Conf. du 17 mai
moires ; plus de vingt, assure Abelly, sans doute mieux informé, en sa qualité de témoin plus intime et plus voisin des faits I.
De ces vingt ou quarante ouvriers évangéliques, cinq noms seulement sont venus jusqu'à nous, conservés dans des lettres de Bossuet. Et d'abord, Louis ou Nicolas de Blampignon ou de Blancpignon, prieur de Mont-Guion, dans le Maine, « prêtre de grande réputation, » a écrit un annaliste non suspect 2, qui, directeur des Carmélites et de plusieurs autres monastères de filles, sut établir en quelques-uns la réforme, entre autres à Yères, malgré Glaire-Diane d'Angennes, seconde fille de madame de Rambouillet, qui en était abbesse. Il s'était déjà distingué, dans la mission du faubourg Saint- Germain, en 1641, par sa capacité et son zèle. Ensuite, Orner de Ghampin, reçu docteur Tannée précédente après de fortes études au collège de Navarre, ami de Bossuet et son commensal au doyenné du Louvre, où il devait succéder comme doyen à Léonard de Lamet, nommé à la cure de Saint- Eustache. Le troisième, né d'une famille honorable d'Orléans, est Nicolas Gédouin, Gédoin ou Gédoyn, abbé de Saint-Mesmin, aumônier de Monsieur, supérieur des Ursulines de Saint-Gloud, célèbre plus tard par des missions faites dans la ville et le diocèse de Paris avec grand éclat et succès. Il prit aussi part, en 1664, avec d'autres ecclésiastiques de Paris, à une mission dans le pays de Gex, qui avait pour objet principal la conversion des protestants. Après ses nombreuses missions, il se retira, ! par zèle et par humilité, dans une des maisons de l'Hô- \ pital-Général, pour s'y livrer à l'instruction des pau- I
1. Le témoignage d* Abelly est d'ailleurs d'accord avec celui de saint Vincent, qui écrivait à Ozënne, en Pologne, le 22 mars 1058: a La reine a envoyé (à Metz) environ vingt ecclésiastiques. »