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de montrer Testime qu'il faisait de la Mission et de la faire connaître. Les Missionnaires s'établirent à Yatren en 1762. L'année suivante, le cardinal archevêque de Strigonie, primat de Hongrie, en obtint quatre pour diriger son séminsdre de TyrnaWy et le cardinal Migazzi, de plus en plus porté pour la congrégation, en fit venir trois autres à Vartz : il aurait voulu, disait-il, lui confier tous les séminaires de Hongrie et d'Allemagne. En y joignant les maisons de Sambor et de Léopold, dont il a été parlé plus haut, voilà donc, après le premier démembrement de la Pologne, six établissements de la Mission dans les États autrichiens. Ils furent détruits en 1773 par l'application d'un règlement joséphiste ayant pour titre : Puncta refomuUioniê cleriy dont voici quelques dispositions : 1* Chaque maison de communauté ecclésiastique séculière ou régulière devra être composée de treize sujets au moins. 2* Tous les membres de la maison devront être indigènes. 3* Chaque maison aura dans le pays un vicaire général, qui sera seulement approuvé par le supérieur général demeurant à Rome ou ailleurs; ce vicaire général aura le pouvoir absolu et illimité de gouverner, statuer, changer et détruire, sous le bon plaisir du primat. C'était par des mesures semblables qu'on avait préludé, à peu près dans le même temps, à la destruction des jésuites, et comme eux, les Missionnaires durent répondre : sint ut sutù^ aui non sini.
Ces six maisons dispersées, les États autrichiens ne possédèrent plus, avant ces dernières années, un seul établissement de Mission, à rexception de celui de Krakovie qui eur échut lors du partage de 1795, et qui, après leur avmr été ôté par les traités de 1S15« leur est revenu à la suite des dernières révolutions (lSi7}. U sera dit ailleurs «Hument une communauté de religieuses hospitalières de Giati obtint* en 1S51« son incorporation à la compagnie des Filles de la Charité. Le comte de Brandis, frère de leur sapérieune* voulut attirer à Gratz les Missionnaires pour refaire et compléter en Styrie l'œuvre de saint Vincent de Paul. A
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l'aide d'une souscription qu'il ouvrit, quatre prêtres autrichiens vinrent se préparer à Paris. L'un d'eux était M. Jean Klaischer, mort prématurément supérieur de la Mission de Cilly en 1853, qui avait été le directeur des religieuses.de Gratz, et avait accompagné leur supérieure à Paris, quand on négocia leur réunion à la maison -mère. Là, il avait formé le désir d'être reçu lui-même au nombre des enfants de saint Vincent de Paul, et aussitôt que le projet de l'établissement de la Mission en Autriche fut arrêté, il vint naturellement le premier en demander l'esprit au séminaiie interne de Paris. Dès l'année suivante, 1852, la Mission de Gratz était fondée. En 1853, et dans la même province, une autre Mission s'établissait à Cilly. En 185â, les Missionnaires prenaient la direction spirituelle de la prison de Neudorf, près Vienne; en 1855, ils rentraient à Vienne même; et enfin, en 1856, ils reprenaient leur ancien poste de Lemberg ou Léopold, en Gallicie, dont ils dirigent Thôpital.
En Prusse comme en Autriche, le passage des établissements de la province démembrée de Pologne sous une domination nouvelle fut marqué par une dispersion. En 1796, la mesure financière prise par le roi de Prusse, dont il a été parlé plus haut, détruisit les quatre maisons de Kulm, de Dantzig, de Gnesne et de Posen. Les établissements de Neustadt, d'Engerheim et de Dillingen, n'eurent pas à attendre pour mourir l'incorporatioa de cette partie du Palatinat à la Prusse par les traités de 1815 : ils avaient été dispersés, ainsi que le séminaire et les collèges d'Heidelberg et de Manheim, villes appartenant aujourd'hui au grand duché de Bade, par les guerres de la Révolution et de l'Empire. Fondés en 1781 seulement par le prince électeur du Palatinat et de Bavière, pour combler le vide laissé par les jésuites, ils n'eurent donc qu'une existence bien courte. Cependant, grâce à la générosité du prince électeur, à la protection du prélat Maillot, conseiller intime de Son Altesse, au dévouement des Missionnaires, ils présentaient les plus
belles espérances. Le collège de Manheîm, en particulier, promettait un avenir brillant. Le P. DesbiWons lui avait légué sa riche bibliothèque. On venait d'y envoyer un prêtre français formé à la science astronomique sous le fameux Lalande. Ce prêtre resta à Manheim après la dispersion, et continua d'en diriger l'observatoire. Trois prêtres français restèrent également à Heidelberg; mais les Missionnaires allemands eurent bientôt oublié leur vocation, et il fut impossible de rien reconstituer.
Les Lazaristes n'ont pu rentrer depuis dans aucune des villes des portions de l'ancien Palatinat et de l'ancienne Pologne incorporées à la Prusse, si ce n'est à Posen, dont ils dirigent l'hôpital à partir de 1848. En revanche, ils se sont établis récemment dans la Prusse Rhénane.
La persécution suscitée contre l'illustre archevêque de Cologne, Mgr Clément-Auguste, avait été,'comme ,toujoars, le signal d'un mouvement religieux parmi le clergé et le peuple. Mais pour le diriger et l'activer encore, pour salis-* faire à la piété des catholiques et répondre aux désirs de tant de dévoyés qui demandaient le chemin du retour à la vérité, on sentait le besoin de missions, de retraites, en un mot, de ces moyens extraordinaires qui ébranlent les âmes. Cinq jeunes prêtres du diocèse de Cologne se sentirent alors pressés de vivre en communauté pour mettre leurs efforts' réunis et combinés au service de leur patrie. Ils avaient en vain cherché, pour s'y incorporer, une congrégation qui répondît à leurs desseins, et ils songeaient à en former une nouvelle, lorsqu'il leur vint sur la Mission des renseignements qui les déterminèrent à se rendre à Paris. Au mois de mai 1850, avec l'autorisation de Mgr de Geissel, cardinal archevêque de Cologne, ils entraient au séminaire interne, et, l'année suivante, remplis de l'esprit de saint Vincent et munis de ses instructions héréditaires, ils reprenaient lat route de leur pays sous la conduite de M. Hirl, prêtre originaire de Bavière, qui depuis vingt-cinq ans travaillait dati's la province de Rome. Au mois de juin, ils inaugurèrent la
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congrégation à Cologne, et, malgré leur petit nombre, ils donnèrent, en l'espace de neuf ans,- soixante-dix missions, toutes merveilleusement bénies de Dieu. Ce pays n'ayant rien vu de semblable depuis la Révolution, on accourait aux pieux exercices en tel nombre, que les églises ne pouvaient contenir la foule et qu'il fallait prêcher en plein air. Bientôt la congrégatioh s'accrut en sujets et en établissements. Le 25 octobre 1852, elle était chargée du convict de Neuss, espèce de petit séminaire; en 1853, le 12 octobre, on lui confiait la maison de retraite pour les ecclésiastiques à Marienthal, dans le Wurtemberg; en 1855, à la requête de l'archevêque d'Osnabruck, elle prenait la direction du petit séminaire de Meppen, dans le Hanovre; en 1856 , le â octobre , elle s'établissait pour le même emploi à ManslereilTel, régence de Trêves; enfin, le l**" octobre 1858, elle joignait une Mission à la direction de l'hôpital de Posen. Ces maisons, ainsi multipliées, furent constituées en province distincte, la province de Prusse, le 10 décembre 1853. Cette jeune province, bientôt mère à son tour, contribua à la formation de la province d'Autriche, car deux Missionnaires de la maison de Cologne y furent envoyés lors de la renaissance de la congrégation dans les États autrichiens.
Pour achever, à la suite des Missionnaires, notre tour d'Europe, il ne reste plus qu'à dire un mot de la Mission de Portugal, car il a été suffisamment parlé plus haut de celle d'Espagne à propos de la Mission de Rome.
11 fallut plus de vingt ans pour fonder un établissement en Portugal. Dès 1718, sur les instances du roi de Portugal et l'ordre du Souverain Pontife, quelques Missionnaires avaient été envoyés de Rome à Lisbonne. Mais comme le roi ne voulait pas qu'on y gardât les formes ordinaires de l'Institut, rien n'avait été sérieusement entrepris. Enfin, en 17J9, à l'occasion de la fête de saint Vincent de Paul récemment canonisé, Jean V consentit à l'observation de toutes les formes prescrites par les constitutions, et rétablisse-
ment de Lisbonne, désormais un des mieux dotés de la Compagnie , put se livrer à toutes les fonctions ordinaires de la Mission. En 1752, il envoya des colonies à Miranda et à Guymarens; en 1760, à Madère; en 1780, à Goa; cette même année 1780, 11 s'étendait encore à Evora et à Sarnache, et, trois ans plus tard, il fondait deux collèges dans les Indes portugaises. C'est de Lisl)onne encore que partaient, sur la fin du dernier siècle, plusieurs Missionnaires pour la Chine. Ainsi, le terrible tremblement de terre de 1756, pendant lequel les Missionnaires signalèrent leur dévouement, put suspendre leurs progrès, mais ne les arrêta pas pour toujours. Protégés par les évêques et bénis des peuples, ils se renfermèrent dans la réserve et la prudence pendant la persécution intentée par Pombal aux jésuites; eux-mêmes eurent à souffrir d'abord des mesures du ministre réformateur; mais bientôt ils purent se recruter librement et poursuivre leurs saintes œuvres. Ils traversèrent ainsi la Révolution. Au commencement de ce siècle, ils possédaient encore tous leurs établissements. Mais leur dépendance immédiate du supérieur général de la Mission était rompue ou suspendue depuis plusieurs années : elle fut rétablie. Les choses durèrent ainsi jusqu'en 1834. Alors une loi impie supprima toutes les communautés religieuses en Portugal et dans ses colonies, et la province portugaise de la Mission fut enveloppée dans la catastrophe. Depuis, bien des efforts furent tentés à l'effet de la rétablir, du moins pour les Missions étrangères. Nous dirons ailleurs l'essai de 1857.
En somme, la Mission n'a pas déchu en Europe depuis la mort de son saint fondateur. Elle a gardé ou repris en France et hors de France toutes les stations où il l'avait établie. Elle a même agrandi autour de plusieurs son terri- ' toire et en a conquis de nouvelles. Elle s'est étendue en Italie, où elle a regagné même à peu près tout le terrain envahi sur elle par la Révolution. Simple camp volant âans les îles Britanniques, du temps de saint Vincent de Paul,
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die y est aujourd'hui à poste fixe. Encore plus étendue
en Pologne aujourd'hui qu'en 1660, si elle a perdu, par le
malheur des temps, plusieurs de ses maisons, elle en a re-
pris en Autriche un nombre égal à celui dont la Révolution
l'avait dépouillée, et elle a gagné une nouvelle province,
la province de Prusse. Enfin, toujours depuis 1660, elle
s'est introduite et réintroduite en Espagne, et la voici qui
renaît en Portugal. Pas plus que de son premier esprit, elle
n'a donc perdu de sa fécondité, et il est à croire que, dans
quelques années, elle aura réparé, peut- être avec usure, -
toutes les pertes qui lui ont été infligées par la Révolution.