Vie de M. Olier, tom. I, pp
tenir et pour nous conduire, il vous plaise nous accorder de fois à autre la visite de quelqu'un des ecclésiastiques de votre Compagnie de Paris, qui nous apprennent à marcher avec plus de solidité dans les exercices que nous commençons tous avec grand courage. Nous vous découvrons ainsi notre faiblesse, afin que vous nous fassiez le bien de nous vouloir assister. »
Deux ans après, c'est la conférence d'Angoulême qui écrit encore à Vincent dans ce naïf langage : « Notre Compagnie vous supplie très-humblement, Monsieur, de lui permettre qu'elle vous reconnaisse pour son grandpère, puisque c'est un de vos enfants de qui Dieu s'est servi pour la mettre au monde -, et que vous ajoutiez encore cette obligation à la première de la regarder non comme une étrangère, mais comme votre petite-fille: et de faire en sorte que cette belle et illustre Compagnie de Paris, qui est comme votre fille aînée, ne dédaigne pas de la tenir pour sa sœur, quoiqu'elle lui soit inférieure en toute matière. »
Avec quel regret devaient quitter une Compagnie si révérée et si chérie, ceux de ses membres que la Providence emportait loin d'elle ! et s'ils allaient occuper un siège épiscopal, comme il arriva si souvent, quel devait être leur désir de lui donner des sœurs dans leurs diocèses, ou, au moins, de former de bons prêtres sur son modèle! On en peut juger par cette lettre de Godeau, déjà évêque de Grasse, bientôt de Vence, écrite en 1637 à la conférence des mardis, avant de retourner dans son diocèse, en signe d'adieu et en souvenir des visites qu'il lui avait faites pendant son séjour dans la capitale : « Messieurs, je pensais bien aujourd'hui avoir l'honneur de vous dire adieu; mais je suis tellement accablé d'af- ( faires, que je ne me saurais donner ce contentement. Trouvez donc bon, s'il vous plaît, que je vous conjure
par cette lettre de vous souvenir de moi dans vos sacrifices; et croyez que je tiens à une bénédiction singulière d'avoir été reçu parmi vous. Le souvenir des bons exemples que j'y ai vus, et des choses excellentes que j'y ai entendues, rallumera mon zèle quand il sera éteint, et vous serez les modèles sur lesquels je tâcherai de former de bons prêtres. Continuez donc vos saints exercices dans le môme esprit, et répondez fidèlement aux desseins de Jésus-Christ sur vous, qui veut sans doute renouveler par votre moyen la grâce du sacerdoce en son Église. »