‹ Saint Vincent de Paul, sa vie, son temps, ses œuvres, son influenceChapitre 20 sur 87 · ARTICLE PREMIER · texte numérisé non relu

ARTICLE PREMIER

Mission de Madagascar,

LMle de Madagascar.

Madagascar, la Cerne de Pline, la Menuthias de Ptolémée, fut probablement visitée par les Arabes dès le vu* siècle» et, vers le ix*, par les Chinois ou Malais, et par les Persans» d'où descend la puissante tribu des Hovas ou Ovas. Elle paraît avoir été connue des Européens dès le xiii» siècle au plus tard, carie célèbre navigateur Marco-Paulo la désigne sous le nom de Madagascar, nom qu'elle a repris, après avoir porté quelque temps sous Louis XIV celui d'île Dauphin^ et qui a prévalu sur la dénomination des indigènes, qui l'appellent Grande-Terre en leur langue, et encore Madecasse ou Madecashée.

Mais ce n'est qu'à partir du xvi* siècle que les Européens y firent des établissements. En 1506, dix ans après l'expédition de Vasco de Gama, le Portugais Lorenzo d'Almeida, revenant des Indes, fut jeté sur une terre inconnue, qu'il appela Saint-Laurent, soit de son nom, soit du jour de la découverte, et dont il releva les côtes orientales. Quelques mois après, D. Ruy Pereira, séparé par la tempête de l'amiral Tristan d'Acunha, en reconnut aussi quelques côtes, et, après avoir rallié son chef à Mozambique, il lui en fit une si séduisante description, que l'amiral en voulut explorer les côtes occidentales avant de retourner dans sa patrie.

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k lui seul la nymphe de la Lusiade^ rapporta ensuite l'honneur de la découverte.

Cette île, une des plus grandes de l'océan Indien et du monde, n'a pas moins de quatre cents lieues de long sur cent vingt-cinq de large. Une chaîne de montagnes, qui la traverse du nord au sud, forme, vers le centre, le vaste plateau d'Ankova, et donne naissance à une multitude de rivières et de cours d'eau, malheureusement peu navigables à cause des masses de terres d'alluvion qu'ils charrient, des rochers qui les obstruent, et des grands marigots ou lacs stagnants, dans lesquels ils débordent en partie avant d'arriver à la mer. Les côtes de l'est n'offrent qu'un bord droit, sans rades pour les navires, à l'exception de la grande baie d'Antongil, et les côtes du sud n'ont que trois ports naturels : Saint-Augustin, Saint-Luc, siège du premier établissement français, abandonné ensuite comme insalubre pour le Port-Dauphin. De toute cette côte orientale, en effet, à raison des eaux stagnantes, des immenses forêts marécageuses qui en couvrent le versant, s'exhalent des miasmes pestilentiels, principe de fièvres et de dyssenteries mortelles. Plus hospitalières sont les côtes septentrionales et occidentales, profondément découpées, et ouvrant partout des mouillages commodes; plus saines aussi, moins cependant que l'intérieur des terres, à mesure qu'on s'élève vers le plateau central.

La longueur de l'île en rend le climat très-varié; comme dans toutes ces terres intertropicales, il n'y a que deux saisons, lasèche et l'humide, durant chacune environ six mois. Le sol y est aussi généralement d'une fertilité merveilleuse, et l'histoire naturelle très-riche. « C'est la terre de promission pour les naturalistes, » écrivait en 1771 Commerson à Lalande. En effet, la flore de Madagascar embrasse toute l'échelle végétale, depuis les arbres gigantesques jusqu'aux plantes les plus délicates. On y cultive le riz, Tigname, le manioc, le maïs,. les fèves et presque tous les légumes

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