompée. Je vois bien, Monsieur, que le diable m'a voulu embarrasser l'esprit en y mettant confusément plusieurs difficultés qui se sont quasi toutes évanouies ; et sans que vous m'ayez mandé de vous les mander, je crois que celles que je vous ai remarquées s'en fussent allées en fumée après les autres, hormis celles de l'étonnement où je suis, de voir comme tout le monde presque ignore cette vérité. La discrétion me devrait empêcher de vous dire une de celles qui me brouilla le plus à l'abord, mais la parfaite confiance que j'ai en vous, Monsieur, m'empêche de vous la celer. C'est qu'il m'est venu

plusieurs pensées pour me détourner de la croyance que

je dois à ce que vous m'avez dit, quasi toutes fondées

sur cette créance générale du contraire que j'ai trouvée

1 en tous ceux avec qui j'ai traité. Cela m'a obligée à

I chercher quelque chose pour appuyer ce que vous m'avez

[ dit. Mais comme nous n'avons pas les livres qui traitent

j de cela, j'ai quasi trouvé le contraire partout, hormis

i dans une bible qui est à ma sœur d'Abain, où il y a à la

/ fin un traité des passages falsifiés par les hérétiques, et

des annotations sur chaque page tirées des saints Pères.

J'ai trouvé, en quelques-unes de celles qui parlent de la

pénitence, la confirmation de ce que vous m'avez dit.

C'est bien vous témoigner, Monsieur, que je vous ai une

confiance tout entière, de vous dire tout cela ; certes, je

la sens plus grande en mon cœur qu'une fille ne saurait

avoir en son père, et je vous supplie très-humblement,

Monsieur, me permettre de vous appeler dorénavant de

ce nom, comme plus convenable à l'entière soumission

que je désire rendre à vos avis.

« Je vous supplie de m'en donner un sur ce que j'avais autrefois eu envie d'avoir l'Abrégé de l'histoire de l'Église du cardinal Baronius, qu'on m'a dit être en français. Si vous jugez que j'en puisse tirer du profit, j'essayerai de l'avoir. J'ai ouï dire qu'il y avait parmi cela de certaines choses qui ne seraient pas propres pour des filles : je me les ferai marquer pour ne pas les lire. J'aime le premier état de l'Église, et cette perfection des anciens chrétiens. Il me semble que j'ai plus de dévotion à ces saints successeurs des apôtres qui ont orné l'Église de leur sang et de leurs écrits qu'aux autres.

« On écrit beaucoup en ce siècle, mais tout ce que la plupart écrivent ne sont que paroles, avec si peu de solidité, qu'en vérité, hors les livres de notre bienheureux père, je n'en trouve quaai point de ceux de ce temps à

PIÈCES JUSTIFICATIVES. Ml

mon goût. Je vous supplie aussi de me mander si nous

pourrions trouver un livre de psaumes où le français ei

1 le latin fussent imprimés ensemble simplement comme

| ils sont dans la Bible, parce que je désirerais bien les

■ avoir ainsi pour pouvoir entendre le sens de ce que l'on

dit à l'office. C'est un des livres de la sainte Écriture dont

il me semble que l'on peut tirer plus de dévotion, même

pour l'exercice de la pénitence ; mais je ne les aime point,

en phrase ni en vers ; il me semble que la traduction

m'est plus utile.

« Je ferai, mon père, ce que vous me mandez avec l'aide de Dieu, et me laisserai tout en son soin, prenant seulement celui de lui satisfaire autant que je pourrai pour mes péchés. Je n'ai pas pu vous faire réponse par votre homme, car il a fallu que j'aie lu votre lettre plus d'une fois pour la comprendre, et du temps pour y répondre. Je vous supplie très-humblement de me vouloir honorer de la qualité de votre très-humble et obéissante fille et servante. »

TÉMOIGNAGE de m. vincext

SUR LK SIMET OR L'AHBK I»K SAOfT-GTRAN. DBS :?1 MARS ET > AVRIL 1639.

Je Vincent de Paul, supérieur de la congrégation des prêtres de la Mission, âgé de cinquante- neuf ans ou enviviron, après serment de dire la vérité sur mes saints ordres, reconnais que voici les faits et les réponses que j'ai faites ensuite par-devant M. de Lescot, docteur en rhéologie et professeur du roi en icelle, et député par- Monseigneur l'Éminentissime cardinal duc de Richelieu, en vertu de la commission qui a été donnée à son Émii» Kl

nence par Monseigneur l'Illustrissime et Révérendissime Jean-François de Gondi, archevêque de Paris, sur le sujet du procès qui se fait contre M. l'abbé de Saint-Gyran, détenu prisonnier au château du bois de Vincennes, à cause des opinions particulières et contraires à l'Église qu'il est accusé de tenir.

1. Je reconnais que la lettre qui m'a été représentée par ledit sieur de Lescot, et laquelle j'ai signée et parafée de ma main, est celle-là même qui m'a été écrite et envoyée par ledit sieur de Saint-Gyran, datée de Paris du 20 novembre 1637, souscrite du nom de l'abbé de Saint- Cyran, et comprise en quatre pages et demie.

Plus, je dis que je connais ledit sieur de Saint-Gyran depuis quinze ans ou environ, et que pendant ledit temps de quinze ans, j'ai eu assez grande communication avec lui, et j'ai reconnu un des plus hommes de bien que j'aie jamais vus.

Que sur la fin de l'année de 1637, environ le mois d'octobre, je fus trouver ledit sieur de Saint-Gyran en sa maison à Paris vis-à-vis les Chartreux, et lui donnai avis des bruits qui couraient de lui, savoir de quelques opinions ou pratiques contraires à la pratique de l'Église, qu'on disait être tenues par lui, et ne me ressouviens pas du nombre, mais seulement me souviens d'une qui est qu'il faisait faire pénitence à quelques personnes trois ou quatre mois avant que de leur donner l'absolution, et de quelques autres qui sont ici dessous.

Lequel avis il reçut assez paisiblement, et ne me ressouviens point de la réponse qu'il me fit pour lors distinctement : ce qui se passa entre ledit sieur de Saint- Gyran et moi seulement, et sans qu'aucune autre personne y fût présente.

Qu'il me semble que l'abbé Olier, M. l'abbé Gaulet, M. l'abbé de Prières, m'avaient dit que M. de Saint-Gyran

tenait la pratique susdite, et m'avaient dit quantité d'autres choses de lui dont je ne me ressouviens pas.

Que M. l'abbé Gaulet m'ayant dit qu'il avait communiqué avec M. l'abbé de Saint-Cyran, et qu'il lui avait paru quelques opinions particulières en lui, et me demandant, à ce qu'il me semble, s'il devait prendre direction de lui, je dis audit sieur Caulet que puisqu'il trouvait difficulté auxdites opinions, il ne se soumît point à sa direction, et ne sais si je lui dis qu'il ne le fréquentât pas.

Je ne sais en quel temps je reçus ladite lettre, ni par qui elle m'a été adressée ni rendue.

Jamais il ne m'a dit ce qu'il trouvait à redire en notre congrégation, ni des manquements dont il parle dans sa sa lettre susdite.

Je ne me ressouviens point d'avoir jamais défendu à ceux de notre congrégation de fréquenter ledit sieur de Saint-Cyran.

Je ne sais ce qu'il veut dire par sadite lettre d'avoir blâmé les commencements par lesquels notre congrégation s'est établie aux lieux où elle est ; ni aussi quelle est cette contestation publique qu'il dit en sadite lettre avoir eue, et y avoir fait changer d'avis par force de raisons à celui à qui nous avons toute l'obligation de notre dit établissement, s'il n'entend parler du procès que nous avons eu contre ceux de Saint- Victor, et de l'assistance qu'il nous y rendit.

Je ne sais aussi quelle est cette persécution qu'il dit dans la même lettre avoir eue, et en laquelle il dit que je l'ai abandonné ; ni quel est ce soulèvement, ni cette triple cabale qu'il dit avoir été faite contre lui.

Je ne sais aussi quel est ce bon office qu'il dit avoir voulu rendre à notre congrégation, et avoir été empêché par moi> si ce n'est qu'il entende de ce qu'il dit que je n'ai voulu suivre ses avis touchant notre congrégation.

Or ne m'en a-t-il donné jamais aucun touchant la direction de la Compagnie.

J'ai vu une fois ledit sieur de Saint-Cyran dans sondit logis à Paris depuis son retour, où nous ne parlâmes point du contenu de la lettre, sinon que d'abord je lui dis que je le remerciais de ce qu'il s'était déchargé à moi : ce que j'entendais qu'il s'était déchargé à moi par ladite lettre de la fâcherie qu'il en avait eue.

Je ne me ressouviens point d'avoir dit à personne que j'eusse reçu ladite lettre, et que je la gardasse, sinon à M. Dauzenat, qui lors était aumônier de Madame la duchesse d'Aiguillon, et maintenant argentier de mondit seigneur le cardinal.

J'ai gardé ladite lettre pour montrer que je ne participais point à ladite pratique dudit sieur de Saint-Cyran, ni aux opinions dont on le blâmait, au cas qu'il en fût recherché.

Dès que M. de Laubardemont m'eut parlé de ladite lettre de la part de mondit seigneur le cardinal, ou deux jours après, j'apportai ladite lettre à Son Éminence, et dis à mondit sieur Lescot le même jour que je l'avais.

M. Barcos ni M. Singlin ne me sont venus voir pour me prier de ne rien dire contre M. de Saint-Cyran.

Jamais je n'ai appelé ledit sieur de Saint-Cyran mon maître.

Je ne sais pourquoi ladite^lettre n'a point été fermée, bien suis-je mémoratif qu'elle était dans une enveloppe de papier cacheté, et qu'il n'y avait aucune autre lettre qui l'accompagnait.

J'ai appris depuis trois jours d'un nommé M. Tardif, qu'une copie de ladite lettre s'était trouvée entre les papiers dudit sieur de Saint-Cyran, qui furent saisis lors de l'emprisonnement dudit sieur de Saint-Cyran, et que ladite copie était écrite de )a main de la supérieure de

P1HT.KH II STIJ'U ATIYKS. 5?1

la Visitation de Poitiers, et pense qu'il ajouta que l'original m'avait été envoyé par ladite supérieure, mais je n'en sais rien.

Je n'ai jamais reçu aucune lettre de ladite supérieure touchant les opinions et pratiques qu'on impute audit sieur de Saint-Gyran, ni même touchant ladite lettre, non plus que pour aucun autre sujet, sinon une ou deux que je reçus il y a quatre ans ou environ, touchant l'établissement de la maison de la Visitation à Poitiers, auquel je m'employai vers ledit sieur de Saint-Gyran pour en écrire à Monseigneur de Poitiers.

Et c'est tout ce que je sais touchant ladite lettre.

Et pour ce qui est de quelques autres articles sur lesquels j'ai aussi été interrogé par ledit sieur Lescot : je dis que touchant celui qui est, si je n'ai pas ouï dire au sieur de Saint-Gyran que Dieu détruit son Église depuis cinq ou six cents ans, alléguant ces paroles de Salomon, Tempus destruendi, et que la corruption s'y était glissée même dans la doctrine :

Je réponds lui avoir ouï dire une fois seulement ces paroles, que Dieu détruit son Église, et aussi que, selon cela, il semble que ceux qui la soutiennent fassent contre son intention. Il disait cela, ce me semble, en suite de quelques discours des jugements de Dieu, de la corruption des mœurs. Et d'abord cette proposition me fit peine; mais j'ai pensé depuis qu'il le disait au sens qu'on a dit que le Pape Clément VIII disait qu'il pleurait de ce qu'il voyait que tandis que l'Église s'étendait aux Indes, il lui semblait qu'elle se détruisait de deçà ; et pour ce qu'il dit qu'il semble que ceux qui la soutiennent fassent contre l'intention de Dieu, je pense que cela se doit expliquer par les actions de la vie dudit sieur de Saint- Cyrafê, qui étaient la plupart pour le soutien de l'Eglise, témoins ses écrits et ce qu'if faitaU faire pour le salué

des âmes. Et pour le reste de l'article, je ne lui en ai jamais ouï parler.

Sur la demande si je n'ai pas ouï dire audit sieur de Saint-Cyrail que le Pape et la plupart des .évoques... ne font pas la vraie Église, étant dépourvus de la vocation et de l'esprit de la grâce :

Je réponds ne lui avoir jamais ouï dire ce qui est contenu dans ladite demande, si ce n'est une fois seulement, que plusieurs évéques étaient enfants de la cour, et n'avaient point de vocation. Jamais néanmoins je n'ai vu personne plus estimer Vépiscopat que lui, ni quelques évêques, comme feu M. de Comminges. Il avait grande estime aussi de feu François de Sales, évêque de Genève, et l'appelait Bienheureux.

Enquis si je ne lui ai pas ouï dire que le concile de Trente a changé et altéré la doctrine de l'Église, et n'est pas un concile légitime :

Je réponds ne lui avoir jamais ouï dire cela : oui bien qu'il y avait eu des brigues dans ledit concile.

Interrogé si je ne lui ai pas ouï dire que c'est un abus de donner l'absolution incontinent après la confession, suivant la pratique ordinaire, et qu'il faut satisfaire auparavant :

Je réponds ne lui avoir jamais ouï dire que ce fût un abus d'en user de la sorte que dit la demande. Je lui ai bien ouï parler de la pénitence avant l'absolution, mais je ne me ressouviens pas en quels termes. Mais l'expérience fait voir comme il entendait ce qui est contenu en ladite demande, parce qu'il nous a fait faire la Mission dans les paroisses qui dépendent de son abbaye de Saint- Cyran, et nous a offert mainte fois un prieuré qu'il a auprès de Poitiers pour faire de même dans l'évêché de Poitiers, et chacun sait que nous faisons le contenu de ce que dit l'article.

Enquis si je ne lui ai pas ouï dire que le juste ne doit avoir autre loi que les mouvements intérieurs de la grâce pour vivre en la liberté des enfants de Dieu, et que les vœux sont imparfaits, s' opposant à cette liberté de l'esprit de Dieu :

Je réponds que je ne lui ai jamais ouï dire les paroles, que le juste ne doit avoir autre loi que les mouvements intérieurs de la grâce pour vivre de la liberté des enfants de Dieu. Je me ressouviens bien confusément que je lui ai ouï parler quelquefois avantageusement des mouvements intérieurs de la grâce, et alléguer ces paroles de saint Paul : Justo lexnonest posita. Mais je ne me ressouviens pas en quels termes il parlait avantageusement des mouvements intérieurs de la grâce, ni à quel propos il alléguait les paroles de saint Paul. Et pour les vœux, je suis en doute si je lui ai ouï dire lesdites paroles de la demande. Je sais néanmoins qu'il a assisté un sien neveu pour se faire capucin dans la province de Toulouse, et mené lui-même le fils d'un de ses amis aux Carmes réformés.

Enquis s'il n'avait pas dit que les jésuites et les autres nouveaux religieux qui se mêlent des fonctions cléricales, doivent être ruinés :

Je réponds lui avoir ouï blâmer quelques opinions des jésuites, notamment touchant la grâce, et me semble lui avoir ouï dire que s'il était dans son pouvoir de ruiner les jésuites ou quelqu'un d'eux, il le ferait, quoique je lui aie ouï dire de grandes louanges des premiers de leur ordre, et me semble de plus lui avoir ouï dire qu'il ne voulait point de mal à la Compagnie desdits jésuites, et qu'il donnerait la vie pour icelle et pour chacun : qui fait que j'estime qu il voulait dire par ruiner ; les jésuites, que si cela dépendait de lui, il leur ôterait la faculté d'enseigner la théologie ; mais pour le reste de l'article, je ne sais ce que c'est.

Touchant plusieurs autres articles, comme si la contrition parfaite est absolument nécessaire au sacrement de pénitence, si on ne peut donner l'absolution sacramentale qu'à ceux qui sont vraiment contrits, que l'absolution ne remet pas le péché, mais déclare seulement qu'il est déjà remis, savoir en vertu de la contrition qui a précédé et doit précéder l'absolution ; que les péchés véniels ne sont point matière suffisante de l'absolution sacramentale ; qu'il n'est pas nécessaire de confesser le nombre des péchés mortels, ni les circonstances qui changent l'espèce du péché ; que la vraie foi n'est pas distinguée de la charité ; que l'Église depuis six cents ans n'est pas la vraie Église : touchant ces articles, dis-je, et plusieurs autres sur lesquels j'ai été enquis par ledit sieur Lescot :

Je réponds n'en avoir jamais ouï parler audit sieur de Saint-Cyran. Qui est tout ce que je sais touchant ledit sieur de Saint-Cyran. J'ai écrit tout ce que dessus de ma main propre, et après l'avoir relu, y ai persisté et signé.

Vincent de Paul avec paraphe.

Page 1