COMPLÉMENT DE L ŒUVRE DE VINCENT, ETC
cice de leurs fonctions. Les témoignages que l'on en reçoit de tous côtés sont très-avantageux.
« IX. — Mais ce qui est en quelque manière plus touchant, c'est l'innocence de vie qu'on remarque en ces messieurs pendant le temps du séminaire. Elle est telle, que les confesseurs ont ordinairement de la peine à trouver en eux quelque matière d'absolution. »
Complément de l'œuvre de Vincent en faveur du clergé. — Fin du séminaire des Bons-Enfants.
On a remarqué dans cette relation ces petites communautés sacerdotales, ou sortes de séminaires de prêtres, qui naissaient du séminaire proprement dit. Elles furent, en effet, nombreuses. C'est ainsi que Pierre Golombel, curé de Saint-Germain-l'Auxerrois, ayant voulu réunir ses prêtres en une communauté qui servît de modèle aux autres, la mit sous la conduite de Vincent de Paul, qui en dressa les règlements.
On a remarqué encore ce qui est dit dans la première partie de cette relation touchant les prêtres logés au collège des Bons-Enfants. Parmi la multitude d'ecclésiastiques que l'amour de l'étude, l'ambition, les affaires, la curiosité, la licence quelquefois, attiraient à Paris, Vincent en savait beaucoup que la médiocrité de leur fortune forçait à se loger dans des cabarets, au grand péril de leur vertu ou de leur dignité. Pour vivre, ils allaient d'église en église mendier des rétributions de messes, et célébraient sans préparation, sans respect, et même sans connaissance des cérémonies. Quelques-uns demandaient publiquement l'aumône, fatiguaient la charité et avilissaient le sacerdoce*
Vincent les retira dans la partie du collège laissée libre par la translation des jeunes clercs au séminaire Saint- Charles. Il en reçut ainsi jusqu'à quarante à la fois ; et, en attendant qu'ils fussent en état de servir dans les paroisses ou de recevoir des emplois de leurs évêques, il se chargea de leur entretienne contentant, pour prix de leur nourriture, de l'honoraire bien insuffisant de leurs messes, dont encore il leur abandonnait le plus souvent une partie *. Et pour qu'ils ne fussent plus obligés de courir indécemment les églises, il s'entendit avec le chapitre de Notre-Dame, qui lui offrit la cathédrale, et leur fixa des heures.
D'Horgny vient de nous dire comment Vincent fut récompensé de ses sacrifices ; mais ils furent lourds pour sa congrégation, accablants dans les années difficiles. Outre les frais ordinaires d'entretien et de nourriture, il y en avait d'exceptionnels, auxquels sa charité se prêtait toujours avec empressement. Ces prêtres étaient -ils malades, il voulait qu'on pourvût et à leurs besoins, et même à leurs plus coûteux caprices ; et, tant que durait la maladie, fût-ce des années, s'ils avaient quelque obligation, il les faisait remplacer pour ne les pas priver de leur salaire. Quand ils devaient partir, il leur formait un trousseau et y ajoutait toujours une petite somme d'argent pour leur voyage.
Ajoutons que son bon accueil et son infatigable charité lui attiraient de toutes parts, non-seulement des provinces, mais de l'étranger, une foule de pauvres prêtres, qu'il hébergeait aux Bons-Enfants ou à Saint-Lazare. Le caractère sacerdotal et leur pauvreté lui étaient des titres suffisants pour les recevoir. S'ils avaient des af-
1. Ces quarante prêtres ne payaient aux Bons-Enfants qu'environ le tiers de leur dépense : sept sous par jour (Lettre à l'archev. de Paris, du 3 septembre 1647).