Voir cette lettre aux pièces justificatives, n
et d'esprit, si évidemment endoctrinée par son directeur et écho si fidèle de ses enseignements, Saint-Cyran s'embarrassa dans des subtilités et des contradictions misérables, après quoi il répétait sans cesse que la religieuse, qu'il avait cependant jugée digne de ses plus intimes confidences, avait mal pris les choses. Et, pour donner à cela quelque couleur de vraisemblance, il ajouta qu'il ce lui arrivait souvent, quand il parlait à des personnes sûres, et où il n'y avait nul danger d'exprimer ses pensées avec des paroles trop fortes, de se servir de la figure qu'on appelle catachrèse, c'est-à-dire abus de paroles, laquelle lui était familière, sans que pour cela il eût dessein de blesser la vérité ! » Cette terrible arme défensive une fois trouvée, il ne la quitta plus, et aux accusations les plus fortes de Lescot il répondit catachrèse ! Le bon Lancelot nous donne quelque part le vrai sens de cette catachrèse si commode et de l'usage ordinaire que Saint- Cyran en faisait. Rapportant un entretien de son maître avec Chavigny, il écrit que Saint-Cyran « n'avait pas voulu répondre à de certaines choses de science que M. Lescot ne lui demandait que par curiosité, par la même raison par laquelle Jésus-Christ n'avait pas voulu faire des miracles devant Hérode ; » après quoi l'amateur de catachrèse ajoutait : « Nous sommes quelquefois obligés de tromper, pour ainsi dire, ceux à qui nous parlons, et nous nous conduisons de même que les médecins qui déguisent les remèdes *. » C'est entendu !
Mais restait toujours la lettre de la mère de Lagfe, qui n'était pas, sans doute, de ces personnes qu'on est quelquefois obligé de tromper ; lettre pourtant si conforme aux accusations de l'abbé de Prièreset de la triple cabale. Il fallait répondre. Ici, l'abbé de Saint-Cyran, par un