Mémoires, tom. I, pp. 47, 159 ; tom. II, p
personne que M. de Saint-Cyran fit sur les degrés de l'humilité un écrit qu'il nous communiqua presque aussitôt, à M. le Maître et à moi. Il y parlait du danger qu'il y a à avoir plus de réputation qu'on n'a de fond, ce qui fait quelquefois qu'une personne se trouve engagée dans des emplois qui sont beaucoup au dessus de ses forces A . »
A V occasion de Vincent ou du P. de Condren, on ne sait, car Lancelot répète le même jugement à propos du second général de l'Oratoire, dont il écrit : « Il passait pour un honnête homme, et il avait de fort bonnes qualités ; mais ceux qui l'ont connu plus particulièrement ont bien vu que le fond n'allait pas de même. Or il n'y a rien de plus dangereux que d'avoir plus de mine que de tête, et plus d'extérieur que de solide. On ne trompe pas seulement les autres, mais on se trompe souvent soi-même ; et s'il arrive que Dieu, pour éprouver un homme, permette par là qu'il acquière quelque réputation extraordinaire, ou qu'il soit élevé à quelque charge, il est à craindre qu'il ne s'éblouisse de son érudition, surtout lorsqu'il approche les grands de trop près 2. »
Ainsi Vincent était méprisé en bonne compagnie, en compagnie de Bourdoise, du P. Bernard, du P. de Condren, de D. Jouand, abbé de Prières, à qui, au jugement de Saint-Cyran, dans son interrogatoire, « il fallait vingt ou vingt-cinq ans pour apprendre ce qu'est la pénitence, » qu'un enfant a besoin de connaître suffisamment pour faire sa première communion ; en compagnie aussi de D. Grégoire Tarrisse, supérieur général de la congrégation de Saint-Maur, dont Saint-Cyran disait à Lancelot