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Chapitre Quarante^sirième. —m vmcentdonn

des règles à sa Coneréc-atmn ot ,,,""• ^\"'^®ni donne très considérables sur cl sujet. P^^^'^"'^ choses

>^ jT"r^ '^i^' !^- ^'"^ent. ayant mis les règles règTelouStitutiïni'""^"^^°" ^^P"' exprimé dans ces j

La communauté de la maison de Saint-Lazare étant donc assemblée un vendredi au soir, 17 mai de Ja dite année, M. Vincent leur fit un discours tout paternel sur Tobservancedes règles ; nous en rapporterons ici quelques extraits, qui feront voir de quel esprit M. Vincent était animé, et avec combien de prudence, de retenue, de charité et de zèle il avait dressé ces règles pour le bien de sa Congrégation.

^ Il commença par les motifs que sa Congrégation avait d'aimer et de bien observer ses règles.

« Il me semble que par la grâce de Dieu toutes les règles de la Congrégation de la Mission tendent à nous éloigner du péché, et même à éviter les imperfections, à procurer le salut des âmes, servir l'Eglise et donner gloire à Dieu ; de sorte que quiconque les observera comme il faut, s'éloignera des péchés et des vices, se mettra dans l'état que Dieu demande de lui, sera utile à l'Église et rendra à Notre-Seigneur la gloire qu'il en attend. Quels motifs. Messieurs et mes Frères ! s'exempter des vices et des péchés, autant que l'infirmité humaine le peut permettre, glorifier Dieu et faire qu'il soit aimé et servi sur la terre ! O Sauveur ! quel bonheur ! je ne le puis assez considérer. Nos règles ne nous prescrivent en apparence qu'une vie assez commune, et néanmoins elles ont de quoi porter ceux qui les pratiquent à une haute perfection ; et non seulement cela, mais encore à détruire le péché et l'imperfection dans les autres, comme ils les auront détruits en eux-mêmes. Si donc la petite compagnie a déjà fait quelque progrès dans la vertu, si chaque particulier est sorti de Tétat du péché et s'est avancé dans le chemin de la perfection, n'estce pas l'observance des mêmes règles qui a fait cela ? Si, par la miséricorde de Dieu, la compagnie a produit quelque bien dans l'Église par le moyen des missions et par les exercices des ordinands, n'est-ce pas parce qu'elle a gardé l'ordre et l'usage que Dieu y avait introduit et qui y est prescrit par ces mêmes règles ? Oh » que nous avons donc grand sujet de les observer inviolablement, et que la Congrégalicn de la Mission sera heureuse si elle y est fidèle !

» Un autre motif qu'elle a pour cela est que ses règles sont presque toutes tirées de l'Évangile, comme chacun le voit, et qu'elles tendent toutes à conformer votre vie à celle que Notre-Seigneur a menée sur la terre ; car il est dit que ce divin Sauveur est venu et a été envoyé de son Père pour évangéliser les pauvres : Patiperibus eimngelizare viisit me. Paiiperibus : pour annoncer l'Évangile aux pauvres, comme par la grâce de Dieu la petite compagnie tâche de faire, laquelle a grand sujet de s'humilier et de se confondre de ce qu'il n'y en a point encore eu d'autre que je sache qui se soit proposé pour fin particulière et principale d'annoncer l'Évangile aux pauvres les plus abandonnés : Pauperibus evangelizare inisit me. Car c'est là notre fin : oui, Messieurs et mes Frères, notre partage sont

j ^g^__^CHAPITRE QUARANTE-SIXIÈME.

les pauvres. Quel bonheur de faire la même chose pour laquelle Notre-Seigneur a dit. qu'il était venu du ciel en terre, et moyennam quo, nous espérons avec sa grâce d'aller de la terre au defî Fai?e S ?ef ierr?: ^^"^-^^^^^i^l^e Dieu, qui allait volontiers nnnclKi- .^ '^^ Campagne chercher les pauvres. Voilà à quoi

nous oblige notre mstitut, à servir et à aider les pauvres, que nous de vons reconnaître pour nos seigneurs et pour nos maîtres^O pauvres, ^efàwf "•'"''; r^gïes qui nous engagent à aller dans les viiu! f hit • Vovi"^^^^^^^ "^"^ grandes Villes, pour faire ce que Jésus-Christ rnnfi ^ «' ^^ ^""^ ?"^' ^^ ^^"^^"^ ^^ ""^^^ ^^'^ Ics obscrvent, de DiEro'q'-"'^ leur vie et toutes leurs actions à celles du Fils de ces rtSs nTnn '^ quel motif avons-nous en cela de bien observer ces règles qui nous conduisent à une fin si sainte et si désirable ! » Vous les avez longtemps attendues, Messieurs et mes Frères 'et

dVnsSner -rL /T^''/"'"'' ^5^"'^ commença à faire avant que les Se nren^^^^^^ ^^ P^^^^q"^ ^'^ vertus pendant

dernf^^Ic f ^"?^?f^s ^"^^^es ^e sa Vie, et employa seulement les trois ter nnn c F'"'^"' ^^ enseigner. Aussi la compagnie a tâché de l'imiter non seulement en ce qu'il est venu faire, mais aussi en le faisant de la même manière qu'il l'a fait. Car la compagnie peut dire cek

doceie. Il y a bien trente-trois ans ou environ que Dieu lui a donné

Sué le^rf '. "' '^^"^^ ^^ 'T^'-'^ ^'^" >' ''^' P- '- g'âce de Dieu ^fZt^Z ^ '' ^""r"' '"^"' ^^"^ ^^""^^ maintenant. Auss n y trouverez-vous rien de nouveau que vous n'ayez mis en nratinue

dcTSle "aXnV^^^^^ 'T ^^^-P ^'édificalion^roVS^^t dfll S,h^ • P^^"^^"^^''^ pratiquées, on pourrait y trouver

denL S^^ ' T' ^°"^/?""a"t ce que vous avez fait et exercé depuis tant d années avec fruit et consolation, il n'y a rien que vous

es Sahi ''^7'"^"^''" '' '''' P°"^ '^^'k^' ^'on a ?ai? comme ÏrïadSn it TV' ''' P^^'^ ^" ^^ ^^^"^^ É^"^»^^' q"i g^-^^d^ient auUlP. ni f f^^' •' "^^^^ ^""'■^ P^^^^ ^^"^ avaient laissées, bien nôtrï écHtIrr' P^/^^/^r^ > ^t maintenant que nous avo^s les se mainf/n r H 'T''''^^^ ^^ compagnie n'aura qu'à continuer et à

année et à f^i- - ''^' '' '"^n ''"' " P'"'^^"^ ^"^""^ P^"^^^^^^ par le passé ^^'''''' '^ '^'' '"' ^ ^^^' ^' P'"'^^^^ ^^ fidèlement

avanfaTr.r'''"' ^°""é des règles dès le commencement, et

desseLTfJlf . ^."T^^" ï?^"' ^"^ ^" ^^^^"> ^t q"^ ^'eût été un PrnvTn.^ i- ^o^^e^te humainement et non pas un ouvrage de la

slis coLen .^''' "''"' voyez dans la Congrégation s'est fait je%e du t i^euT ni;, •'' "^'y^^^^^i^^^is pensé, et tout cela s'est introduit peu à peu, sans qu'on puisse dire qui en est la cause. Or, c'est

une règle de saint Augustin, que quand on ne peut trouver la cause d'une chose bonne, il la faut rapporter à Dieu, et reconnaître qu'il en est le principe et l'auteur. Selon cela. Dieu n'est-il pas l'auteur de toutes nos règles qui se sont introduites je ne sais de quelle manière, et de telle sorte qu'on ne saurait dire ni comment, ni pourquoi ? O Sauveur ! quelles règles ! et d'où viennent-elles ? Y aurais-je pensé ? point du tout ; et je vous puis assurer. Messieurs et mes Frères, que je n'aurais jamais pensé ni à ces règles, ni à la compagnie, ni même au mot de mission ; c'est Dieu qui a fait tout cela , les hommes n'y ont point de part. Pour moi, quand je considère la conduite dont il a plu à Dieu de se servir pour faire naître la Congrégation en son Église, j'avoue que je ne sais où j'en suis, et qu'il me semble que c'est un songe tout ce que je vois. Non, cela n'est point de nous ; cela n'est point humain, mais de Dieu. Appelleriez- vous humain ce que l'entendement de l'homme n'a point prévu, et ce que sa volonté n'a point désiré ni recherché en manière quelconque ? Nos premiers missionnaires n'y avaient pas pensé non plus que moi : de sorte que cela s'est fait contre toutes nos prévoyances et espérances. Oui, quand je considère tous les emplois de la Congrégation de la Mission, il me semble que c'est un songe.Quand le prophète Habacucfut enlevé par un ange et porté bien loin pour consoler Daniel dans la fosse aux lions, et puis rapporté au Ireu où il avait été pris, se voyant de retour au même endroit d'où il était sorti, n'avait-il pas sujet de penser que tout cela n'était qu'un songe ? Et si vous me demandez comment les pratiques de la compagnie se sont introduites? comment la pensée de tous ses exercices et emplois nous est venue ? je vous dirai que je n'en sais rien, et que je ne le puis connaître. Voilà M. Portail qui a •vu aussi bien que moi l'origine de la petite compagnie, qui vous peut dire que nous ne pensions à rien moins qu'à tout cela ; tout s'est fait comme de soi-même, peu à peu, l'un après l'autre. Le nombre de ceux qui se joignaient à nous s'augmentait, et chacun travaillait à la vertu ; et en même temps que le nombre croissait, aussi les bonnes pratiques s'introduisaient pour pouvoir vivre ensemble, et nous comporter avec uniformité dans nos emplois. Ces pratiques-là se sont toujours observées, et s'observent encore aujourd'hui par la grâce de Dieu. Enfin, on a trouvé à propos de les réduire par écrit et d'en faire des règles. J'espère que la compagnie les recevra comme émanées de l'esprit de Dieu : a quo bona cuncta procedunt : duquel toutes les bonnes choses procèdent et sans lequel : non sumus sufficientes cogitare a nobis, quasi ex nobis : nous n'avons pas la suffisance de penser quelque chose de nous mêmes.

» O Messieurs et mes Frères ! je suis dans un tel étonnement de penser que c'est moi qui donne des règles, que je ne saurais concevoir comment j'ai fait pour en venir là ; et il me semble que je suis toujours au commencement ; et plus j'y pense, plus aussi il me paraît éloigné de l'invention des hommes, et plus évidemment je conçois

bien qu'eues d^vit ' P'"*^"""" ^'^ '°"' '^ ^■•"•' «' '<>"' '«

leque'ïrayant Irné ZVoîTu' ^'''''""^'' ' "'"«" ^'imiter MoVse.

prosterné, dit ces belles paroles d'un ton foVt £ i A' H^^

gou\llTar;Ô.rs'aSe'^i^^^^^^^^^^^^^ ^' '^ '«' --«"'e. qui conduites des créatures tout«i»=i • """'^■"^ ' ^°"* ^^ <!"' '«

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gneur, la grâce nlcessTe n'^ r '""'f *^^ ^°"^- Donnez leur, Seiment usqu'àla morTcSt en"' j» "^'T'' '°"J°"^^ ^' *"^'°'«ble-

cœurs des assistants qui Técoutaient rafifection particulière du sien ; il leur semblait qu'ils étaient avec les apôtres écoutant parler Notre-Seigneur, en ce dernier sermon qu'il leur fit avant sa Passion, où il leur donna aussi ses règles et leur imposa le grand commandement de la parfaite dilection.

On peut conclure de ce qui vient d'être dit, et plus encore de^ la lecture des règles de la Congrégation de la Mission, qu'elle a été instituée pour trois fins principales : la première, pour travailler à la perfection de ses membres, en les portant à pratiquer les vertus que Notre-Seigneur a daigné nous enseigner par ses paroles et par son exemple ; la seconde pour prêcher l'Évangile aux pauvres, et particulièrement à ceux de la campagne qui sont les plus délaissés ; et la troisième, pour aider les ecclésiastiques à acquérir les connaissances et les vertus nécessaires à leur état.

Chapitre quatante^SCptième. —Diverses autres œuvres de piété auxquelles M. Vincent s'est appliqué avec ses occupations plus ordinaires.

'ENDANT trente ou quarante ans il s'est fait fort ,^^ peu d'œuvres de piété ou de charité publiques g dans Paris, où M. Vincent n'ait eu quelque part, [F soit en donnant ses avis, soit en y coopérant en quelque autre manière.

Ce grand serviteur de Dieu était presque continuellement consulté pour diverses aflfaires de piété, non seulement de Paris, mais encore de plusieurs autres lieux, et de la part de personnes qui lui étaient inconnues et qui recouraient à lui sur la réputation de sa vertu et de sa charité. Outre les assemblées ordinaires qui se tenaient au moins trois fois chaque semaine, il était souvent appelé en d'autres assemblées particulières de prélats ou de docteurs, ou même de supérieurs de communautés ou d'autres personnes, tantôt pour résoudre diverses diflfîcultés importantes, tantôt pour régler ou établir quelque bon gouvernement, ou bien pour remédier à quelque^ grands désordres, ou enfin pour trouver un moyen d'avancer la gloire de Dieu et de procurer le bien des diocèses, des communautés ou des familles. Il était d'autres fois appelé pour établir un bon ordre dans des maisons religieuses, tant d'hommes que de filles, et pour apaiser des

différends et des procès entre les personnes particulières et entre des communautés.

I Sa charité le portait aussi à faire beaucoup de visites aux personnes malades ou affligées, soit qu'il en fût prié, ou que ^^ '"'-peme .1 y allât pour consoler et exercer les œuvres d une véritable miséricorde.

Il avait été chargé de la conduite des maisons de la Visitation Samte-Mane établies à Paris et à Saint-Denis, dont il prenait un très grand soin.

Ajoutez à tout cela raf)plication continuelle de ses pensées et de ses soms pour le gouvernement de toutes les maisons de sa congrégation, et le grand nombre de lettres qu'il rece-

NnnnW f f T ''^ *""' ^^*^'' ^"^quelles il faisait réponse. Nonobstant toutes ces occupations et les autres affaires extraordinaires qui lui survenaient, il ne laissait pas d'être tous

àVé^Z '^Y^.? .'I"^*^^ ¥""•<=? au matin ; après quoi il allait à 1 église, ou il demeurait près de trois heures, et quelquefois plus pour son oraison, sa messe et quelque partie du bréviaire employant toujours avec une merveilleuse tranquillité d'esprit un temps notable pour sa préparation et pour son action de grâces, sans en rien retrancher, quelque presse d'affaires qu'il imi n "xf l * ^^^en'^nt et en des occasions extraordinaires. Il était pendant la journée accablé de visites des personnes du dehors, et le soir de celles du dedans. II écou! tant d'^n.nl'° .•f'T'=. "" 2''^"^^ bénignité et avec auorël^.f . ? """^ ' '' " ''"^ ^" ^"^-"^ "^""'^ à faire. Il sortait

nuf ?v .Kl ■ ^T' P?"*" i^^ ^^^''^' '^^ Pîété et de charité qui 1 y obligeaient, quelquefois même deux fois le jour et

[l T mlnS"'"'""'""' '"■"" '^"^- ^'"^' q"'»' était de^retôur Il se mettait a genoux pour dire son office, qu'il ne récita

lu ont permis de se tenir en cette posture ; et puis, il s'appliqui 1 obligeait de veiller fort souvent une partie de la nuit

:^rn'Sm"ai:r ^^^•"^'^ '' '^ '''•'' ' ^°" ^-- -^-^i

exerc-^cT.T-f^r''^' ^T '^' *"'' ^^ f^'^^ «^ retraite et ses exercices spirituels nonobstant toutes ses autres occupations

7utrZT-f"\rV^ K'^'^'P^^'' ^"'" ^^^^ît préférer à toute Zue ïti ' I ' ^" f^ "'• " "^'^^^'^'t '^^ ^"t'-'^^ à cette pranin Affi ^"'""^ '' ^*'"' *'''*^' ^* ^'^^^^' tant pour les y porter iïm!^^^"^-"^"*/^'' ?" ^^^""P'^ 'l"^ P°"^^e renouveler luimeme et puiser dans le sein de Dieu les lumières, les forces

et les grâces nécessaires à l'accomplissement de sa charge. Voilà comme se passaient les journées et les années de ce grand serviteur de DiEU, journées pleines, selon la façon de parler de la sainte Écriture : en sorte que sa vie a été non seulement remplie, mais aussi comblée de vertus et de mérites.

Ctjapitte quarantc^buitième. — Réflexions sur

quelques peines et afflictions que M. Vincent a souffertes.

•^^^^ONSIEUR Vincent, ayant rendu de si fidèles ser- "^ - - ^ vices à ce Roi de gloire et s'étant toujours étudié ^ à l'imiter en toutes choses, ne devait pas être privé de l'honneur de participer à sa croix et à ses souffrances. Nous ne parlerons pas ici de celles qu'il se procurait lui-même par ses austérités et mortifications extérieures et intérieures ; mais seulement de quelques peines et afflictions qui lui sont arrivées, ou de la part des hommes, ou par une conduite particulière de la providence de DiEU.

Quoique M. Vincent se soit toujours comporté en tout ce qu'il a fait avec prudence, circonspection, déférence, humilité et charité, il n'a pas laissé néanmoins de ressentir quelquefois les traits envenimés de la médisance et de la calomnie ; et comme il ne pouvait pas toujours contenter Dieu et les hommes, particulièrement pendant son emploi dans les conseils pour la distribution des bénéfices, qui l'obligeait souvent de refuser et même de s'opposer aux prétentions injustes de divers particuliers, qui s'en tenaient fort offensés, il lui fallait souffrir les plaintes, les murmures, les reproches et quelquefois des injures atroces et de grosses menaces jusque dans sa propre maison, outre les invectives et les calomnies qu'on répandait par esprit de vengeance en diverses compagnies contre sa réputation et contre son honneur. Mais ce n'était pas là le principal sujet de ses peines, car bien loin de s'en affliger, c'était une de ses plus grandes joies que de souffrir des affronts et des injures pour le service et l'amour de JÉSUS- Christ.

11 lui est encore arrivé plusieurs fois de souffrir des pertes et de grands dommages, principalement pendant le temps des guerres, où il a vu la maison de Saint-Lazare, et presque toutes les métairies qui en dépendaient, ravagées par les

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