Coof. du 19 mai
ÉTAT DU CLERGÉ AU XVIIe SIÈCLE. 17
le grand et inexplicable nombre de prêtres ignorants et vicieux qui composent mon clergé, qui ne peuvent se corriger ni par paroles, ni par exemples. J'ai horreur quand je pense que, dans mon diocèse, il y a presque sept mille prêtres ivrognes ou impudiques qui montent tous les jours à l'autel, et qui n'ont aucune vocation. » — « Excepté le chanoine théologal de mon Église, écrivait un autre, je ne sache point aucun prêtre, parmi tous ceux de mon diocèse, qui puisse s'acquitter d'aucune charge ecclésiastique. Vous jugerez par là combien est grande la nécessité en laquelle nous sommes d'avoir des ouvriers. » Jusqu'en 1642, un chanoine d'une église cathédrale pouvait écrire encore : « Eu ce diocèse ici, le clergé est sans discipline, le peuple sans crainte, et les prêtres sans dévotion et sans charité, les chaires sans prédicateurs, la science sans honneur, le vice sans châtiment ; la vertu y est persécutée, l'autorité de l'Eglise haïe ou méprisée, l'intérêt particulier y est le poids ordinaire du sanctuaire, les plus scandaleux y sont les plus puissants, et la chair et le sang y ont comme supplanté l'Évangile et l'esprit de Jésus-Christ. Vous serez, comme je m'assure, assez sollicité par vous-même d'accourir au secours de ce diocèse, apprenant sa nécessité. Quis novit utrum ad regnum idcirco veneris, ut in tali icmpore parareris 4 ? L'occasion est digne de votre charité, si la très- humble prière que je vous fais, d'y vouloir penser sérieusement devant Notre-Seigneur, vous était agréable, comme venant d'un de vos premiers enfants -. » Après
1. • Et qui sait si, quand vous êtes arrivée au trône, vous n'étiez pas préparée pour ce temps ? » Paroles de Mardochée à Esther (ch. iv, v. 14). Allusion évidente aux premières entrées à la Cour qu'Anne d'Autriche, Richelieu et Louis XIII accordèrent en ce temps à Vincent, comme il sera raconté tout à l'heure, pour la nomination des évêqu