I. Le prince de Condé. (Note des éditeurs
l'on rétablissait le roi dans son autorité, et que l'on donnât un arrêt de justification, Votre Éminence donnerait la satisfaction que l'on désire ; que difficilement pouvait-on accommoder cette grande affaire par des députés ; et qu'il fallait des personnes de réciproque confiance qui traitassent les choses de gré à gré. Il me témoigna de parole et de geste que cela lui revenait, et me répondit qu'il en conférerait avec son conseil. Demain au matin j'espère être en état d'aller porter sa réponse à Votre Éminence, Dieu aidant. >
On n'a pas trouvé dans les papiers de M. Vincent quelle fut la suite de ces entremises, qu'il tenait, comnne nous avons dit, fort secrètes ; mais le succès a fait voir que DiEU y avait donné bénédiction, puisque, peu de temps après, cet accommodement si important se traita et s'accomplit.
Les troubles du royaume étant ainsi terminés au dedans par la divine miséricorde, M. Vincent ne laissa pas de faire toujours continuer en sa maison de Saint-Lazare les prières, les messes, les communions, les jeûnes et autres exercices de pénitence qu'il y avait établis. Et comme on voulut lui persuader de les faire cesser, attendu que ces pratiques de pénitence étaient fort à charge à la communauté, et qus les divisions publiques et guerres civiles pour lesquelles on les faisait étaient finies, il répondit : « Non, non, il n'en faut pas demeurer là, il les faut continuer pour demander à DiEU la paix générale. » Et, en effet, elles furent toujours continuées jusqu'au temps que cette paix tant désirée fut enfin heureusement conclue en l'année 1660, c'est-à-dire huit ans après que ces pratiques de pénitence furent commencées, et six ou sept mois avant son décès. Dieu lui ayant voulu donner avant sa mort la consolation de voir le fruit de ses prières, de ses jeûnes et de sa persévérance.