Théol. familière, leçon vi
tails du bel entretien rapporté tout à l'heure, nous ont été fournis non-seulement par les historiens de Vincent de Paul, mais aussi par le biographe de Saint-Cyran, par le bon Lancelot, qui pousse l'admiration pour son maître jusqu'au culte et à la superstition ; par Lancelot qui appelle Saint-Cyran «le premier homme des derniers temps, plus savant que saint Jérôme, » qui le met au rang des apôtres, lorsqu'il dit : « Il jugera le monde avec Jésus- Christ au dernier jour ', » C'est donc Lancelot qui rapporte la dernière réponse de Saint-Cyran à Vincent de Paul ; non, dit-il, « qu'il ne révérât en effet l'Église composée des pasteurs dont le pape est le premier, et des fidèles qui sont soumis aux pasteurs ; — nous venons d'en voir quelque chose ; — mais, ajoute-t-il, il était affligé de ce que ce grand directeur ne connaissait pas mieux l'esprit et la majesté de l'épouse de Jésus-Christ, lui; qui conduisait beaucoup d'ecclésiastiques de mérite, et qui aurait dû être en état de les instruire solidement, après s'être nourri lui-même, non plus simplement de ce que saint Augustin après saint Paul appelle le lait de l'enfance chrétienne, mais de ces aliments forts et dignes des parfaits qu'on trouve dans les saints Pères et dans les canons des anciens conciles. » C'est là, continue Lancelot, ce que Saint-Cyran voulait faire entendre à Vincent de Paul, que, pour bien juger de l'esprit de l'Église et même de sa vraie doctrine sur les points qui sont aujourd'hui obscurcis et contestés, il ne suffit pas de voir ce qui se pratique communément, ou quelles sont les opinions les plus reçues dans les écoles modernes, mais qu'il faut, autant qu'on le peut, remonter aux sources toutes pures de la tradition la plus universelle. Et Lancelot conclut : « Je crois que ce fut à l'occasion de cette