‹ Saint Vincent de Paul, sa vie, son temps, ses œuvres, son influenceChapitre 32 sur 87 · Arch. imp.^M · texte numérisé non relu

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pourraient toujours repasser à Madagascar. Même insinuation dans un bref rendu par Clément XI à cette occasion. Et, en effet, les premiers Missionnaires de Bourbon entamèrent la conversion des Malgaches dans la personne des esclaves de leur ile transportés dans les colonies françaises. Mais comme ceux-ci ne retournaient jamais dans leur pays, ils ne pouvaient y reporter la foi, et Madagascar restait toujours barbare et infidèle.

C'était donc à Madagascar même qu'il fallait transporter la Mission, ce qui paraissait moins difficile à Caulier, à la date de son Mémoire, qu'au temps de saint Vincent de Paul. En 177&', on connaissait mieux le pays, le climat, les mœurs : il était donc plus facile de se bien établir, de se présener des maladies et de gagner Tesprit des Malgaches. D'ailleurs, et surtout, Bourbon et l'île de France serviraient d'entrepôts, où des interprètes européens formeraient les Missionnaires à la langue malgache * ; où ceux-ci pourraient se retirer pendant la saison pluvieuse en s'y occupant au service de. la colonie, et même à l'éducation de quelques insulaires ; d'où enfin on tirerait les provisions nécessaires aux Missionnaires et aux colons de Madagascar.

On voit donc ce qu'étaient les Missions de Bourbon et de l'île de France dans la pensée des prêtres de Saint-Lazare. Cette pensée allait se réaliser à la veille de la Révolution.

1. C'est probablement Caulier, auteur de ce Mémoire, qui est aussi l'auteur d*uQe grammaire et d'un dictionnaire malgaches^ conservés encore an* jourd'liui dans les archives de la Mission. Il a aussi revu et enrichi de notes un catéchisme en cette langue^ œuvre des premiers Missionnaires. Canlier, pendant un espace de près de quarante-deux ans , avait composé un grand nombre de travaux tant sur Thistoire de nos colonies asiatiques et africaines que sur la langue de Madagascar. Tout cela périt dans le pUlage de Saint- Lazare, le 13 juillet 1789. L'année suivante , malgré ses soixante-huit ans, sa santé affaiblie et sa main droite presque paralysée , Caulier, pour réparer la perte de ses premiers manuscrits, fit un appel à sa mémoire et lui demanda ce qu'elle avait gardé d'une langue qu'il avait cessé de parler depuis septembre 1771. De là les ouvrages que nous venons d'indiquer, et qui seraient fort utiles aux Missionnaires, si jamais ou reprenait Tapostolat de Madagascar.

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