‹ Saint Vincent de PaulChapitre 30 sur 159 · LU .J · texte numérisé non relu

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7ù SAINT VINCENT DE PAUL.

Vincent, lui dit un jour le plus ancien d'entre eux, il ne faut pas que, par votre humilité, vous priviez la Compagnie des bons sentiments que Dieu vous a communiqués sur le sujet qu'on traite. Il y a je ne sais quelle onction du Saint-Esprit en vos paroles, qui touche un chacun. Et c'est pourquoi tous ces messieurs vous prient de leur faire part de vos pensées ; car un mot de votre bouche fera plus d'effet que tout ce que nous pourrions dire. » Aussi, quand, après l'avoir entendu, on sortait de l'assemblée, chacun disait aux Missionnaires : « Oh ! que vous êtes heureux de voir et d'entendre tous les jours un homme si rempli de l'amour de Dieu ! »

Premiers membres.

Les plus célèbres d'entre les premiers qui entrèrent dans la conférence, sont Olier, de Goulanges, Pavillon, Perrochel, Godeau, Abelly, Fouquet et Vialart.

L'abbé Olier, un des premiers encore, avait eu le bonheur de faire, sous les yeux de Vincent de Paul, les exercices des ordinands. En 1632, il s'était rendu aux Bons-Enfants pour s'y préparer à recevoir le sousdiaconat, et cette circonstance parut ménagée par la Providence pour le faire passer sous la conduite du saint prêtre, qu'il prit en effet dès ce moment pour son confesseur et son guide, jusqu'à ce qu'une autre circonstance providentielle l'amenât aux pieds du P. de Gondren. Ce fut Vincent qui lui fit abandonner d'ambitieuses études, pour le porter, même avant sa prêtrise, au ministère des missions de la campagne. Il alla jusqu'à l'associer, un des premiers toujours, à ses propres Missionnaires pour travailler sous leur conduite, sans être cependant de leur

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corps, et nous le retrouverons tout à l'heure ouvrier actif dans des missions célèbres *.

L'abbé de Coulanges, oncle de madame de Sévigné, que la spirituelle marquise a immortalisé sous le nom du bien bon, était l'un des amis d'Olier et le compagnon de ses premières missions. Comme Olier, il fut l'un des disciples de saint Vincent, et lui aussi contribua à l'établissement des conférences 2. Depuis, il se consacra à sa nièce, dont il rétablit la forLune par la donation de la sienne, et dont il maria les enfants : emploi bien humain et bien naturel d'une vie commencée sous des auspices si chrétiens 3 !

Pavillon avait été aussi formé par Vincent, qui, plein pour lui d'estime et de confiance, l'appelait son bras droit, et s'en servait pour toutes ses bonnes œuvres. Il le chargea même ue présider les conférences des samedis pour les prêtres de la Mission, et plusieurs fois de faire les entretiens aux ordinands. Les discours de Pavillon eurent un succès prodigieux : recueillis avec empressement, ils servaient de règle dans les provinces où l'on établissait les mêmes exercices. C'est Vincent encore qui le força d'accepter l'évêché d'Alet, le menaçant, s'il persistait dans son refus, de s'élever contre lui au jugement de Dieu, avec toutes les âmes qui auraient péri dans ce diocèse. Pavillon justifia longtemps de si hautes espérances, et tous le regardaient non- seulement comme un saint prélat, mais comme un des prélats lesplus capables de former lui-même de saints évoques. Hélas ! nous le verrons entraîné par un faux amour de la paix, par un

1. Vie de M. Olier, (par M. Paillon), in-8, Paris; 1844. tom. I, p. 60.

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