‹ Saint Vincent de PaulChapitre 21 sur 159 · Conf. du '26 septembre · texte numérisé non relu

Conf. du '26 septembre

sieurs et mes frères, d'y faire grande attention, et de vous comporter en cette action en telle sorte, que la révérence intérieure prévienne et accompagne toujours l'extérieure. Dieu veut être adoré en esprit et en vérité, et tous les véritables chrétiens doivent se comporter de la sorte, à l'exemple du Fils de Dieu, lequel, se prosternant la face contre terre au jardin des Olives, accompagna cette dévote posture d'une humiliation intérieure trèsprofonde, par respect à la majesté souveraine de son Père. »

Ce qu'il disait de la génuflexion, il retendait à toutes les cérémonies. « Elles ne sont, à la vérité, que l'ombre, mais c'est l'ombre des plus grandes choses, qui requièrent qu'on les fasse avec toute l'attention possible, et qu'on les mon tre avec un silence religieux, et une grande modestie et gravité. Gomment les feront ces messieurs, si nous ne les faisons pas bien nous-mêmes ? Qu'on chante posément, avec modération, qu'on psalmodie avec un air de dévotion. Hélas ! que répondrons-nous à Dieu, quand il nous demandera compte de ces choses, si elles sont mal faites ? »

Et il concluait ainsi ce chapitre de l'édification des ordinands : « Que bienheureux êtes-vous, Messieurs, de répandre par votre dévotion, douceur, affabilité, modestie et humilité, l'esprit de Dieu dans ces âmes, et de servir Dieu en la personne de ses plus grands serviteurs! Que vous êtes heureux, vous qui leur donnerez bon exemple aux conférences, aux cérémonies, au chœur, au réfectoire et partout ! Oh! qu'heureux serons-nous tous, si, par notre silence, discrétion et charité, nous répondons aux intentions pour lesquelles Dieu nous les envoie ! »

Dans ces recommandations multipliées, il y avait, outre l'accent de la vertu, sagesse profonde et expérience con-

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sommée. Parmi les ecclésiastiques en nombre presque infini qui venaient à Saint- Lazare, se trouvaient des hommes d'un talent éminent et d'une science déjà fort étendue, sur qui le spectacle du bien devait produire plus d'effet que le langage le plus élevé du savoir et de l'éloquence. C'est pourquoi Vincent disait de ceux-là : « Ce n'est pas par la science qu'ils se gagnent, ni par les belles choses qu'on leur dit. Ils sont plus savants que nous. Plusieurs sont bacheliers, et quelques-uns licenciés en théologie, d'autres docteurs en droit, et il y en a peu qui ne sachent la philosophie et une partie de la théologie. Ils en disputent tous les jours, et presque rien de ce qu'on leur peut dire ici ne leur est nouveau : ils l'ont déjà lu ou ouï. Ils disent eux-mêmes que ce n'est pas cela qui les touche, mais bien les vertus qu'ils voient pratiquer ici '. »

Simplicité dans l'exposition et la parole, pureté dans l'intention, voilà ce que Vincent demandait aux orateurs des retraites d'ordinands, et en ces deux points se résumait sa rhétorique : « Il leur faut rendre la morale familière, et descendre toujours dans le particulier, afin qu'ils l'entendent et comprennent bien. Il faut toujours viser là, de faire en sorte que les auditeurs remportent tout ce qu'on leur dit dans l'entretien. Gardons-nous bien que ce mauvais esprit de vanité ne se fourre parmi nous, à leur vouloir parler des choses hautes et relevées; car cela ue fait que détruire, au lieu d'édifier. Or, ils remporteront tout ce qui leur aura été dit à l'entretien, si on le leur inculque simplement, et qu'on les entretienne de cela seulement, et non d'autres choses... La simplicité les édifie. Ils s'en louent et ne viennent chercher ici que cela. Les vérités qu'on leur enseigne sont bien reçues

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