Lettre à Coglée, à Sedan, du 12 avril
2. Un des plus célèbres, dont il ne serait pas permis de taire ici le nom, fut le Breton Louis-Eudes de Rerlivio, un des premiers élèves des Bons-Enfants et des premiers disciples de saint Vincent de Paul.
RÈGLEMENT DES SÉMINAIRES. 21 i
Saint-Charles, on joignait aux exercices de piété et à toutes les études classiques les exercices alors en honneur dans les célèbres collèges des jésuites, et La Fosse y fit souvent représenter des tragédies chrétiennes au milieu du concours et des applaudissements de tout ce que Paris avait de connaisseurs.
Vincent, le premier encore, réunit donc les petits et les grands séminaires : deux œuvres connexes, en effet, qui se supposent et se complètent l'une l'autre. Sans les grands séminaires, pas ou peu de prêtres, dignes du moins de leur vocation ; sans les petits, pas de grands, ou des grands trop peu fournis de sujets et surtout de sujets suffisamment disposés. Les premiers sont évidemment les séminaires des seconds, comme ceux-ci le sont du sacerdoce. C'est ainsi que Vincent enchaînait toujours ses œuvres.
Règlement des séminaires.
A peine le séminaire des Bons-Enfants fut-il établi, qu'il lui donna un règlement plein de l'esprit sacerdotal. Ce règlement, qu'il avait déjà, sans doute, imposé au séminaire d'Annecy, servit de forme à tous les séminaires de sa Compagnie, comme il est encore essentiellement la forme de tous les séminaires de France. Le voici analysé dans ses principales dispositions.
Ordonné prêtre, il se retira dans sa patrie, où il bâtit des hôpitaux, fonda un orphelinat et un séminaire, une maison de retraite, des missions, des conférences ecclésiastiques, des associations pieuses, c'est à-dire qu'il embrassa toutes les œuvres utiles et honorables pour la religion dont il avait puisé l'idée dans les leçons et les exemples de son saint maître. Né en 1621, il mourut en 168 j.
Ce séminaire est institué pour honorer le sacerdoce de Notre-Seignéur, et pour former les ecclésiastiques en la vertu et science de leur ordre et vocation. C'est pour cela qu'on y enseigne la théologie, la manière d'administrer les sacrements, le plain-chant, les cérémonies de l'Église, la méthode de catéchiser, prêcher et confesser ; la pratique des fonctions saintes, tant au dedans qu'au dehors, et les moyens de s'en acquitter avec esprit de dévotion ; c'est pour cela encore qu'on y enseigne, et toujours par pratique, la science des saints, c'est-à-dire les vertus chrétiennes et la vraie piété : à quoi tendent les méditations, les conférences, exhortations et retraites spirituelles, la lecture des livres de dévotion et autres semblables exercices, enfin le bon exemple que tous se doivent les uns aux autres.
Les dispositions requises en ceux qui désirent être admis au séminaire sont : une bonne volonté et une forte résolution de s'avancer dans la vertu ainsi que dans la science, et d'y demeurer au moins une année ; une grande humilité et soumission à l'égard des supérieurs ; un grand courage et une ferme confiance en Dieu pour surmonter toutes les difficultés, surtout au commencement.
Dès leur entrée, ils feront la retraite spirituelle ; ils recourront fréquemment à l'oraison, et chaque matin se livreront à l'exercice de la méditation avec la communauté.
Ils feront une profession toute particulière d'honorer le très-saint sacrement de l'autel. Ils diront ou entendront avec piété et avec fruit la sainte messe tous les jours. Les prêtres se confesseront ordinairement deux fois la semaine ; les autres, les dimanches et bonnes fêtes, pour se disposer à la communion.
Ils réciteront l'olnce en commun, suivant le bré-