CHAPITRE II
IXERC1GES DES ÛEDINAAJS.
Leur origine. — Première retraite à Beauvais.
Issu d'une famille de robe, Augustin Potier de Gesvres était fils de Nicolas Potier de Blancmesnil, qui, s'étant distingué par sa fidélité à Henri IV pendant la Ligue, et à la cause de son fils après l'assassinat de ce prince, reçut de Marie de Médicis pour récompense le titre de chancelier. Il avait été précédé sur le siège de Beauvais par son frère aîné, René Potier, qui, aux États généraux de 1614, fut chargé par le clergé de solliciter l'adhésion du tiers état à la publication du concile de Trente. Augustin était à Rome lors de la mort de René. Nommé à sa place, il fut sacré en 1617 dans l'église de Saint-Louis des Français. De retour en France, il obtint bientôt toute la confiance d'Anne d'Autriche, qui fit d'abord de lui son grand aumônier, et, devenue régente, l'introduisit au conseil avec le titre (le ministre d'État. Mais, tombé en disgrâce au bout de quelques jours, il fut invité à regagner son diocèse, où il mourut en 1650. Il a passé dans l'histoire pour un ministre incapable, surtout parce qu'il fut l'ennemi de la politique de Richelieu et qu'il voulut remplacer les alliances protestantes par des alliances catholiques. C'est faire entendre au moins, quelque jugement qu'on porte sur l'homme d'État, quel