‹ Saint Vincent de Paul [microform]Chapitre 31 sur 46 · CHAPITRE VINGT-HUITIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-HUITIEME

Gras en ces termes : « Dieu vous bénisse, Mademoiselle, de ce que vous êtes allée mettre vos filles en fonction à 1* Hôtel - Dieu, et de tout ce qui s'en est suivi. Ménagez votre santé ;

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car vous voyez le besoin qu'on a de vous. » Mais parce que cette vertueuse demoiselle, fort zélée pour le service de ces pauvres malades, craignait toujours de ne pas faire assez pour correspondre aux desseins de DiEU, quoiqu'elle s'y employât

autant qu'elle pouvait, M. Vincent, dans une autre lettre, lui dit ces paroles dignes de remarque :

« D'être toujours à l'Hôtel-DiEU, il n'est pas expédient ; mais d'y aller et venir, il est à propos. Ne craignez pas de trop entreprendre, en faisant le bien qui se présente à vous ; mais craignez le désir d'en faire plus que vous ne faites et que Dieu ne vous donne le moyen de faire. La pensée d'aller au-delà me fait trembler de peur, parce qu'elle me semble un crime aux enfants de la Providence. Je remercie Notre-Seigneur de la grâce qu'il fait à vos filles, d'être si généreuses et si bien disposées à lui rendre service. Il y a sujet de croire que sa bonté, comme vous dites, daigne suppléer à ce qui leur peut manquer de votre part, vous trouvant nécessitée de vaquer souvent à d'autres choses qu'à celles qui regardent leur conduite. »

Les dames, ayant loué une chambre près l'Hôtel-DlEU, faisaient préparer des bouillons au lait pour les malades auxquels cela convenait, et leur en faisaient la distribution tous les matins. Après le dîner, sur les trois heures, elles portaient la collation pour tous, c'est à savoir : du pain blanc, du biscuit, des confitures et de la gelée, des raisins et des cerises en la saison ; et durant l'hiver, des citrons, des poires cuites et des rôties au sucre. Elles allaient quatre ou cinq ensemble chaque jour, à leur tour, distribuer cette collation, ceintes de tabliers, et, se séparant par les salles, passaient d'un lit à un autre pour présenter ces petites douceurs et rendre ce service aux pauvres malades, ou plutôt à Notre-Seigneur en leur personne.

Pour ce qui est de l'assistance spirituelle, elles parlaient aux malades avec grande douceur, leur témoignant compassion de leurs maux, les exhortant à les souffrir avec patience et soumission à DiEU. Quant aux femmes et filles qu'elles trouvaient n'être pas sufîfisamment instruites des choses nécessaires au salut, elles leur enseignaient familièrement et par manière d'entretien ce qu'elles étaient obligées de croire et de faire ; puis elles les disposaient à faire de bonnes confessions générales, si elles voyaient qu'elles en eussent besoin ; enfin, elles tâchaient de les préparer à bien mourir, si leurs maladies étaient périlleuses, ou à prendre une ferme résolution de bien vivre, si elles étaient en espérance de recouvrer la santé.

Pour leur faciliter cet exercice de charité, M. Vincent fit imprimer un petit livret qui contenait les points principaux desquels il était plus nécessaire d'instruire les pauvres malades, et il recommanda particulièrement quatre choses aux dames, lorsqu'elles iraient leur rendre cet office de charité :

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