‹ Saint Vincent de Paul [microform]Chapitre 10 sur 46 · I. Hospice de Paris. (Note des éditeurs · texte numérisé non relu

I. Hospice de Paris. (Note des éditeurs

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Pendant ce premier séjour que M. Vincent fit à Paris, il lui arriva un étrange accident que Dieu permit pour éprouver sa vertu, et qui n'a été su que depuis sa mort par le moyen de M. de Saint-Martin, chanoine d'Acqs. En l'année 1609, étant encore logé au faubourg Saint-Germain, dans une même chambre avec le juge de Sore, qui est un village du ressort de Bordeaux, il fut accusé à faux de lui avoir dérobé quatre cents écus. Voici comment la chose arriva :

Ce juge, s'étant un jour levé de grand matin, s'en alla en ville pour quelques affaires et oublia de fermer une armoire où il avait mis son argent; il laissa M. Vincent au lit, un peu indisposé, attendant une médecine qu'on lui devait apporter. Le garçon de l'apothicaire, étant venu avec sa médecine, trouva cet argent en cherchant un verre dans cette armoire, et, sans dire mot, il le mit dans sa poche et l'emporta, vérifiant le proverbe qui dit : l'occasion fait le larron.

Ce juge fut bien étonné de ne trouver plus sa bourse ; il la demanda à M. Vincent, qui ne savait que lui en dire, sinon qu'il ne l'avait ni prise ni vu prendre; l'autre crie, tempête et veut qu'il lui réponde de sa perte; il l'oblige de se séparer de sa compagnie, il le diffame partout, comme un méchant et un voleur, et porte ses plaintes à toutes les personnes qui le connaissaient ; et comme il sut qu'en ce temps M. Vincent voyait quelquefois le R. P. de Bérulle, alors supérieur général de la congrégation de l'Oratoire et depuis cardinal de la sainte Eglise romaine, il alla le trouver un jour qu'il était avec lui en la compagnie de quelques autres personnes d'honneur et de piété, et, en leur présence, il l'accusa de ce larcin, et même lui en fit signifier un monitoire ; mais cet homme de Dieu, sans se troubler ni témoigner aucun ressentiment d'un affront si sensible et sans se mettre beaucoup en peine de se justifier, se contenta de lui dire doucement que DiEU savait la vérité ; et, conservant son égalité d'esprit sous l'opprobre d'une si honteuse calomnie, il édifia grandement la compagnie par sa retenue et par son humilité.

Mais qu'arriva-t-il enfin d'une si fâcheuse rencontre ? DiEU permit que le garçon qui avait fait le vol fût, quelques années après, arrêté à Bordeaux pour quelque autre sujet. Il était de ces quartiers-là, et de la connaissance même de ce juge de Sore. Pressé du remords de sa conscience, il le fit prier de le venir trouver en prison, où il lui avoua que c'était lui qui avait dérobé son argent, et lui promit de lui en faire restitution, appréhendant que DiEU ne le voulût punir pour ce mi^ ^^

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