‹ Saint Vincent de Paul, sa vie, son temps, ses œuvres, son influenceChapitre 15 sur 87 · III* G · texte numérisé non relu

III* G

nous devons craindre que Dieu ne Tait suscité pour nous punir de nos désordres. Ce sont les mêmes ennemis dont Dieu s'est servi autrefois pour le même effet : car c'est des Goths, Visigoths et Vandales, sortis de ces quartiers-là, dont Dieu s'est servi il y a douze cents ans pour affliger son Église. Ces commencements, les plus étranges qui aient jamais été, nous doivent faire tenir sur nos gardes. Un royaume d'une si grande étendue presque envahi en moins de rien, en l'espace de quatre mois! 0 Seigneur! qui sait si ce redoutable conquérant en demeurera là? qui le sait? Enfin , ab aquilone pandetur omne malum : c'est de là que sont venus les maux que nos ancêtres ont soufferts, et c'est de ce côté-là que nous devons craindre. »

Aux craintes, aux douleurs de l'apôtre, s'ajoutaient les douleurs et les craintes du père. Ozenne, supérieur de la Mission, avait suivi la cour dans sa fuite; Desdames et Duperray étaient restés dans Warsowie, au milieu de la peste et des dangers de l'invasion. Ils y furent assiégés par les Suédois qui, à leur seconde entrée dans cette capitale, les maltraitèrent, mirent leur maison au pillage, lès dépouillèrent de tout, ne leur laissant absolument rien que la liberté de se retirer. Ils demeurèrent pourtant, parce que les Suédois abandonnèrent bientôt la place pour marcher contre les Moskowîtes qui, comme nous Talions voir, s'étaient tournés contre eux. Du reste, ils auront à souffrir encore deux ou trois sièges, €t y perdront jusqu'à leurs habits * •

En apprenant que ces deux Missionnaires étaient en proie aux deux terribles fléaux de la guerre et de la peste, Vmcent s'épancha en ces termes dans une des conférences^ ordinaires du vendredi :

« Je recommande aux prières de l'Assemblée nos deux confrères, MM. Desdames et Duperray, qui travaillent à Warsowie. L'un de ces deux-là (M. Duperray) a un fâcheux

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