SÉMINAIRE DES BONS ENTANTS
Séminaire des Bons Enfants.
Au bout de six ou sept années d'expériences, Vincent reconnut que les séminaires de trop jeunes clercs, et par conséquent celui qu'il avait formé au collège des Bons- Enfants, ne donnaient que très-peu de ministres à l'Église, et il songea à des institutions d'une autre nature. Dans une des fréquentes conversations qu'il avait avec le cardinal de Richelieu, il eut occasion de parler de la nécessité où l'on était de réunir, non plus de jeunes enfants, mais des clercs prêts à recevoir les saints ordres, dans des maisons on, pendant un ou deux ans, ils seraient exercés à la vertu, à l'oraison, au service divin, aux cérémonies, au chant, au catéchisme, à la prédication, à l'administration des sacrements et des choses saintes ; instruits dans les cas de conscience et les autres parties les plus nécessaires de la théologie dogmatique et morale ; en un mot, prochainement préparés à faire de bons ministres de l'Église.
Richelieu goûta fort ce projet, exhorta vivement Vincent à l'exécuter lui-même, et, pour l'y aider, il lui donna mille écus, qui furent, en effet, employés à l'entretien des douze premiers séminaristes reçus, en février 1642, au collège des Bons-Enfants. A ce noyau, à ce nombre sacré, choisi évidemment en souvenir du premier séminaire chrétien, du séminaire apostolique, s'ajoutèrent bientôt plusieurs autres clercs, dont quelques-uns offrirent de payer leur pension, dont les autres, en beaucoup plus grand nombre, furent nourris et entretenus soit au moven d'aumônes, soit aux frais de la Compagnie ; et
l'archevêque de Paris ayant tout approuvé, le séminaire se trouva définitivement établi. Ici encore, Vincent craignait la multitude et la propagation, et, avec sa prudence accoutumée, il refusait d'entreprendre toute éducation qui ne lui paraissait pas devoir aboutir à peu près certainement au sacerdoce, car il disait : « Pour l'ordinaire, il sert de peu à la jeunesse de commencer l'étude du latin, quand elle n'a pas moyen d'y faire quelques progrès, ainsi qu'il arrive lorsque les parents ne peuvent plus leur donner les choses nécessaires, si ce n'est peut-être quelque bon esprit qui, se faisant connaître pour tel par son avancement, donne sujet à quelque personne charitable de l'aider à se pousser. Hors cela, la plupart sont pour demeurer à mi-chemin. Il vaut bien mieux que de bonne heure ils apprennent un métier A . •» Néanmoins, en peu d'années, le nombre des séminaristes s'accrut aux Bons- Enfants au point que le lieu ne put les contenir, et Vincent en dut retirer les jeunes clers appliqués aux études d'humanités. Mais, par respect pour le concile de Trente, il ne voulut pas détruire ce qu'il avait formé sur le plan de cette sainte assemblée, et il les transporta dans une maison située au bout de l'enclos de Saint-Lazare, qu'il nomma le séminaire de Saint-Charles. Là, les prêtres de sa congrégation continuèrent à former aux belleslettres et à la vertu un grand nombre de jeunes enfants qui témoignaient de l'inclination pour l'état ecclésiastique, et dont beaucoup, en effet, passés ensuite soit au séminaire des Bons-Enfants, soit aux autres séminaires de Paris et de la province, devinrent de dignes prêtres et arrivèrent aux premiers emplois 2. Dans le séminaire