‹ Saint Vincent de PaulChapitre 90 sur 159 · Le cœur nouveau · texte numérisé non relu

Le cœur nouveau

fait pénitence des moindres péchés mortels... ont suivi cette règle pendant douze cents ans... et ont voulu être séparés... de la sainte Eucharistie, se réservant l'espérance d'y revenir... après qu'ils se seraient purifiés de leurs péchés et de leurs taches par une pleine et entière satisfaction 4. — En cas d'infirmité, d'impuissance ou de pénitence, la volonté de communier n'est pas moins agréable à Dieu que l'effet ; et en un pénitent, selon la doctrine constante de tous les Pères de l'Église, elle l'est plus que l'effet durant le temps de sa pénitence 2. » Traduction libre, mais exacte, de tous ces passages : «Ne communiez jamais, car vous en êtes et en serez toujours indignes. »

Et, en effet, les pénitents et pénitentes de Saint-Cyran recouraient le moins possible à la confession et à la communion. La mère Agnès de Saint- Paul- Arnauld permettait à ses sœurs et à ses petites filles de rester quinze mois sans se confesser ; elle n'avait pour elle « aucun sentiment de contrition ni d'humiliation de se voir privée des sacrements, et elle aurait bien passé sa vie comme cela sans s'en mettre en peine 3. » La grande Angélique elle-même passa jusqu'à cinq mois sans communier, et une ibis même le jour de Pâques 4.

C'est ainsi que Saint-Cyran ramenait aux pratiques de la xjrimitive Église. Car, primitive Église, beaux jours du christianisme naissant, tel était le thème constant de ses entretiens aux religieuses de Port-Royal, dont celles-ci se faisaient l'écho docile et ridicule. « Ladite Marie-Angélique, écrivait encore l'évêque de Langres, prit tel goût

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