Lettre à JoUy, à Rome , du 5 octobre
Vheure il l'avait béni dans sa joîè*, et songea à renforcer la Mission de Pologne. La reine venait de donner un bénéfice pour l'entretien d'un séminaire, et il fit partir, avec des Filles de la Charité, quelques jeunes Missionnaires pour s'y établir. 11 ne se lassait pas, dans les élans de sa reconnaissance et les pieuses exagérations de sa charité, d'exalter les bienfaits et les vertus de la reine. A prendre ses éloges à la lettre, cette princesse aurait mérité les honneurs de la canonisation. Sans nier les vertus de Louise-Marie, nous savons ce qu'il en faut rabattre, et jusqu'à quel point elle devait être proposée pour modèle aux Filles de la Charité. C'est néanmoins ce que faisait Vincent, et ces bonnes Filles étaient remplies d'émotion au tableau qu'il leur traçait de ses bienfaits et de ses vertus. « 11 en fut de même, ajoutait-il dans une lettre d'août 1659 à la reine elle-même, quand je leur dis' que Votre Majesté filait et dévidait le fil qu'il faut pour coudre le linge des pauvres. Cela est sans exemple dans l'Église de Dieu. Nous savons bien que l'histoire nous fait voir une princesse qui filait le fil qui devait servir à couvrir son corps, mais je ne me ressouviens d'aucune qui ait porté la piété au point que Votre Majesté l'a fait en employant l'ouvrage de ses mains au service des pauvres. Et c'est, Madame, ce que je pense que Notre-Seigneur fait voir aux anges et aux âmes bienheureuses comme l'objet de leur admiration, et ce que l'Église voit avec joie en ce même esprit. Loué soit Dieu, Madame, des grâces auxquelles il fait participer Votre Majesté, et qu'il veuille bien vous conserver longtemps pour édifier de la sorte l'Église de Dieu! »
Tout allait bien à cette époque en Pologne pour la cause catholique et royale. La reine et Mazarin s'étaient rapprochés de plus en plus par leur amour commun pour la France. Tous les de,ux agirent de concert, l'une sur son époux, l'autre sur Charles- Gustave, et la paix d'Oliva fut