‹ Saint Vincent de PaulChapitre 46 sur 159 · Répét. d'oraison du 10 août · texte numérisé non relu

Répét. d'oraison du 10 août

qui sont amenés par des motifs moins purs, c'est toujours une aumône agréable à Dieu de nourrir un homme dans le besoin. D'ailleurs, comment distinguer entre les uns et les autres ? Et si nous nous rendons difficiles à recevoir tous ceux qui se présentent, n'en rebuterons-nous pas quelques-uns, sur lesquels Dieu avait des desseins de miséricorde ? Enfin, à force de vouloir pénétrer les motifs qui les font agir, n'étoufferons-nous pas en plusieurs les prémices de l'Esprit qui les rappelle à lui ? — Mais, Monsieur, vous abrégez les jours de la Compagnie, qui bientôt sera réduite à l'extrémité. — Si nous avions trente ans à subsister, et qu'en recevant ceux qui viennent faire retraite, nous n'en dussions subsister que quinze, il ne faudrait pas laisser pour cela de les recevoir. Il est vrai que la dépense est grande, mais elle ne peut être mieux employée; et, si la maison est engagée, Dieu saura bien faire trouver les moyens de la dégager, comme il y a sujet de l'espérer de sa Providence et bonté infinie. — Mais, Monsieur, il s'agit non plus d'une crise, mais d'une maladie mortelle et d'un prochain anéantissement ! — S'il arrive que la congrégation de la Mission s'anéantisse en faisant un tel bien, nous aurons le bonheur de devenir semblables à Notre-Seigneur, qui s'est en quelque sorte, anéanti pour le salut des âmes1 . »

Le procureur arrivait. C'était une veille d'ordination, et le surcroît de dépense de la retraite des dix jours venait d'épuiser ce que la retraite permanente avait laissé dans la bourse de Saint-Lazare : « Monsieur, il ne me reste plus un sou pour demain. — Oh ! Monsieur, la bonne nouvelle ! Dieu soit béni ! A la bonne heure ! c'est maintenant qu'il faut faire paraître si nous avons de la confiance en Dieu. Que nous devons être bien aises

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