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LES RETRAITES SPIRITUELLES

Origine, nature et fin des retraites spirituelles.

Entre les œuvres de Vincent, il y a une sorte de génération et de connexion : elles découlent l'une de l'autre, s'enchaînent mutuellement et se complètent. Des Missions entreprises pour la sanctification des peuples, naquit le projet d'œuvres destinées à la sanctification du clergé. Des exercices des ordinands nous venons de voir sortir les conférences ecclésiastiques, dont le but était d'entretenir la grâce reçue dans l'ordination, d'en fomenter les résolutions saintes, et de répandre l'esprit sacerdotal parmi ceux qui n'avaient pas eu le bonheur de le puiser à des sources aussi pures. Mais que de prêtres n'en pouvaient faire partie, et avaient d'autant plus besoin d'un de ces coups violents qui arrachent une âme à l'ornière du péché, et la poussent rapidement dans la voie du bien ! Parmi les prêtres eux-mêmes qui étaient enrôlés dans ces saintes associations, combien sentaient, sous l'influence énervante de la coutume, au contact du monde, dans le commerce obligé avec des ecclésiastiques moins parfaits, s'affaiblir leurs impressions premières, s'émousser leur première délicatesse de conscience, s'amortir l'ardeur de leur premier zèle, et, par conséquent,avaient besoin, eux aussi, de réconforter ,xd'avivei\

de ressusciter la grâce reçue par l'imposition des mains ! Et, quand il n'y aurait point eu en eux déperdition de forces, ni diminution de ferveur, n'étaient-ils pas obligés de croître de jour en jour, de manière à atteindre la plénitude de la perfection sacerdotale? car le juste doit devenir juste de plus en plus, et le saint se sanctifier encore.

Enfin, hors des rangs du clergé, dans les villes et dans les campagnes, n'y avait-il pas cette multitude d'âmes auxquelles Vincent faisait entendre, dans ses Missions, la parole du salut ? Mais à combien n'arrivait-elle pas ? Chez combien d'autres l'écho de cette parole allait-il toujours s' affaiblissant, jusqu'à ce qu'il se fît encore en elles un silence de mort ? Combien abandonnaient les pratiques de la vie chrétienne qu'elles avaient embrassées sous son inspiration, et retombaient dans un état pire que celui dont elles les avait tirées !

L'œuvre des Missions, l'œuvre des ordinands et des conférences ecclésiastiques, demandaient donc un complément. Il fallait quelque chose encore pour la sanctification des peuples et du clergé : nous avons nommé les retraites spirituelles.

La vie chrétienne, dans les premiers temps, n'avait été qu'une retraite constante et universelle. Dans les catacombes ou dans le désert, les chrétiens primitifs s'arrachaient à un monde persécuteur et corrupteur, pour vivre sous l'œil de Dieu et dans la méditation des années éternelles. Plus tard même, quand le christianisme parut au grand jour et monta sur le trône, toutes les âmes appelées par le génie et par la vertu à de grandes choses, les Basile et les Ghrysostôme, en même temps que les Paul et les Antoine, se préparaient dans la solitude à leur sublime vocation, ou n'en sortaient que pour y rentrer aussitôt, après avoir jeté au monde leur parole et l'avoir frappé du spectacle de leur vertu. Puis, de toutes parts.

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