‹ Saint Vincent de PaulChapitre 83 sur 159 · Mémoires, tom. I, p. 15a · texte numérisé non relu

Mémoires, tom. I, p. 15a

avec admiration, en lui rendant compte d'un certain entretien sur l'oraison : « Gela est étrange : cependant ce doit être un des plus éclairés d'entre eux, puisqu'ils l'ont choisi pour être leur général. Je m'étonne comment le vrai esprit de prière peut être aujourd'hui si inconnu, même parmi les plus spirituels, mais vous reconnaîtrez bientôt ce qui en est par la suite '. »

C'est Vincent toutefois qui eut le privilège, sinon le monopole, des injures de Saint-Cyran et du parti. Le 12 mars 1655, la mère Angélique écrira : « M. Vincent décrie Port-Royal pins doucement à la vérité que les jésuites ; mais, par un zèle sans science, il désire autant sa ruine que les autres par une malice touîe franche. » Dom Gerberon, dans son Histoire du jansénisme, ne parle que du zèle entêté de Vincent, ne le traite que de dévot ignorant qui, par un grand air de piété et des manières dévotes, séduisit la reine et les évêques *2. Et, au milieu du xviii0 siècle, l'Avocat du Diable, trouvant encore à enchérir sur ces grossièretés, dira de lui que, par son esprit aveugle, son cœur endurci, sa criminelle opiniâtreté, il « voulait attirer l'abbé de Saint-Cyran dans l'erreur dont celui-ci voulait le retirer ; » et qu'ensuite il se fît avec le Pape Innocent X « l'instrument de la politique diabolique des jésuites 3. »

Nous ne ferons pas à la mémoire de saint Vincent de Paul, à son siècle qui l'admira, à l'Église qui l'a canonisé en partie pour son zèle éclairé contre Terreur, l'injure de réfuter ces ignobles accusations. Se fîgure-t-on saint François de Sales, les évêques et les ecclésiastiques

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