RAPPORTS INTERROMPUS, ETC. L
sion, et, sous prétexte de lui faire une visite d'adieu, il se transporta chez lui. Saint-Cyran s'était logé alors visà-vis des Chartreux, près du Luxembourg, pour être plus à proximité de son cher Port-Royal. Après l'avoir disposé à recevoir favorablement ses avis, Vincent lui parla de l'obligation où il était de se soumettre aux jugements de l'Église et de respecter les décisions du concile de Trente. Puis, reprenant les propositions précédemment soutenues, il lui montra qu'elles étaient contraires à la doctrine catholique. « Vous êtes perdu, lui dit-il en terminant, si vous vous engagez plus avant dans ce labyrinthe d'erreurs. Du reste, vous vous y perdrez seul ; ou, du moins, ni ma compagnie ni moi ne vous y suivrons. » Échauffé par son zèle et par sa charité, le saint s'anima peu à peu, et, vers la fin de l'entretien, il parla avec tant de force et de solidité, que Saint-Cyran demeura tout interdit et ne trouva pas à répliquer un mot.
Tel est le récit d'Abelly. Les jansénistes, il est bien clair, ont raconté, d'après Saint-Cyran lui-même, la conférence d'une autre façon. Ils avouent que, par dessein principal ou par occasion, Vincent reprocha à Saint- Cyran dans cette visite, qui eut lieu vers le mois d'août 1637, quatre points de doctrine, sur lesquels il s'était laissé prendre lui-même par ce que Saint-Cyran appelle la triple cabale de l'abbé de Prières, de l'évêque de Langres et des pères jésuites et de l'Oratoire. Seulement ils ajoutent que si le savant abbé lui répondit peu de chose, ce fut non par impuissance, comme les jésuites l'ont voulu faire croire, mais par ménagement pour un ancien ami, qu'il ne croyait pas assez disposé pour lors à l'écouter1. Saint-Cyran a dit de plus, dans son interro-