De la conférence des mardis. Voir plus bas, ch. ni
cela, doit-on s'étonner de ce que raconte le premier historien de Vincent de Paul du mépris dans lequel était tombé le sacerdoce? mépris tel que, par une sorte d'affreux compromis entre l'avarice et l'honneur, la richesse d'un bénéfice faisait seule affronter la honte du sanctuaire; que la plus sanglante injure à l'adresse d'un homme de condition était de lui dire : « Vous êtes un prêtre ; » et qu'enfin ce nom divin de prêtre, au rapport du premier biographe du P. de Condren, était synonyme dans le monde d'ignorant et de débauché 4.
Premiers essais de réforme. — L'Oratoire.
Une réforme était donc nécessaire. D'où allait- elle partir ? L'Oratoire y sembla d'abord prédestiné. On put croire quelque temps que Bérulle était suscité de Dieu pour faire en France l'œuvre de saint Philippe de Néri à Rome, et de saint Charles Borromée à Milan ; et, en effet, Tabaraud, son historien 2, lui attribue l'honneur d'avoir le premier établi les séminaires et formé les autres fondateurs de ces institutions d'éducation ecclésiastique. Car il pouvait régénérer l'Église par deux moyens, soit en élevant déjeunes clercs, soit en communiquant l'esprit de rénovation à d'autres sujets, qui auraient ensuite établi des sociétés sur le modèle de la sienne. De ces deux moyens, l'Oratoire laissa échapper promptement le premier. Il ne s'occupa guère que de
i. Vie du P. de Gondren, liv. II, c vrn. Paris, 1656. - Voir en-
Bur le mépris où était tombé le Sacerdoce, une conf. du mois
de novembre 1658, où Saint Vincent attribue cette décadence à l'hé-